De la création des prairies irrigueés
Cet axiome du peuple des campagnes résume on ne peut mieux l'esprit de ce traité, ainsi que celui de tous les ouvrages ayant pour but la création et l'amélioration des prairies (1).
Avant l'introduction de la jachère d'été, avant celle de la culture du trèfle et des pommes de terre, les prés et les pâturages seuls donnaient aux champs une compensation pour la perte de matières assimilables que leur enlevaient continuellement la vente et la consommation des récoltes.
L'exploitation successive et toujours croissante des tQrres cultivées se rattachait donc intimement à l'existence d'une direction rationnelle des prairies.
L'introduction des prairies artificielles dans l'assolement, qui amena une amélioration des cultures, et par suite des récoltes plus considérables, eut pour résultat en Allemagne de faire
(1) L'utilité des prairies est affirmée également en France par un grand nombre de proverbes. En voici quelques-uns tirés des œuvres de Jacques Bujault, cultivateur poitevin, mort au milieu de ce siècle :
t Qui fera des prés aura du blé. »
« Point de fumier sans prés, et sans fumier point de blé. »
« Un pré rapporte plus qu'un blé. »
« Qui fait des prés s'enrichit, qui n'en fait pas s'appauvrit. »
« Dans toute terre qui donne du blé, on peut faire aisément un pré. — Il n'en coûte pas plus pour faire un pré que pour faire un blé. »
« Celui qui ne fera pas de prés ne sera guère content de ses blés. »
« Veux-tu du blé? Fais des prés. »
« Celui qui a la moitié de ses terres labourables en prés est un excellent cultivateur. Il est encore bon s'il en a le tiers ; le quart n'est pas assez. »
{Noie du traducteur.)
ÛP