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porteur d’une ascite assez abondante avec circulation collatérale et œdème des membres inférieurs.
Les troubles digestifs consistent en inappétence marquée, langue saburrale,. 1
Il ne semble pas très amaigri, autant qu’on en puisse juger avec l’œdème.
Cet œdème prédomine aux membres inférieurs, remontant jusqu’à l’abdomen ; le scrotum et la verge sont infiltrés.
Il existe de nombreuses taches purpuriques et des varicosités. L’abdomen porte de nombreuses ecchymoses. Cette tendance aux hémorragies fit d’abord porter un pronostic sévère.
Cœur : rien d’anormal. T. A. : 15-7.
Poumon : quelques râles de congestion aux deux bases.
Easlroscille entre 97et3705:
Betaux des-urines-varie-de 500-à "litre. -AIb.«:0.-S. 0: Rolland : +.
Urée sanguine : 0,25.
Pigments du sang : 55 mmg.
Le traitement consiste, outre l’institution du régime lacté, en injections d’extrait hépatique et administration de chlorure de calcium par cures espacées, associées au régime déchloruré.
Cependant, son ventre augmentait progressivement de volume ; on suspend le chlorure de Ca et le 13 avril, on fait une première paracentèse : 11 litres de liquide citrin.
Formule — rares leucocytes, — cellules endothéliales.
Puis les ponctions se succèdent à intervalles rapprochés, étant donné la reproduction rapide de l’ascite.
26 avril : 10 litres,
11 mai : 16 litres,
6 juin : 16 1. 500 ; on reprend à ce moment le chlorure de Ca et on donne aussi de la digitaline.
18 juin : 17 litres.
Le traitement spécifique n’est pas institué en l’absence de tout antécédent, de tout signe clinique de syphilis et d’une réaction de B.W. négative.
Au mois d'octobre 1932 , le malade totalisait 16 ponctions évacuatrices qui avait retiré plus de 200 litres de sérosité.
A ce moment, l’état général était assez satisfaisant, l’abdomen moyennement distendu avec ombilic déplissé, cir-
culation collatérale marquée surtout à la partie supérieure du ventre et inférieure du thorax. L’æœdème des membres inférieurs persiste.
Foie : limite supérieure au niveau de la 5° côte ;
Limite inférieure difficile à apprécier sous l’épanchement. Toutefois paraissant être à un travers de doigt au-dessus du rebord costal : le foie est petit ; il ne donne pas le phénomène du glaçon ; il n’est pas douloureux à la palpation.
La rate est percutable sur la ligne axillaire sur six travers de doigts, mais il est impossible de percevoir son pôle inférieur.
L'examen des autres appareils est entièrement négatif.
Cependant, la situation reste sans changement jusqu’au mois de janvier 1933.
L’ascite se reproduit toujours avec la même régularité et la même abondance. Les œdèmes des M.I. persisent. Le 17 janvier, on à fait en tout 20 ponctions, ayant retiré de 15 à 17 litres chacune.
Les dernières ont été assez espacées grâce à deux injections de Neptal de 4 cc. pratiquées lorqu’au bout de longs mois, le volume des urines atteignit 1.500 à 2.000 cc. Les résultats furent très brillants en provoquant chaque fois des débâcles urinaires qui atteignirent 3 à 5 litres.
Devant de tels résultats, ces injections sont continuées ; on en fait encore 3 à raison d’une tous les 15 jours, qui provoquent la même diurèse abondante et qui permettent de différer l’échéance des ponctions.
Mais c’est assez brusquement, en avril 1933, que la rémission de produit. Après la 28° ponction, l’ascite se tarit et, depuis cette date, il ne s’est produit aucune exsudation séreuse. L’œdème des membres inférieurs a totalement disparu. Il n’existe plus trace de circulation collatérale, Le malade a gagné 206 kilogrammes, son état général est excellent.
