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PRODUIT DES PRÉS

La différence de produit entre les prés résulte aussi bien de la composition et du mélange des plantes que de la quantité récoltée.

Les herbes douces (graminées;, mélangées avec d'autres espèces aromatiques, forment le foin doux de montagne, et, seules, dans les vallées riches, le foin nourrissant, long et épais qui assure le plus grand produit d'un pré. En dehors des graminées, on trouve, croissant volontiers avec elles, des plantes parentes, les cypéracées ou carex, qui couvrent surtout les prés nommés prés aigres, et doivent être considérées comme de mauvaises herbes.

Le foin aigre présente une nourriture sans danger pour les chevaux ; le foin doux est préférable pour les moutons et les bœufs.

D'après la quantité du produit, on fait une, deux ou plusieurs coupes dans les prés.

On distingue les prés d'été et les prés d'hiver; ces derniers, aussi appelés marches (1), se trouvent seulement en Lombardie et ils donnent chaque année, en six coupes, jusqu'à 400 quintaux de foin par hectare.

Nous allons rapidement examiner les causes qui ont le plus d'influence sur la qualité et la quantité du produit des prés en herbe.

Climat et situation. — Tous deux sont déterminés par l'élévation au-dessus du niveau de la mer, ainsi que par la latitude et l'exposition de la contrée.

(1) Les marcites de Lombardie sont des prairies sur lesquelles, depuis le mois de septembre au plus tard jusqu'au printemps suivant, court sans interruption une mince nappe d'eau tiède qui, en empêchant l'action des gelées, développe et accélère la végétation des plantes. {Note du traducteur.)

Nous trouvons la végétation de Fherbe aussi riche sur l'Himalaya à une hauteur de 5400 mètres au-dessus du niveau de la mer, qu'à 2400 mètres dans les Andes de Quito, en Suisse à 1200 mètres, comme aussi dans les plaines de Hollande et du Holstein, au bord de la mer du Nord et de la mer Baltique. La riche croissance de l'herbe est liée à un certain degré de chaleur et surtout à une certaine quantité d'humidité de l'air et du sol, ou à tous deux simultanément.

Les prés situés sur les montagnes et les hauteurs qui ne sont mouillées que par la pluie, sont par conséquent classés comme prés secs ; parmi ceux qui, d'après leur voisinage, peuvent être appelés prés de forêts, nous trouvons dans les bas-fonds les prés humides, comme ceux des vallées, des rivières ou des ruisseaux, sur des terrains qui n'offrent que peu ou point de ressources pour la culture.

Les prés irrigués des vallées sont ceux qui, avec un traitement convenable, garantissent le plus grand rapport.

Les prés situés au bord des rivières souffrent quelquefois d'inondations qui gâtent la récolte, ou bien ils sont recouverts, soit au printemps, soit en automne, par du sable et du gravier qui en diminuent le rapport pour l'année suivante.

Soi. — Les exigences des graminées rustiques quant au sol sont moins grandes que celles des céréales soignées par la main de l'homme, qui ne produisent que si le sol est en rapport avec les soins qu'on leur a donnés; cependant la fertilité du terrain exerce une grande influence sur la qualité et la quantité du foin obtenu.

On doit étudier les propriétés chimiques du sol, aussi bien que ses propriétés physiques, c'est-à-dire le degré de légèreté ou de cohésion de la terre, le rapport entre les quantités d'eau et de calorique exigées par le sable, le calcaire ou l'argile, et aussi les proportions dans lesquelles se trouvent les substances organiques, comme la tourbe et le marais.

Les propriétés chimiques comprennent les divers principes nutritifs assimilables aux plantes ; réunies aux propriétés physiques, elles ont la plus grande influence sur le produit des prés et sur la composition du gazon.

Les plantes absorbant toujours dans les mêmes proportions relatives les sels contenus dans la terre, et les prés ne profitant pas du changement d'assolement comme les champs, le sol s'use d'une façon uniforme et continuelle dans les couches supérieures. Les

racines des herbes, en effet, s'enfoncent beaucoup moins profondément que celles des plantes cultivées ; la couche supérieure seule est ameublie par le froid, de sorte que les substances nutritives nécessaires à la végétation sont peu à peu enlevées à la composition du sol. C'est pour cette raison que l'on voit successivement disparaître les meilleures graminées des prés qui ne sont pas fumés et que l'on fauche toujours. Les gazons deviennent moins épais et sont envahis par des plantes moins exigeantes, telles que les mousses.

Un certain degré d'humidité du sol, comme dans les terres qu'on appelle fraîches, est d'une importance toute particulière pour la prospérité des bonnes herbes. Cette qualité du terrain repose, sauf le climat et la situation, dans sa capacité absorbante et conservatrice de l'eau.

Eau. — Si le sol ou l'air manquent d'humidité naturelle, ce que le gazon exige par-dessus tout, la culture des prés n'est possible que par l'arrosement artificiel ou l'irrigation; car l'herbe fraîche contient 70 p. 100 et plus d'eau, et la riche végétation d'un pré n'est garantie que par le bon aménagement de l'eau qu'on lui donne.

L'irrigation rend en même temps au sol, de la manière la plus simple, les sels qui lui manquaient, et le met à même de reproduire toujours de nouvelles plantes.

C'est pourquoi l'eau est le fumier naturel des prés : une bonne irrigation est comme une couche de terreau pour la croissance de l'herbe.

Les endroits non irrigués ne peuvent être cultivés en prés que dans le cas où les terres sont fraîches, ou bien si l'atmosphère est humide, et en outre ils exigent des fumures artificielles.

L'eau cependant peut être nuisible à de bons prés si elle est en excès et stagnante, ou si elle s'écoule trop lentement et incomplètement. Dans ces conditions, on a des prés marécageux, produisant des herbes aigres; le foin récolté est dur et peu nutritif; il pousse des mousses aquatiques et dans beaucoup de cas il se produit des tourbes.

Le dessèchement est alors nécessaire et il précède l'irrigation ou fonctionne simultanément avec elle dans les prés humides ou irrigués auxquels on demande une récolte abondante et de bonne qualité.

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