DU GAZON
sont supérieures pour l'entretien d'un gazon épais là où la fraîcheur et la richesse du sol leur promettent la prospérité.
Le trèfle et d'autres plantes herbacées meurent peu à peu, et le gazon a des vides d'autant plus considérables que le sol favorise moins leur croissance.
Dans ce cas, les vides se remplissent bientôt par les rejetons et les stolons des graminées, qui reforment alors un gazon épais, car leur multiplication et leur propagation se fait, outre la semence, par la séparation des pieds. Les autres plantes se multiplient ordinairement par semences et ne sont qu'en partie vivaces.
Il y a cependant des graminées annuelles dont la semence est le seul moyen de reproduction ; mais la plupart sont bisannuelles et vivaces et se propagent parla semence et par les rejets des racines.
4. Les graminées vivaces tallent peu à peu, c'est-à-dire forment autour de la tige une trochée de laquelle partent des rejets souterrains.
Si ces rejets se relèvent contre la couche supérieure du sol, il se forme plusieurs bouquets de brins soit denses soit lâches, comme Je montrent les vieux pieds de ray-grass anglais.
Lorsque la racine est rampante, comme dans le chiendent, ces herbes ont des rejetons qui forment des racines et des plantes indépendantes.
Il se forme ainsi par les semences et les rejetons des herbes mortes, de nouvelles plantes, et le renouvellement continuel du gazon n'est possible que de cette façon.
Les racines des graminées sont fasciculées (en forme de bouquet) ou en filaments qui pénètrent de toutes parts la première couche du sol, et concourent avec les racines traçantes à former un gazon épais qui s'éclaircit dès qu'il est dépassé par des touffes élevées.
5. Dans les plantes des prés, il faut distinguer la tige et les feuilles radicales ; ces dernières garnissent le sol.
On sait combien l'herbe est claire par suite d'une température défavorable au printemps ; mais, dans les bons prés irrigués, outre les feuilles radicales, les tiges sont touffues ; les plantes dicotylédones diminuent alors, tandis que sur les prés secs elles forment la majorité.
C'est par les feuilles radicales que les pâturages ont de la valeur, les tiges n'arrivant que par exception à leur complet développement ; par suite les plantes annuelles disparaissent, celles qui sont vivaces pouvant seules se reproduire par leurs racines.