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Le seigle. — Description
Le seigle est une céréale dont la à et le grain ressemblent beaucoup à ceux du blé. La tige est ordinairement plus longue et un peu plus fine que celle du blé. Quant au grain, il est séparé de sa bale par le battage comme celui du blé : il est plus mince et plus allongé que ce dernier, et ressemble beaucoup au grain d'avoine nue.
Seigle de printemps et seigle d'automne.
Come je l’ai laissé entendre plus haut, le seigle peut être semé au printemps et à l'automne. Le seigle d'automne est surtout cultivé dans l'Ontario, où il a toujours donné des rendements plus considérables que le seigle de printemps,
Le seigle d'automne est plus rustique que le blé d'automne ; il peut supporter des intempéries auxquelles ne résisterait pas ce dernier. Il à déjà été cultivé avec succès sur une assez grande échelle dans
notre province, -. : 4 pas de raison pour qu’il ne réussisse pas en venir. La condition essentielle est d’avoir , bien égoutté, naturellement ou artificielleme adition assez facile à obtenir
avec les sols sablouueux légers, qui sont les terres à seigle proprement dites.
Climat pe )
Le seigle termine sa végétation et mûrit son grain dans l'espace de deux mois et demi environ, C'est une céréale précieuse pour les pays du Nord, à saison très courte. On ne peut le cultiver là où ne mûrisrissent ni le blé, ni l'orge, ni l’avoine; on en a récolté dans les territoires du Nord-Ouest, sur les bords du grand lac des Esclaves, c’est-à-dire, à peu près au 63ème degré de latitude nord. Sji jamuis l’on peut mettre en culture les vastes régionsdu Québec septentrional, on verra le siècle du seigle,
Sols
Le seigle est le grain par excellence des sols pauvres, sablonneux, qui, ensemencés en d'autres céréales, blé, orge ou avoine, ne donneraient que de très maigres récoltes.
Le seigle jouit d’un pouvoir assimilateur vraiment merveilleux. Il n’abandonne la partie qu'après avoir tiré d’un sol pauvre le maximum d'éléments fertilisants que ce dernier peut rendre, C’est pourquoi, l'on a constaté qu’un sol, épuisé par la culture du seigle, est pour longtemps improductif. |
Oa s’acharne à vouloir tirer de maigres récoltes d'avoine et d'orge de sols sablorneux, tandis qu'avec moins de travail et de soins, on aurait de jolis profits de la culture du seigle.
Si l’on cultive le seigle d'automne pour le fourrage vert ou le pâturage d'été, il est préférable, dans ce cas, de le faire sur une bonne terre riche en éléments fertilisants facilement assimilables, Dans tous les autres cas, il est plus économique de réserver la meilleure partie de la terre aux autres céréales et de donner les lopins les plus pauvres à la culture du seigle.
Engrais
Il est mieux de ne pas fumer le seigle directement; comme pour le blé et les autres céréales, si l’on pratique un bon système de rotation, on fumera assez copieusement les plantes sarclées, maïs, pommes de terre,;racines, qui doivent précéder le seigle, sur les mêmes soles, et ce dernier, peu exigeant, se contentera des restes,
Après la guerre, si le prix des engrais chimiques diminue, on pourra tenter l'emploi d'engrais phosphatés et potassiques, à la dose d'environ 400 1bs de scories Thomas et 100 1bs de Muriate de Potasse à l’arpent.
n bon amendement calcaire de 800 à 1000 Ibs de chaux vive, répété tous les 3 ou 4 ans, augmentera de beaucoup les rendements. sur les sols légers peu cohérents, aussi bien que sur les terres fortes trop compactes.
Place dans la Rotation CARE ER RE
Préparation du Terrain
Comme on sème ordinairement les seigles sur des sols sablonneux, la préparation du terrain est une chose peu compliqr'ée ; en terre légère, les labours de pen s, faits à point, sont aussi profitables que les abours d'automne.
Le tout se résume à avoir un sol assez bien ameubli et trés bien égontté. Il est important aussi de rouler le terrain immédiatement après le semis, pour Jui donner plus de consistance et mettre les particuleg terreuses en contact intime avec toute la surface de la graine; ce roulage a aussi pour effet de faire monter l'humidité à la surf» :,
En Résumé
(1) Labour d'automne pour les terres fortes ; indif-
féremment d’œutcmne ou de Printemps pour les terres légères.
(2} Ameublissement raisonnable et bon égoutte-
ment du sol, comportant extirpation complète et radicale des mauvaises herbes.
(3) Roulage après le semis.
Semis en (1) Epoque.— Aussitôt que la terre est bien ressuyée
pour le seigle de printemps; pour le seigle d'automne, vers la fin d'août ou le commencement de septembre.
Quantité du Semis.—Citte uantité varie suivant On sème un peu moins
dru en automne qu'au printemps, dans les terres fortes gères. On recommande de 1
isseau et demi à 2 boisseaux à l'arpent. Si le sei.
Récolte et Javelage mm LC
On doit attendre qu’il soit Parfaitement mûr pour le récolter, car le ‘igle n'a Pas, comme le blé, la pro- Priété de mûrir SON grain à même sa Paille, après
On le laisse aussi javeler plus jngtemps que le blé, es son grain est plus di cile à détacher par le batge.
Rendement Re
La moyenne de rendement du seigle est de 15 à 20 boisseaux Par arpent. En 1917, ce rendement a été de 16 boisseaux et trois-quarts jans notre province, et le prix moyen du boisseau fut de 81.80; d'où l’on peut dire ue chaque arpent de seigle ensemencé = le Québec, l'an dernier, a lapporié en moyenne
Ces résultats sont magnifiques, si l’on considère qu'ils ont été obtenus, en 8Tande partie, sur des sols Pauvres, sablonneux, de valeur ; jsrre souvent Impropres à la culture des autres céréales,
Mot de la Fin ne
Je ne dirai Pas: Cultivons autant de seigle que d'avoine ou d'orge ; ces céréales ne doivent pas être délaissées Pour le seigle, dans les sols qui leur conviennent, particulièrement, Mais, dans le sols sablon-
Me: ‘hd, a, à: NN.
Pablié Par ordre de l'Hon. Jos.-Ed. Caron, M
ue la valeur argen — À 4 en 1917, celle du boisseau de seigle était de $1.78.
S'il 4 à encore déficit dans notre nroduction de blé en 1918, nous Pourrons combler c. déficit par une Surproduction de seigle, Les circonstances nous obligeront très probablement à l’avenir de couper notre farine de froment d’une certaine quantité d'autre farine pour la fabrication de notre pain, et aucune autre — Plus saine ni plus nutritive que la farine
inistre de l'Agriculture de Ja Province de Québec