‹ De La Coxistence Des Accidents Syphilitiques Du Type Secondaire Et Du Type TertiaireChapitre 11 sur 24 · M RS · texte numérisé non relu

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comprimant les vaisseaux et les nerfs de l’œil, occasionnant de la congestion de la conjonctive, du chémosis, de l’œdème rétinien et de la mydriase et intéressant sous forme d’ophtalmie sympathique l’œil du côté opposé.

L'examen du corps permet de découvrir quelques rares papules jambonnées légèrement squameuses, vestiges d’une éruption secondaire d’une date récente. Aux grandes lèvres il existe des plaques muqueuses hypertrophiques, indéniable signature de la syphilis. La palpation des plis inguinaux montre l'existence d’une légère adénite bilatérale, mais toute trace de l’accident primitif a disparu et la malade n’a sur ce point aucun souvenir.

OgservarTion VIII (in extenso.)

(Emery et DRUELLE, Archives générales de médecine, 1903, II, p. 2440.)

Plaques muqueuses survenues dix ans après le début de la syphilis

et coïncidant avec des syphilides gommeuses du cuir chevelu.

U:.! (C),7 cocher, 30 ans, se présente à la consultation de l’hôpital Saint-Louis le 1% août 1908.

Le. malade a eu en 1893 un chancre syphilitique du fourreau de la verge, suivi, dans les délais classiques, de roséole et de plaques muqueuses de la bouche et de l’anus. Il se soigna peu au début de cette syphilis, et prit irrégulièrement, pendant quelques mois, des piqüres mercurielles. Au bout de quelque” temps, les manifestations de la syphilis s'étant arrêtées, il cessa alors tout traitement. 11 y a deux ans, poussée de syphilides gommeuses multiples des membres supérieurs et inférieurs, qui guérirent assez lentement sous l’influence du traitement mixte.

Actuellement, une grande partie du cuir chevelu est couverte de croûtes épaisses, verdâtres, et stratifiées. Quand on les soulève, on met à découvert des ulcérations profondes, à bords taillés à pic et-adhérents, à fond peu suppurant, présentant çà et Ià un aspect bourbillonneux. fl s’agit de syphilides gommeuses du cuir chevelu, dont le début remonte à deux mois environ.

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Sur la face supérieure de la langue et la région rétro-commissurale des joues, existent des placards de leucoplasie.

Mais, d’autre part, on voit, en différents points de la cavité buccale, des plaques muqueuses absolument typiques. C’est ainsi qu'on trouve, au niveau des deux commissures labiales, des syphilides érosives recouvertes d’un léger enduit opalin,; elles s'étendent sur les parties supérieure et inférieure de la commissure et empiètent légèrement sur la zone cutanée adjacente où elles sont croûtelleuses.

En plusieurs points des bords de la langue, on voit d’autres plaques muqueuses érosives, dont certaines sont fissuraires, et les autres arrondies.

Enfin, sur la voûte palatine, à droite de la ligne médiane, existe une syphilide papulo-érosive, qui tranche nettement sur le reste de la région par sa surélévation et sa couleur rosée.

Les dents sont en très mauvais état. Le malade est grand fumeur et n’a jamais cessé l’usage du tabac depuis le début de sa syphilis.

OBSERVATION IX (In extenso).

(EmerY et DRUELLE, Archives générales de médecine, 1903, li, p. 2441.)

Plaques muqueuses survenues vingt ans après le début de la syphilis et coïncidant avec une gomme de la jambe et une glossite sclé-

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J... (A.), 5f ans, ébéniste, entre à l'hôpital Saint-Louis, service de M. Du Castel, salle Cazenave, n° 21, le 10 juillet 1903.

Le malade à contracté la syphilis en 1883. A cette date, il eut un chancre de la verge, suivi, dans les délais classiques, de roséole et de plaques muqueuses dans la bouche, à l’anus et aux organes génitaux. Le traitement n’a été suivi qu'à de rares intermittences.

Depuis, cette syphilis a eu des poussées multiples pour lesquelles le malade à été soigné à plusieurs reprises à l'hôpital Saint-Louis * elles ont principalement consisté en lésions buccales et en syphilides ulcéreuses des jambes.

Actuellement, le malade entre à l’hôpital pour des lésions de la

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jambe droite et de la bouche. La jambe droite est variqueuse. Sur ses 2/3 inférieurs, et principalement sur sa face interne, se voient des cicatrices multiples ayant tout à fait l'aspect des cicatrices consécutives aux syphilides ulcéro-gommeuses. Ÿ

Elles sont pour la plupart régulièrement arrondies; certaines sont polycycliques; il en est de groupées en bouquet. A leur périphérie existe une pigmentation très marquée, tandis que le centre est d’une teinte beaucoup moins foncée. Ces cicatrices sont consécutives à des ulcérations qui ont guéri par le traitement spécifique.

