‹ De la création des prairies irrigueésChapitre 6 sur 91 · VALEUR DES PRES · texte numérisé non relu

VALEUR DES PRES

La valeur des prés dépend aussi bien de la quantité et de la bonté du produit, que de l'absolue nécessité où l'on est d'avoir de l'herbe pour l'affourragement et l'hygiène des principaux animaux domestiques, r , , J 1 f

L'herbe de bons' prés est surtout composée de plantes de la iamille des graminées, qui, d'après la nature du sol, sont plus ou moins mélangées avec plusieurs autres espèces.

Le gazon est donc de différentes natures ; plus les graminées prédominent, plus il est feutré et par conséquent facile à enlever en bandes ou en tablettes, tandis que si les dicotylédones prennent le dessus, la constitution du gazon devient plus lâche et il s emiette pendant le travail et le transport.

Les bonnes herbes forment pendant toute l'année, soit en vert, soit en sec, sous forme de foin et de regain, la nourriture normale des animaux. C'est une alimentation indispensable a tous les herbivores non-seulement pour les nourrir, mais aussi pour leur

hvgiène. t

De même que les graminées cultivées (céréales) fournissent a l'homme, par leur grain, une nourriture dont il ne peut se passer, de même les feuilles, les tiges et les fleurs des graminées rustiques des prés et des pâturages forment le fond de la nourriture des principaux animaux domestiques.

De cette indication naturelle d'une même famille de plantes comme base de leur nourriture principale à tous deux, resuite entre l'homme et les animaux un rapport intime identique à celui qui existe entre les champs et les prés, et cette relation, observée par l'expérience, devient évidente par l'analyse chimique de 1 herbe.

Lastabulation, qui attache certaines espèces d'animaux continuellement à la crèche et les condamne souvent aune nourriture trop uniforme et anormale, cause plusieurs maladies, comme par exemple la fragilité et le ramollissement des os chez les ruminants. Les troupeaux de certains domaines sont décimés tous les ans par ces maladies ; le Palatinat du Rhin entre autres, qui n'a pas, ou a

très-peu de prés et où ces maladies étaient endémiques, les a vues disparaître, lorsqu'on a créé des prés et qu'on a ajouté de l'herbe ou du foin aux betteraves et à la paille, qui autrefois v formaient exclusivement la nourriture des animaux.

L'influence des premières pousses d'herbe du printemps sur les moutons qui pâturent est bien connue, et il est facile d'aller admirer les résultats de l'emploi exclusif des pâturages dans les Alpes, dans les vallées de la Suisse et dans les plaines de la Hollande, sur les troupeaux remarquables de ces régions.

Si l'on veut connaître la quantité de substances nutritives contenues dans l'herbe fraîche et dans l'herbe sèche, en voici le tableau comparatif établi d'après les observations de Grouven.

La moyenne de nombreuses analyses donne pour 100 :

OTÉES s.

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