‹ De la création des prairies irrigueésChapitre 60 sur 91 · PI. II · texte numérisé non relu

PI. II

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après la réunion parcellaire

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Nombre des propriétaires /8 ■->", Nombre <tos parcelles 14 .">, formant une surface de 11 hectares 2 ares Tjcmt

de parcelles exécutée dans le Nassau, montrent, le premier l'état des lieux avant l'opération, et le second, Je règlement des confins et la nouvelle répartition des parcelles, ainsi que l'établissement rationnel d'irrigations qui s'en est suivi et le dessèchement du terrain en grande partie marécageux. Ces plans sont un modèle de l'amélioration décisive que de bons géomètres peuvent toujours, par le système de la pente naturelle, apporter dans la culture des prairies, même au milieu des difficultés causées par les rapports des parcelles.

l61.Trac«* fin lyiténe en ado» naturels. — Lorsqu'on a une pente très-faible, qui nécessite l'emploi des ados naturels au lieu du système précédent, il faut en premier lieu s'occuper des considérations suivantes :

d° Direction des ados;

2° Leur longueur et leur largeur ;

3° Situation du canal de distribution.

La direction à donner aux ados est celle de la plus grande pente

faire 10 classes et 4 cantons. Suivant les dispositions relatives en Nassau à la réunion parcellaire ou consolidation pour les prairies, les possesseurs de parcelles avant la moitié au moins du minimum prescrit, soit 3 ares 12 centiares, ne pouvaient pas être places arbitrairement dans un canton autre que celui où était située leur parcelle

Parmi les 78 propriétaires, 19 possédaient de 1 are 50 centiares à 6 ares c'est-à-dire poins que le minimum fixé à 6 ares 25 centiares, et 59 propriétaires avaient de G ares 25 centiares a G7 ares 50 centiares. D'après cela, la plus petite parcelle de tous les cantons était de 1 are 50 centiares, et la plus grande de 27 ares 75 centiares seulement ; la moyenne était de 7 ares 50 centiares, et le nombre des parcelles ne pouvait être diminué que de 1/4.

La valeur de la propriété a néanmoins gagné considérablement sous le rapport de 1 arrosement et du dessèchement par la régularisation des fossés de confins et des canaux comme on peut le voir dans le tableau suivant.

Le prix de la verge ou 25 mètres carrés était :

vaut la consolidation

Après

la

consolidation

dans la classe

deGfr.40

dans

la

classe

de 8 fr. 55

Il en résulte que les propriétaires des classes inférieures en qualité ont, comme on pouvait le prévoir, relativement gagné plus que ceux des meilleures classes.

I ! fi

du pré. C'est la règle générale, mais on ne la suit pas toujours strictement, et, avec une pente très-faible, on peut s'en écarter pour la régularité du travail.

La longueur des ados dépend de la pente et des matériaux dont on dispose pour les terrassements. Avec la diminution de la pente, les ados s'abaissent, exigent d'autant moins de terrassement et couvrent d'autant plus de longueur.

Quand la pente est très-considérable dans le sens des ados, on doit les faire d'autant plus courts et les placer en étages (§140 etfig.U . Par exemple, si avec une pente de 2 p. 100 on veut établir des ados de 60 mètres, il faut au pignon un remblai de lm,20, et au milieu, de 0m,60, tandis que si on divise les ados en quatre étages, chaque pignon n'est surélevé que de 0m,30.

Avec une pente de 1 p. 100, le pignon d'un ados de mêmes dimensions aurait 0^.60 de haut, et si les matériaux manquaient pour la construction d'un seul étage de 0m,60 de hauteur au pignon, il suffirait de deux étages de 0^,30 chacun.

162. La largeur des ados est subordonnée à la pente. Plus la pente est forte, en restant cependant dans les limites indiquées [143], plus les remblais augmentent avec elle et plus les ados peuvent être

larges sans nuire à l'irrigation, car dans ce dernier cas les deux flancs seront irrigués chacun par une rigole. Dans le cas opposé on augmente la pente relative par des ados étroits.

