‹ De la Curabilité des Cirrhoses Atrophiques de LaënnecChapitre 18 sur 31 · CIRRHOSE DE LAËNNEC AYANT ÉVOLUÉ VERS UNE FORME ATROPHO-HYPERTROPHIQUE · texte numérisé non relu

CIRRHOSE DE LAËNNEC AYANT ÉVOLUÉ VERS UNE FORME ATROPHO-HYPERTROPHIQUE

(Le PLay et Doury, Presse Médicale, janvier 1911.)

Homme âgé de 60 ans. Marchand de quatre saisons, entré à l’Hôtel-Dieu le 15 septembre 1G08 pour volumineuse ascite.

Fatigué depuis quelques mois, il avait perdu une dizaine de kilogs, se plaignant depuis 15 jours d’une diarrhée tenace,

Peu à peu son ventre avait augmenté de volume et à son entrée, il présente une ascite manifeste avec circulation collatérale très accusée.

Le foie difficile à palper semblait petit : on arrivait à grand peine au-dessous des fausses côtes sur son bord inférieur qui était dur.

Le diagnostic de Cirrhose atrophique de Laënnec fut donc posé.

Les antécédents éthyliques étaient d’ailleurs indiscutables le malade avait exercé pendant 30 ans la profession de garçon boucher et avait accoutumé de boire par jour 4 litres de vin, 5 à 6 absinthes, 5 à 6 rhums.

L’ascite resta d’abord stationnaire, puis au bout de 40 jours augmente ; les œdèmes apparaissent, les urines tombent à 2 1. 500 à 1 1. 500. Le malade est ponctionné puis sort le 12 décembre 1908. Trois semaines après, il revient se faire ponctionner, puis ensuite tous les 15 jours jusqu’en avril 1909.

A ce moment, l’état de cachexie est très prononcé : amaigrissement énorme, teint subictérique, oligurie marquée, œdèmes des jambes. Il semble parvenu au terme extrême de sa maladie.

En raison de la défaillance du myocarde, on est obligé de lui donner de la digitale.

Elle a pour effet de provoquer une diurèse abondante en même temps que l’œdème des jambes disparaît.

La situation resta stationnaire jusqu’au mois de juillet, époque à laquelle le liquide ne se reforme plus avec la même rapidité. Une amélioration notable survient qui devient indiscutable au mois d’octobre.

Le ventre a considérablement diminué de volume.

Les urines oscillent entre 2 et 3 litres.

Le malade augmente de poids : son teint devient plus frais. Le régime lacté absolu est remplacé par le régime lactovégétarien. L’état général s’améliore de plus en plus et au mois d’avril 1910, le malade se considérant comme guéri demande à sortir.

A ce moment l’examen du foie est intéressant :

Le lobe droit est resté petit et ne déborde pas les fausses côtes. Mais le lobe gauche a pris un développement considérable et se présente comme une volumineuse tumeur remplissant la région épigastrique et mesurant 14 cm. de haut à partir de l’appendice xyphoïde. Sa largeur maxima est également de 14 cm. et son bord droit va progressivement rejoindre le bord inférieur du foie.

La rate est hypertrophiée. La circulation collatérale a persisté.

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Quant aux fonctions hépatiques, elles semblent s’effectuer normalement ; les urines ne contiennent ni albumine, ni pigments modifiés.

L'épreuve de glycosurie alimentaire est négative.

L'urée des urines atteint 14 gr. par litre, et le taux des urines de 2 litres à 2 1. 500 par 24 heures.

Le malade avait subi une quinzaine de ponctions donnant issue à plus de 200 litres de liquide et pouvait être considéré comme guéri au bout de deux ans.

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