‹ De la crèation de la terre et des corps cèlestes, ou Examen de cette question l'œuvre de la crèation estelle aussi complète pour l'univers qu'elle parait l'ètre pour la terre?Chapitre 8 sur 15 · III. De l’apparition des astres nouveaux · texte numérisé non relu

III. De l’apparition des astres nouveaux

Si la théorie que nous venons d’émettre est fondée, il s’ensuit que la matière nébuleuse est la source commune de laquelle dérivent tous les corps célestes disséminés dans les espaces , et surtout de ceux qui n’ont point acquis leur perfecticm. L’apparition irrégulière de ces derniers , et leur périodicité plus ou moins incertaine, semblent annoncer, quoique l’on

soit peu porté à ie supposer , que l’univers est loin d’étre terminé. En effet, les aurores boréales, les étoiles niantes, les aérolilhes et les comètes, dont les analogies sont si grandes, paraissent des états successifs et transitoires , par lesquels passe la matière nébuleuse avant d’atteindre l’état de perfection qui constitue les astres complets et réguliers.

Les formes diverses sous lesquelles la matière nébuleuse se présente à nous dépendent sans doute de la diversité du mode d’agrégation des atomes cosmiques dispersés dans l’espace , et qui se réunissent par les pôles contraires, en vertu de la force magnétique qui les presse et les sollicite. Aussi existe-t-il dans les espaces planétaires des bandes ou des courants de matières nébuleuses plus ou moins fixes, et dans un état magnétique plus ou moins intense. Ces bandes, que la terre traverse à diverses époques, sont peut-être une des causes de la périodicité que l’on remarque dans l’apparition de ces astres, dont l’incertitude de la marche et de la direction tient essentiellement au peu de densité des molécules qui les composent.

Les particules les plus impalpables de la matière nébuleuse forment les astres les moins avancés, dont le siège habituel parait être les régions polaires , et dont les teintes brillantes rappellent parfois l’éclat des étoiles filantes. Ces astres ont reçu le nom à’au-

rares boréales ou iV aurores australes ,^e\on la partie de la terre où ils se manifestent.

Les parties un peu moins ténues de la matière nébuleuse, attirées par la terre, auraient des mouvements plus accélérés, et se montreraient sous la forme de ces astres, qui, à raison de leur splendeur et de la rapidité de leur course, ont été nommés étoiles filantes. Dans un état de condensation plus avancé encore, les molécules de la matière nébuleuse, donneraient lieu à des apparitions plus éclatantes, qui souvent seraient suivies de la chute de corps plus ou moins graves et plus ou moins considérables.

Ces corps, nommés aérolithes ou météorites, ont été d’abord regardés comme des fragments de planètes qui parcourent les espaces interplanétaires, tandis que d’autres observateurs les ont envisagés comme des laves lancées, par les volcans delà lune, en dehors de la sphère d’attraction de ce satellite.

Nous verrons combien il importe de rattacher cet ordre de phénomènes à l’unité de plan que la nature semble avoir suivie, plan manifesté dans toutes les oeuvres de la création, et qui en est la loi la plus constante comme la plus générale.

Enfin, la matière nébuleuse, réunie en plus grande quantité et probablement plus condensée encore, produit les comètes ou ces amas de va peurs immenses dont l’étendue dépasse souvent plus de SOmille lieues. Aussi

ia plupart de ces astres, lorsqu’ils sont enyironnés de leurs atmosphères , ou qu’ils n’ont pas perdu leurs queues, ne pourraient point passer entre la lune et la terre, sans toucher ou l’un ou l’autre de ces corps planétaires.

La grandeur des atmosphères lumineuses q>ie ces astres errants traînent après eux a été une cause de l’effroi produit par leur apparition, quoiqu’il n’y ait qu’une seule chance contre 281 millions, de leur rericontn; avec la terre. Lors même que les comètes viendraient à pénétrer dans la sphère d'attraction de notre planète, ces astres ne changeraient pas l’ordre établi ; tout au plus exerceraient-ils quelque influence sur l’atmosphère terrestre, s’ils y versaient quelque nouvel élément gazeux, ce qui du reste est peu probable. La comète de Lexell en est un exemple. Cet astre a traversé en 1769 le svstème entier des satellites de Jupiter ; néanmoins , il n’y a causé aucun dérangement appréciable. Etudions donc les phénomènes relatifs à ces astres, afin de nous assurer s’ils sont ou non des corps célestes qui se préparent et s’élaborent dans l’espace, pour parvenir peu à peu et par degrés à cette perfection, qui, en définitive, doit en faire des corps distincts et stables.

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