‹ De la croyance en DieuChapitre 73 sur 74 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

CHAPITRE PREMIER. — Rôle de la connaissance rationnelle. — 1° La raison est nécessaire : impossible,

sans son concours, de fonder la croyance en Dieu, soit ■ qu'on parte des données de l'expérience, soit qu'on s'appuie sur l'histoire des origines du christianisme, soit même qu'on se rabatte, à la manière des néo-apologistes, sur une sorte d'intuition vivante et synthétique de l'Absolu ; impossible également de défendre la vérité morale, cependant toujours attaquée, et de fournir les motifs de crédibilité dont elle a besoin pour se faire accueillir. Il faut syllogiser. — 20 La Raison ne suffit pas. Ce n'est pas que, comme l'a dit Newman, l'abstrait ne puisse avoir ses martyrs. Mais il existe une « logique personnelle )>, dont le développement tout vital nous écarte parfois de la vérité ; et, quand nous sommes assez heureux pour y parvenir, notre raison ne s'y tient pas : elle voit : « puis, un quart d'heure après, elle craint de s'être trompée » 188

CHAPITRE II. — De l'action morale. — 1° Pour trouver la vérité morale, il faut la chercher sans parti-pris, sans orgueil et dans tous les sens ; il faut de plus quitter les plaisirs et l'ambition. Accorder son âme ; tel est l'art de sentir le bien, comme le musicien sent la justesse des sons. — 2° Quand on s'anime de pareilles dispositions, il se produit une heure libératrice où l'écran tombe; et nous croyons. Non point que 'notre adhésion dépasse son objet; mais les choses que nous connaissions sans les concevoir, s'éclairent d'une lumière inattendue et nous livrent leur vrai sens. — 3^ Diverses attitudes que prend l'esprit humain à l'égard du problème de la croyance religieuse : Saint Augustin, Newman, H. Taine, E. Renan 229

Page 1