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DU DESSÈCHEMENT DES CHAMPS

BUT DU DESSECHEMENT.

204. La nécessité du dessèchement des champs cultivés suppose une grande humidité du sol.

Cette humidité est relative et variable :

1° Suivant l'assolement ;

2° Suivant la saison;

3° D'après la position géographique.

L'expérience enseigne que certaines plantes exigent pour leur croissance plus d'humidité les unes que les autres.

Les graminées cultivées, comme le blé, le maïs, etc., ont relativement besoin de peu d'humidité ; mais les graminées sauvages de nos prairies et de nos pâturages, le riz, etc., en demandent davantage. Il faut donc dessécher les terres arables trop humides.

Il y a des champs qui ne sont trop humides qu'à certaines époques de l'année, et d'autres qui le sont toujours. Les premiers peuvent souffrir beaucoup de l'humidité en hiver et surtout au printemps, tandis qu'en été ils sont trop secs.

Dans le sud, et par conséquent dans les pays chauds, beaucoup de plantes cultivées exigent, à cause de la chaleur, l'irrigation qui exerce une action fertilisante. Dans le nord, où l'air est froid et plus humide, l'irrigation devient superflue et même nuisible ; il faut alors dessécher les champs et les prés.

205. Dommages causés par l'humidité. — L'influence nuisible d'une humidité trop grande agit :

1° En entravant les opérations de la culture et de la moisson ; 2° En refroidissant le sol ;

3° En arrêtant les actions chimiques et physiques de l'air sur le sol.

Dans des sols humides, les cultures printanières sont difficiles et souvent retardées après de longues pluies : l'exploitation de ces sols exige un plus grand capital et plus de prévoyance de la part de l'agriculteur, ce qui est une double cause de diminution de leur revenu net.

La chaleur du sol, comme celle de l'air, est une condition essentielle au développement des plantes et à une moisson précoce. Elle est d'autant plus importante que la contrée est à une altitude plus grande, que les étés sont plus courts, et les climats plus froids.

On peut ramener aux causes suivantes le refroidissement du sol :

a. Lors du passage de l'eau à l'état de vapeur, une grande quantité de chaleur est absorbée et par conséquent soustraite au sol et à l'air ; c'est pourquoi une pluie continue peut, même pendant la saison chaude, refroidir encore un sol humide par lui-même.

b. L'eau empêche mécaniquement l'air échauffé de pénétrer dans le sol ; elle est en outre un mauvais conducteur de la chaleur.

c. L'eau perd la chaleur qu'elle a reçue dans les couches supérieures, par suite d'un rayonnement continuel.

La circulation de l'air, l'action de l'oxygène, de l'acide carbonique et de l'ammoniaque sont diminuées et même arrêtées par une trop grande humidité du sol ; elle forme ainsi un obstacle à l'émiettement des terres, à la fermentation et à la décomposition du fumier. Toutes ces causes amoindrissent les récoltes et rendent impossible un bon rendement des cultures par rapport au fumier employé.

206. Causes tle la formation des marais. — La trop grande humidité du sol provient de deux causes :

1° Des eaux visibles , soit qu'elles viennent d'étangs , de canaux, etc., ou bien de la pluie et de la neige, lorsqu'elles ne peuvent s'écouler librement ;

2° Des eaux souterraines circulant dans les couches profondes, qui se réunissent pour surgir en forme de sources, et inondent les terrains à mesure que les tleu\es se gonflent.

207. L'eau venant de l'atmosphère ne nuit que par sa trop grande quantité ou sa trop grande fréquence jointes à un manque d'écoulement; cette action peut se produire d'après la position et la forme de la surface des champs, ou bien suivant les propriétés du sol arable et du sous-sol.

Lorsque, dans des champs bombés, la pente pour un prompt

METHODES DE DESSECHEMENT. 159

écoulement manque au sous- sol imperméable, l'eau de pluie est alors forcée de s'évaporer lentement et imprègne le sol d'une humidité excessive.

Dans un sous-sol chaud et poreux, le dommage est moins grand, surtout en été; mais dans des terrains imperméables, compactes, et dans des terres argileuses, l'eau stagnante nuit beaucoup en automne, en hiver et au printemps, parce que les plantes gèlent et que la terre arable se recouvre d'une croûte qui les fait périr.

Pour obvier à ces inconvénients, outre l'ouverture de canaux destinés à emmener l'eau, on a recours à la culture en dos d'àne et en billons.

208. Les eaux souterraines se trouvent soit dans les couches inférieures, soit dans les couches moyennes du sous-sol, surtout lorsque ces couches se composent de débris de rochers, de sable et de gravier qui reposent sur des lits imperméables de glaise ou d'argile.

Elles nuisent d'autant moins qu'elles se trouvent à une plus grande profondeur.

Par suite de la capillarité, l'eau monte, dans la terre glaise, de 0m,o4 à 0m,60, et dans l'argile encore plus haut, ainsi que dans les terres sablonneuses : c'est dans les terrains tourbeux que l'ascension est la plus forte et qu'elle nuit davantage. Cette propriété cesse dans la terre siliceuse. Il faut non-seulement abaisser le niveau des eaux souterraines à une grande profondeur, afin qu'elles ne saturent plus la surface, mais encore il faut leur donner un écoulement facile, pour que toute accumulation et toute ascension soient impossibles.

Dans ce cas, les eaux qui se trouvent à la surface se réunissent aux eaux souterraines et ne deviennent plus nuisibles.

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