À 2 centimètres au-dessus de la malléole interne, existe une ulcération grande comme une pièce de 5 francs, dont les caractères sont ceux d’une gomme syphilitique ulcérée; ses bords circulaires sont profondément taillés à pie et non décollés, son fond est bourbillonneux par places. Cette gomme a débuté il y a cinq ou six mois.

Il existe, de plus, sur cette jambe, des lésions de dermite variqueuse. Quelques cicatrices pigmentées sur la jambe gauche.

Dans la bouche, on trouve des lésions d’ordres divers. Depuis le début de sa syphilis, le malade a du reste présenté fréquemment des lésions de ce côté. Il fumait beaucoup autrefois : il a cessé il y a environ dix ans, mais, depuis, il chique quotidiennement. Les dents sont en très mauvais état, cariées pour la plupart : il existe de la gingivite généralisée.

On note une glossite tertiaire scléreuse de la variété profonde. La langue, qui est recouverte de plaques blanchâtres, d'aspect leucoplasique, est parcourue par de profonds sillons, qui la crevassent et la lobulent irrégulièrement.

D'autre part, au-dessus de la commissure buccale droite, existe une plaque muqueuse typique, située tout entière sur la face interne de la joue. Il s’agit d’une érosion ovalaire, allongée de haut en bas, mesurant 1 centimètre dans son grand diamètre. Son fond, rouge par endroits, est plus souvent recouvert d’un enduit opalin. Cette plaque muqueuse s’est développée depuis quinze jours.

Sur la face inférieure de la langue, non loin de la pointe, et à gauche, se voit une autre plaque muqueuse arrondie, érosive et opaline. |

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Sur le bord gauche de la langue on trouve une autre plaque de variété papulo-érosive : elle est plus petite que la précédente et a les dimensions d’une lentille.

Ogservarion X (Résumée.)

(GoLescEANo, Archives internationales de laryngologie, Paris, 1904,

XVII, p. 547.)

Manifestation tertiaire précoce limitée autour du sinus frontal gauche

et coïincidant avec des phénomènes secondaires.

Mme H.., âgée de 28 ans, couturière, se présenta le 23 octobre 1902, service de M. Trousseau, pour un larmoiement simple accompagné de douleurs fronto-orbiculaires gauches. Ce larmoiement remontait à deux mois et les douleurs plus accusées au siège du sinus frontal gauche étaient très violentes, surtout depuis une huitaine de jours. La région, quoique légèrement pâteuse, n’était pas enflammée.

Rien à signaler dans les antécédents.

La malade disparaît jusqu’en mai 1903, date à laquelle elle se présente avec une voix enrouée depuis huit jours. Du côté de la bouche, plaques muqueuses sur la ligne amygdalienne gauche et la partie postérieure du pharynx, petit érythème sur l’épiglotte. Sur le front, la nuque, l’avant-bras, on trouve une éruption en groupe de papules de couleur jambon ne provoquant aucune démangeaison. La malade disparaît à nouveau et revint ke 23 décembre 1903. Elle présente une iritis plastique grave de l'œil gauche et synéchie postérieure et inférieure, fond de l’œil inéclairable.

Du eôté du sinus frontal, la lésion est complètement d'sparue,

aucune trace d’empâtement ni bosselure, pas de larmoiement, les

douleurs si accentuées autrefois et ayant le caractère de prendre la tête en demi-casque, sont localisées à la queue du soureil de l'œil gauche et dépendent de l’iritis. 3

La malade se soumet aux injections de biiodure quotidiennes et aux Îfrictions mercurielles. |

La vision augmente progressivement, Les symptômes du côté de l'iritis s’amendent.

Enfin, résolulion complète de la gomme, les symptômes restant

localisés exclusivement à l'œil.

La lésion du sinus frontal, pensons-nous, entre dans le cadre des symptômes précoces des manifestations tertiaires par ces névralgies localisées au sinus frontal intolérables, plus accusées vers a soirée. Enfin la tuméfaction de la région, sans aucune autré manifestation nasale, ne laisse pas ombre de doute. Cette gomme précédait les manifestations. Ce n’est que huit mois après le début de la lésion que des lésions secondaires du côté de la gorge et plus tard sur l'œil furent obser-

vées.

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