‹ De la curabilité des accidents péritonéo-hépatiques d'origine alcooliqueChapitre 5 sur 34 · FIBRINE · texte numérisé non relu

FIBRINE

Cardiopathie

) 7 il 9

0,10 il 0,1

1 Cirrhose

| Péritonite chronique

) (Méhu)

(Méhu)

l simple

[ Cirrhose compliquée

de péritonite légère

^ Cirrhose: poussée pé- < ritonéale aiguë (as-

1 cite curable)

Nous nous contentons de rappeler ici que la phtisie est fréquente chez les alcooliques ; que bon nombre de cirrhotiqucs meurent avec

de la péritonite tuberculeuse. N’a-t-on pas pris parfois pour une ascite curable, ou une hydropéritonite curable chez un alcoolique, une péritonéo-hépatite tuberculeuse ? Nous posons la question sans vouloir la résoudre.

Il est piquant dans une étude sur la curabilité de la cirrhose de rappeler que la science possède actuellement un certain nombre d’observations où la cirrhose fut une véritable trouvaille d’autopsie. Sans vouloir les indiquer toutes, qu’on nous permette d’en citer quelquesunes.

« Si chez beaucoup d’alcooliques, dit Hilton Fagge (Guy’s Hôpital Report), le foie semble être intact, c’est que l’altération cirrhotique peut exister pendant longtemps sans déterminer aucun symptôme appréciable. En pratiquant de nombreuses autopsies d’ivrognes, on est surpris du grand nombre de foies lésés dont on n’avait pu reconnaître l’état anormal pendant la vie. » Et l’auteur dit que dans un tiers des cas de cirrhose constatés dans son hôpital en 10 ans (dans A3 cas sur 130), la cirrhose a été trouvée par hasard chez des sujets morts de tout autre maladie: la fréquence de cet état latent dans la cirrhose est même, ajoute-t-il, un des caractères les plus importants de cette affection.

Non seulement, comme le dit Bonnet (Note pour servir à l’histoire d’une forme latente de la cirrhose atrophique, in Lyon médical , 1878, p. 247, n°42), les symptômes cliniques peuvent n’apparaître que peu de jours avant la mort, alors que le processus anatomique a une marche très lente, mais la cirrhose de Laënnec peut même être absolument latente.

A propos de la discussion de la Société médicale des hôpitaux, M. Rendu rapportait qu'il avait eu trois fois l’occasion de trouver à l'autopsie d’individus morts d’affections indépendantes delà sclérose hépatique, un foie granulé ; il n’y avait pas alors d’ascite, mais l’existence d’une cirrhose atrophique de date plus ou moins ancienne était incontestable.

Tout dernièrement, M. le professeur Hayem nous racontait qu’à l’autopsie d’une enfant de 7 ans, morte du choléra, il avait constaté

une cirrhose atrophique des plus manifestes qui ne s’était jamais révélée par aucun symptôme.

La thèse de Carrai contient un bel exemple de cirrhose dite latente observée à l’autopsie d'un homme de 47 ans mort de pneumo nie. « L’alcoolisme du malade, dit M. Bard qui a fourni 1 observation, est déjà très ancien. Déjà il y a quinze ans, un médecin lui avait dit qu’il avait la cirrhose des ivrognes. Toutefois le malade n a jamais présenté d’œdème des membres inférieurs, d ascite, ni de vomissements noirs. Néanmoins il souffrit d hémorrhoïdes fluentes depuis cette époque-là. A l’autopsie, le foie augmenté de volume, pesant 1970 grammes, ne présente aucune modification péritonéale périphérique. 11 est le siège d’une cirrhose alcoolique des plus manifestes, à peu près également distribuée dans toute son étendue, avec un léger degré d’intensité plus grande sur le lobe gauche. La cirrhose est également accusée sur les coupes de l’organe : on aperçoit alors très manifestes les zones circulaires de tissu fibreux enveloppant et faisant saillir les grains jaurie clair constitués par les lobules hépatiques. La cirrhose est assez régulièrement distribuée et les lobules mesurent de 2 à 3 millimètres. On ne trouve pas sur la surface de dépressions profondes ni d’incisures exceptionnelles. »

C'est là, si nous ne nous trompons, un bel exemple de cirrhose hypertrophique ou d’hépatite scléreuse hypertrophique alcoolique. Osera-t-on dire ici que le foie était à la période de préparation de l’atrophie ? 11 est probable que pendant la vie du malade certains cliniciens, qui se refusent à admettre cette forme hypertrophique, auraient prétendu que le foie était à la période préscléreuse.

Avant de terminer, signalons encore un fait très remarquable de cirrhose sans ascite publié par M. Hanoi dans les Archives de médecine (novembre 1886). Le malade qui accusait de fréquents excès alcooliques mourut d’accidents infectieux au cours d’une polyarthrite rhumatismale. « Le foie, dit l'auteur, pèse 1,250 gram. ; son volume est un peu diminué. 11 n’existe pas de périhépatite ; la surface de l'organe est très granuleuse comme les surfaces de section. Le tissu est dur à la coupe et présente en un mot l'aspect de la cirrhose atrophique. L’examen histologique du foie a démontré que la lésion de l’organe consistait en une cirrhose typique ; les bandelettes fibreuses qui rayonnent des espaces portes aux veines sus-hépatiques sont nette-

ment accusées, sans avoir toutefois la largeur et la trame fortement serrée des tractus qu’on observe sur les coupes provenant de cirrhoses probablement plus anciennes. »

Et M. Hanot ajoute : « On m'objectera peut-être qu’il est de notion classique que l’ascite n’apparaît pas dès le début de la maladie, et que dans mon observation, elle aurait pu se produire ultérieurement. J’ai déjà étudié un certain nombre de cirrhoses atrophiques, en confrontant les symptômes avec les lésions, et il me semble que, dans ce cas particulier, le degré de l’altération indiquait que la maladie avait atteint le degré où elle se manifeste déjà par l’ascite. Reste donc à chercher pourquoi l’ascite a justement fait défaut ici. C’est là un problème auquel je ne saurais pour l’instant donner une solution (1880).»

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