Si Ton se figure un ados fig. 50) dont la hauteur moyenne soit de 0m,30, et la largeur de 6 mètres pour chaque planche, la pente relative sera de o p. 100; comme la rigole de colature a elle-même 2 p. 100, chaque planche aura une surface gauche, car les horizontales, également espa< sur la ligne ab, iront aboutir sur la ligne by à des points éloignés dans le rapport de 2 à 5 ; l'eau , au lieu de couler perpendiculairement d'une colonne à l'autre, coupera ces lignes (ponctuées sur la figure] à angle droit, et pai conséquent la planche suivra une direction oblique. Ceci prouvt que. par le système des ados, on peut utiliser la pente d'un terraii à un double point de vue.

163. La rigole de distribution qui donne l'eau aux ados est hori

la

1 2 Sjp N.

Fie. 50.

zontale; elle court le long de la digue du canal d'amenée, et fournit l'eau aux rigoles de déversement, qui peuvent venir s'embrancher sur ce canal (xx'\ fig. ol) sous un angle quelconque.

Coupe selon cd.

Pour le tracé des ados naturels, on établit deux bases parallèles ab et cd, perpendiculaires à la direction des ados, et passant, l'une par la naissance des rigoles de colature, l'autre par le pignon des ados; on indique la largeur totale des ados ou l'espacement des rigoles de colature par des piquets.

On donne aux piquets des pignons la hauteur du canal d'amenée, et on emploie à former le commencement des ados les matériaux provenant des rigoles de colature. Il est inutile de laisser au fond des rigoles de colature la pente naturelle du terrain; on peut même les creuser, tant que cela est praticable, les établir presque horizontalement, afin d'avoir assez de matériaux à proximité, et si les ados n'ont pas dès les premières années une forme régulière et symétrique, ils l'acquerront peu à peu à l'aide de la terre qu'on retire des fossés (§ 140, fig. 43).

On doit avoir soin en outre de ne jamais placer les buses de prise d'eau vis-à-vis des ados, mais dans l'intervalle de deux rigoles.

164. Avantages et applications diverses des ados naturels. — Ce système est d'une application très-fréquente et peut convenir dans des situations très-différentes; il est généralement préférable à celui des ados perfectionnés, beaucoup plus coûteux

et plus difficiles à établir et à entretenir. Le principal avantage de l'ados naturel est de pouvoir être établi avec une pente insuffisante pour les irrigations à planches inclinées [137], le minimum de celles-ci variant de 2 à 4 et même 6 p. 100.

Même avec une pente de 4 p. 100, on peut ne pas réussir en établissant des irrigations en pente naturelle dans des prés humides dont le sol contient des oxydes de fer. Il est alors bien plus sûr de construire des ados naturels, quoiqu'on ait rarement une quantité de terre assez grande pour pouvoir élever tout de suite les étages à la hauteur qu'exige une pente aussi forte.

Quand on a choisi la construction en étages, on peut faire les ados aussi longs que la situation et la délimitation de la prairie le permettent [149], car, au lieu d'une simple rigole de déversement, on trace sur chaque ados en rapport avec la surface à irriguer une rigole qui elle-même alimente les rigoles secondaires de déversement [145, fig. 45].

La largeur des ados ainsi construits est, il est vrai, plus limitée que leur longueur ; mais elle peut toujours, avec une pente suffisante, avoir de 9 à 12 mètres, parce que les ados peuvent être transformés par la suite en une simple pente à rigoles de niveau.

Cette largeur facilite sensiblement les travaux de la récolte, et offre tout avantage sur les rigoles de colature multipliées, qui, jusqu'alors, sillonnaient les prés en ados étroits ;. les propriétaires auxquels l'auteur a conseillé ou chez lesquels il a fait établir ce système n'ont eu qu'à s'en louer.

Le rapport des frais au résultat est très-avantageux, le dessèchement reçoit une forte extension et, outre le bon emploi de la pente, on utilise pour le perfectionnement successif des ados les terres provenant de l'entretien des prés.

