NOTIONS GÉNÉRALES
Les prés sont des terres engazonnées qui produisent continuellement des graminées et d'autres plantes indigènes.
Les prés sont appelés pâturages, quand la récolte a lieu par la dent des animaux, sans aucun travail de l'homme.
Certains prés sont destinés à être toujours fauchés, d'autres sont fauchés et pâturés alternativement.
Les prés pâturés reçoivent dans les déjections des animaux une partie de ce qu'ils produisent ; leur gazon est épais et uniforme la culture en est simple et économique, et le revenu net en est relativement élevé.
Dans les prés fauchés, on enlève la récolte pour enrichir les champs avec le fumier qu'elle a produit : ils justifient ainsi l'axiome place en tête de ce livre : « La prairie est la mère des champs » Leurs gazons, sous l'influence des années, changent de nature comme herbe, soit par suite de la sécheresse ou de l'humidité soit par l'ensemencement naturel. L'entretien des prés fauchés,' qui diffère d'un pré à l'autre, est plus difficile que celui des pâturages ■ cependant leur produit brut peut être plus facilement augmenté par des moyens artificiels que dans les pâturages.
Les gazons fournis des prés et des pâturages fertiles et bien soignes sont surtout un produit du temps ; on ne peut les obtenir que difficilement dans des herbages temporaires. Pour cette raison on interdit a bon droit aux fermiers qui ont des prés de les labourer et de les employer à d'autres cultures.
Les prés sont une source de prospérité pour les agriculteurs de pays entiers (Lombardie, Hollande, Holstein, etc.) et de quelques endroits comme les départements prussiens de Eupen et de Siegen. La culture des landes sablonneuses de Lunebourg et de la Campine en Belgique est basée sur la création de prés. Schwerz dit avec raison que « de bons prés sont le soutien de l'élevage du bétail et l'aide
de l'agriculture, la richesse du cultivateur, les joyaux de chaque domaine rural. Les mauvais prés, par contre, sont la honte du propriétaire et de la propriété ; les prés médiocres même sont une charge pour l'agriculteur. »