Les derniers examens cliniques ont montré une topographie particulière du foie qui a littéralement basculé : son extrémité droite et sa face convexe peuvent être perçues à un travers de main au-dessous des côtes ; inversement, son lobe gauche est venu se loger sous la coupole diaphragmatique droite sans modifier sa forme ; de ce fait, le bord antérieur de la glande n’est pas décelable dans la région épigastrique ; le seul territoire où on pouvait le palper-jadis.
OBSERVATION XI (RIBIERRE et PARAF, S.M.H., 11 novembre 1910.)
C’est un homme de 62 ans exerçant depuis l’âge de 12 ans le métier de marchand des quatre-saisons et ayant contracté précocément des habitudes alcooliques largement éclectiques, et pendant de longues années, il a bu quotidiennement 4 à 5 litres de vin, sans compter les verres d’absinthe et de vulnéraire.
C’est seulement au début de 1904 qu’il commence à présenter quelques troubles digestifs : dyspepsie, anorexie, pituites matinales intenses.
L’abdomen augmente de volume et jusqu’en juin 1905, le malade entre à l'hôpital Laënnec porteur d’une ascite considérable avec œdèmes marqués des membres inférieurs, de l’oligurie, des taches purpuriques et des épistaxis à répétition.
En 1906, il subit dans les services dirigés alors par MM. BERGÉ et DE Massary, 47 ponctions de 10 à 15 litres chacune.
Au début de 1907, l’état général s’améliore. L’ascite se reproduit plus lentement, les urines sont plus abondantes et pendant les six premiers mois de l’année 1907, on ne lui fait que trois ponctions. Pendant les six derniers mois, aucune ponction.
Soumis jusqu'alors au régime lacté et sans autre médication que la Théobromine, il recommence à s’alimenter et sort de l’hôpital.
Il y rentre quelques jours plus tard, l’œdème des membres inférieurs ayant reparu. Nouveau séjour de six mois sans aucune ponction. Le malade quitte définitivement l’hôpital en juin 1908 et le diagnostic inscrit sur sa feuille est celui de cirrhose atrophique.
Depuis son départ de l’hôpital, le malade se serait alimenté uniquement avec du lait et des pommes de terre cuites à l’eau. Aucun trouble des fonctions digestives. Pas de gonflement abdominal.
Le 15 septembre 1910 se sentant un peu fatigué et surtout désireux de se réfugier quelque temps à l’hôpital, il rentre à Laënnec, dans le service du Docteur THOINOT, suppléé par l’un de nous.
À ce moment, l'examen clinique montre que cet homme est dans un état de santé satisfaisant.
L'abdomen nullement distendu présente de nombreuses vergetures. Le foie ne déborde pas les fausses côtes et sa matité est de 7 cm. 5 sur la ligne mamelonnaire.
Pas de trace de circulation collatérale.
Rate perceptible sur 2 ou 3 cm. seulement dans les deux sens.
Très petites hémorroïdes externes.
Aucun trouble gastrique, mais peu de constipation.
Pas d’œdèmes.
Les membres sont amaigris, les masses musculaires un peu flasques.
Réflexes rotuliens normaux. Pas de tremblement de la langue et des doigts.
Léger emphysème pulmonaire avec quelques sébilants.
Pouls à 76 régulier, un peu petit, T.A. 14 au Pachon.
Rien au cœur.
L'examen des urines ne révèle ni pigment, ni albumine, ni urobiline.
Le taux d’émission s’élève à 1.200 gr. L’analyse montre 17 gr. 5 d’urée par litre.
En somme aucun signe pathologique, mais le malade présente un état psychique un peu spécial. C’est un débile qui, dans le but d’impressionner son entourage, et de prolonger son séjour à l’hôpital, déclare fréquemment qu’il sent bien que sa fin est proche et « qu’il n’en a plus pour longtemps » avec un facies souriant et un ton dénotant une remarquable euphorie.