Un exemple va le démontrer :

165. Une prairie marécageuse par suite du flux de l'eau et de l'absence des fossés (fig. 52) doit être assainie et disposée en ados naturels, le cours d'eau qui la longe étant situé assez haut pour envaser toute la surface à chaque débordement.

Comme le montrent les horizontales, une dépression du terrain dans la direction nn' devait engager à y établir un nouveau lit pour le cours d'eau (1).

(1) Des projets basés sur une situation analogue ont déjà coûté des milliers de francs à bien des propriétaires. De semblables translations de cours d'eau ne devraient être exécutées au'avec la plus grande prudence et après les études les plus sérieuses.

Le calcul des frais, l'augmentation de la pente du lit rectifié,

Fig. 52.

et le principe qu'il ne faut pas abaisser sans nécessité le niveau de l'eau à employer firent renoncer à ce projet.

On établit un canal de décharge nn' à talus très-plats, à base triple, gazonnés, pouvant être fauchés quoique profonds; pour utiliser les déblais, on établit à droite et à gauche de ce canal les ados Im et op avec les deux rigoles d'écoulement xy et vw pour assécher le marais et emmener l'eau d'irrigation d'une part, et en second lieu utiliser la terre qu'on avait sous la main.

Comme le montre le rapprochement des courbes à proximité du cours d'eau, la pente étant plus forte permettait d'y établir le système en plans inclinés à rigoles horizontales.

Mais si, au delà de la ligne ml, le terrainétait encore marécageux et présentait trop peu de pente pour ce système, il suffisait d'y établir un second ados semblable au premier. C'est ce qu'on n'a pas fait : le terrain destiné à l'irrigation en plan incliné eût été rétréci et la pente relative augmentée, et l'on s'y prit d'une autre manière. A une distance convenable du cours d'eau, on établit à gauche un canal principal d'amenée NO et à droite un ados qr prenant leur eau au point s où est construite l'écluse de fond.

On obtint par là, outre l'augmentation de la pente des surfaces irriguées, l'endiguement artificiel du cours d'eau qui est une défense contre les dégâts des grandes crues.

La figure 53 montre l'état des lieux avant et après les travaux.

Les berges remplies d'érosions ont été transformées en talus à bases de deux à trois fois la hauteur, garnis de gazon, et la terre qui pouvait être jetée à la pelle a servi à la construction des ados voisins.

166. Les résultats de ce projet bien étudié ont été la rectification du cours d'eau, la création d'un lit suffisant pour les grandes crues, l'endiguement du canal d'alimentation, l'augmentation de la pente relative et le terrassement de certaines parties.

De plus amples explications seraient superflues pour faire comprendre que le système d'ados en étages très-longs était le seul qui pût donner tous ces avantages avec des frais relativement très-insignifiants. Comme le montre la coupe de la figure 54, la partie du pré à gauche du cours d'eau n'est en réalité qu'un ados à flancs de largeurs inégales irrigué comme les plans inclinés.

i 67. Dans la construction des ados naturels on ne touche au gazon que dans le cas où il faut le surélever de 0m,15 pour la formation du principe de l'ados. Le gazon couvert d'une légère couche de terre repousse facilement, ou peut du moins être ressemé. Les plantes enfouies agissent sous la terre avec des vertus fertilisantes, et l'on ne tarde pas à voir sortir une herbe nouvelle et luxuriante, quoiqu'au commencement le manque de gazon empêche d'arroser la prairie. Il faut seulement remplir d'eau les rigoles, afin d'obtenir par infiltration l'humidité favorable à la germination des graines.

168. Ce système permet d'établir des ados d'une longueur quelconque en les divisant en nombreux étages horizontaux, en rapport avec les matériaux et la pente dont on dispose ; il n'est pas indispensable de les établir parallèlement à la plus grande pente, et ils peuvent être placés soit perpendiculairement soit obliquement par rapport à celle-ci, pourvu qu'elle ne soit pas trop forte.

