‹ De la curabilité de la pneumophymie (phthisie pulmonaire)Chapitre 2 sur 7 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

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«Que si vous avez trouvé un principe juste, il ne faut pas craindre d’en sonder toute la profondeur, d’en poursuivre toutes les conséquences, et vous armez alors à des résultats aussi précieux qu’inattendus. »

(Montesquieu, Esprit îles lois.)

La phthisie pulmonaire, considérée par un grand nombre de praticiens comme une affection au-dessus des ressources de l’art, ne peut plus aujourd’hui être regardée comme telle. Si pendant longtemps on a désespéré de pouvoir amender l’état des pneumophymiques , ce n’est pas que la thérapeutique n’ait tenté des efforts pour triompher des ravages occasionnés par les tubercules pulmonaires; des travaux de tous genres ont été faits dans cette direction, et presque toujours des insuccès sont venus désillusionner le médecin. Or quels étaient les agents que l’on avait à opposer à cette terrible affection avant l’emploi des préparations iodées? On n’ose guère en faire le dénombrement : toutes les ressources de la thérapeutique ont été épuisées, et M. Louis, après avoir démontré l’inutilité de tous les traitements, termine en reconnaissant que ce mal est incurable (Louis , Recherches anatomico-pathologiques sur la phthisie ; 1825). Cette proposition est loin de pouvoir être acceptée; déjà , dans l’épitre 22 de Morgagni [de Sed. et caus. morb., traduction de Deslouel; 1839) , on peut lire un cas de guérison de phthisie pulmonaire, et, à ce propos, cet anatomiste, dans un passage trèsintéressant , nous montre que ies ressources des anciens ne différaient guère de celles des modernes. «Tant eut d’efficacité, dit-il, dans un lieu et dans une saison défavorables , avec l’extrême bonté de Dieu , une seule espèce de remède . le lait , aidé du très-grand

soin que le malade mettait à s'observer. » La même lettre nous laisse voir que les voyages , si fréquemment conseillés de nos jours aux phthisiques chez lesquels toute espèce de médication a complètement échoué , étaient déjà en usage dans l’antiquité. « Du temps de Celse, dit-il , dans les maladies de cette espèce , on allait de l’Italie à Alexandrie. » On ne doit donc pas être étonné qu’après de si longues tentatives, la découverte de l’iode ait été favorablement accueillie pour sauver de l’abandon les phthisiques aussi bien que les malades appelés à tort scrofuleux. Ces individus constituent, dans les populations, la partie la plus nombreuse et la plus digne d’intérêt; et, ainsi que le fait observer S. Warren : « La consomption n’attaque pas ie vice, elle ne punit pas les excès; ce qu’elle aime à frapper, c’est la jeunesse, iabeauté, la vertu, lesintelligenceslesplus généreuses... » Samuel Warren, la Consomption , traduit de l’anglais , par M. Philarète Chasles).

Si les malades atteints de phthisie pulmonaire succombaient inévitablement au mal qui s’est développé chez eux , il y aurait de la témérité peut-être à en poursuivre la guérison; maisl’ organisme seul, indépendamment du secours de fart , parvient à en déterminer la curation à toutes ses périodes. Est-il donc surprenant que l’on cherche à imiter la nature dans ses procédés? C’est l’étude de ces divers moyens qui fera le sujet de ce travail , et loin de faire une histoire complète de la phthisie pulmonaire , on n’aura en vue que les altérations qui sont nécessaires à la démonstration de la curabilité de cette maladie.

Dans un premier chapitre , on étudie les modes suivant lesquels s’opère spontanément la guérison des tubercules à leurs diverses périodes.

Un deuxième chapitre coulient des réflexions sur la pathogénie de ces différents genres de guérison.

Enfin un troisième chapitre est réservé à la thérapeutique , et j'enferme l’exposé des faits sur lesquels est basée l’iodolhérapie , ou médication iodée, dans la phthisie pulmonaire.

DE

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