‹ De la coxalgieChapitre 50 sur 60 · F. MARTIN ET COLLINE \U · texte numérisé non relu

F. MARTIN ET COLLINE \U

l'ostéite dont le rebord du cotyle est affecté; et la cause physique de sa dépression graduelle cesse d'exister. Il y a plus : en attirant en bas la tête fémorale, le crochet cotyloïdien ne trouvant plus au-dessous de lui le plan résistant qui le refoulait en haut , s'abaisse et reprend la forme incurvée qui fait dans l'état sain son utilité.

Si déjà la maladie offre quelqu'une des complications redoutables qui ont été décrites, l'appareil permet de lutter contre ces complications. Tout en maintenant la jointure malade dans les conditions favorables à sa guérison, les soins peuvent être donnés aux abcès circonvoi sins ou ossifluents. Les déviations extrêmes et la luxation trouvent dans l'appareil un agent qui remplit leur indication spéciale.

Ici , pour triompher des difficultés inhérentes à la nature complexe des circonstances pathologiques , certains préceptes de pratique doivent être tracés avec précision.

A la condition , avons-nous dit, que les efforts de réduction resteront modérés, et qu'ils n'exposeront pas par leur énergie les parties constituantes de l'article aux recrudescences inflammatoires contre lesquelles il faul se tenir en garde, il n'est pas de luxation qui s'oppose d'une manière absolue à des tentatives de réduction.

Pour ne pas perdre en puissance ce qu'elles gagnent en modération, les tentatives de réduction doivent s'opérer avec une force dont l'action soit continue. L'appareil eu fournit l'agent.

Pour éviter les conséquences des frottements réciproques, et soustraire les organes lésés à cette cause funeste d'excitation , il faut agir avec une attentive gradation. Il

faut décomposer en quelque sorte l'action de Tiiistrument dont on se sert.

Le but à obtenir est rabaissement de la tête fémorale, l'élévation du cotyle, le retour de la tête dans sa cavité. Eh bien , soit une luxation iliaque : telle est la variété ordinaire dans l'afîection qui nous occupe. On devra d'abord s'évertuer à abaisser le niveau de la tête fémorale, sans encore s'occuper de l'inclinaison du bassin qu'il faudra laisser telle quelle. Pour cela, les efforts de la contreextension reposeront principalement sur le côté du bassin correspondant au membre malade. Ensuite, il s'agira d'élever la hanche du côté opposé, de faire disparaître la déviation latérale du bassin, et même, si cela est possible, de porter la cuisse dans une légère abduction, pour lui permettre de reprendre ses rapports normaux avec le cotyle.

Grâce à l'appareil que nous proposons, rien n'est facile comme de scinder ainsi les manœuvres de la réduction en plusieurs temps bien définis, et de prolonger chacun de ces temps selon les exigences de la clinique.

Il suffit, pendant le premier temps consacré à l'abaissement de la tête fémorale, de ne placer que le souscuisse du côté malade, et de ne pas se préoccuper de la déviation du bassin. Pendant le second temps, lorsque la tête fémorale sera descendue au niveau de la cavité cotyloïde, l'extension sera maintenue à un degré stationnaire; et on commencera, en plaçant le sous-cuisse du côté sain et en le serrant successivement de plus en plus, à redresser l'axe horizontal du bassin.

Les raisons qui nous ont conduit à instituer ces manœuvres successives , sont les suivantes : le fémur étant porté dans une adduction très-prononcée, si on

cherchait à rélabhr Thorizontalité du bassin en même temps qu'on s'occupe de produire l'extension du membre, la résistance des muscles pelvi-fémoraux ferait basculer le fémur de manière à appliquer fortement la tête de cet os sur la paroi latérale du bassin. Les aspérités des deux surfaces osseuses pénétreraient en quelque sorte les unes dans les autres; et il se produirait une espèce d'engrenure qui s'opposerait invinciblement à la réduction.

Si au contraire, ne plaçant que le sous-cuisse du côté malade, on laisse le bassin dans l'inclinaison et les muscles dans le relâchement, il devient facile d'abaisser le fémur dans sa totalité,, jusqu'à ce que sa lête soit arrivée à se placer centre pour centre avec la cavité cotyloïde. On appliquera alors le second sous-cuisse qui sera d'abord serré modérément, puis progressivement de plus en plus.

A mesure que, serrant le second sous-cuisse, on rendra l'extension plus énergique de ce côté, la hanche du côté sain remontera jusqu'à atteindre le niveau auquel il convient de l'élever pour rétablir l'horizontalité du bassin.

Le mouvement d'élévation de la hanche et d'abduction du fémur fera rentrer naturellement, sans violence et presque sans efforts, la tête fémorale dans sa cavité.

C'est en procédant avec de tels ménagements qu'on garantira des tissus déjà profondém.ent contaminés, contre les dana:ers inhérents à des tractions exercées en sens différent, et aux frottements qu'elles entraînent.

Des manœuvres analogues offrent à l'égard du redressement dans les déviations extrêmes, la même efficacité, la même innocuité, et une facilité plus grande, puisque ici la tête du fémur n'a pas encore quitté la cavité cotyloïde.

Elles s'adressent enfin à rankylose, lorsque celle-ci est fibreuse, et que l'action modérée d'une force continue peut avoir quelque prise sur ce que les adhérences offrent de vicieux.

Mais, dans les conditions pathologiques générales qui nous occupent, lorsque surtout la lésion osseuse est le principe de l'affection, il importe au premier chef d'apporter dans l'emploi des moyens contentifs une persévérance inébranlable.

Il faut se garder de s'en laisser imposer par une rémission même très-notable dans les accidents, et savoir compter toujours avec leurs fallacieuses recrudescences. Les lésions de la coxalgie sont très-généralement dépendantes de causes constitutionnelles prédisposantes. Régressive ou progressive, l'évolution des lésions de cet ordre est particulièrement lente ; incessamment, les influences préexistantes dans l'organisme, qui ont présidé à leurs débuts, les portent à s'accroître et à persister.

Lorsque les efforts entrepris pour faire rétrocéder ces lésions sont couronnés de succès, on doit s'estimer trop heureux pour précipiter en rien le dénoûment, il faut longtemps encore savoir s'en tenir à ses premiers errements chirurgicaux, et mettre à profit l'opportunité du moment, pour dispenser avec largesse les modificateurs généraux de l'économie.

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