On pourra dans ce dernier cas établir un des flancs de J'a-

dos sur une plus faible largeur que l'autre, afin de leur donner respectivement la même pente relative , comme le montre la figure 54.

169. Reconstruction perfectionnée des prés. — Il faut étudier le projet de reconstruction d'une prairie avec d'autant plus de soin et de coup d'œil pratique que la surface est plus grande, la pente plus faible et les terrassements à exécuter plus considérables ; ceux-ci exigent de fortes dépenses , qui ne doi-

vent pas cependant dépasser les limites du rendement probable [134].

La règle principale de ces opérations devrait toujours. être d'exécuter des travaux non - seulement appropriés aux circonstances, mais encore peu dispendieux et, s'il se peut, agréables à l'œil.

Quand on voit les immenses travaux de terrassements faits à l'occasion de réunions parcellaires de prairies, et qu'on eût pu diminuer considérablement par une meilleure étude du terrain, on déplore le gaspillage de main-d'œuvre et de capital par lequel on a acheté ces améliorations.

170. Quand on a fait son plan [146 à 152], quand on a indiqué par conséquent les canaux principaux, et décidé le système à adopter, on s'occupe du tracé sur le terrain et du calcul des déblais et remblais.

On doit avoir particulièrement soin de placer la crête des ados à 0m,15 au minimum en contre-bas du fond des canaux principaux de dérivation, à moins qu'on ne puisse donner aussi aux canaux adducteurs une élévation en rapport avec l'élévation naturelle des ados (1).

171. Tracé du système en plan incliné perfectionné. — Cette méthode de reconstruction peut être suivie de deux manières différentes, suivant que la ligne de plus grande pente est diagonale ou bien parallèle ou perpendiculaire à l'axe du pré.

Pour cette dernière forme, on nivelle une ligne horizontale ab {fig. 55) à 0m,lo en contre-bas du canal AB.

Si cette ligne rencontre une différence de pente de 0m,18, et que par conséquent le piquet b se trouve de cette hauteur au-dessus du sol, il devient nécessaire d'enfoncer les piquets de façon à obtenir une ligne horizontale comme celle qu'on voit sous ab , de manière à ce que le déblai en a puisse combler le remblai en b.

Nous ferons remarquer ici le foisonnement qui se produit dans tous les sols, excepté dans le sable; l'augmentation de volume est d'autant plus grande que la terre est plus forte (2).

(1) Par suite des dépôts successifs, cette augmentation insensible a forcé à reconstruire les prés de Siegen au bout d'une période de vingt à trente ans; car des usines situées en amont ne permettaient pas d'élever la ligne de flottaison.

ÇSote de l'auteur.)

(2) Dans la marne sablonneuse (Ichm), ce rapport est de - et de-, c'est-à-dire que

172. Après avoir indiqué de cette manière l'un des côtés du plan incliné, on détermine la hauteur du côté opposé au-dessus du cola-

Coupe selon al». -j.

teur cd (fig. 55) en abaissant sur ab des perpendiculaires ayant 4, 5 ou 6 p. 100 de pente; de cette manière on trouve la pente minimum [141]. Au piquet d on transporte la hauteur du piquet c; on détermine ensuite les points intermédiaires écartés de 3 mètres, et on obtient un réseau de points dont la distance au sol doit être mesurée ; on marque cette distance avec le signe -f- ou le signe — suivant que les points tombent au-dessus ou en contre -bas du sol.

La somme des premiers, comparée à celle des autres, indique, en tenant compte toutefois du foisonnement, s'il manque de la terre ou si elle est en excès.

Dans le cas où le déblai ne couvre pas le remblai, on abaisse tous

les déblais doivent être dans ces rapports avec les remblais. Soit, comme dans l'exemple précédent, une somme de 0m,18; le calcul donne :

et

Pour le rapport de 7, on aura :

d'où x d'où x =

0m,105 de remblai, = 0m,075 de déblai.

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