AVANT-PROPOS
Deux observations publiées dans les Bulletins et Mémoires de la Société Médicale des Hôpitaux de Paris et mises à notre disposition par MM. E. CHABROL et Jean COTTET ont servi de point de départ à notre travail.
Il s’agit de deux cas de cirrhose atrophique qui, après avoir subi respectivement 28 et 68 ponctions bénéficient actuellement d’une rémission complète de leur ascite, l’un depuis 13 mois, l’autre depuis 7 années. Si exceptionnels que soient ces faits, ils nous paraissent justifier une nouvelle mise au point de l’intéressante quéstion thérapeutique de la curabilité des cirrhoses du foie.
En effet, outre l’intérêt que confère à ces deux observations l’extrême rareté des cas de guérisons cliniques des cirrhoses atrophiques retrouvés dans la littérature, ces faits permettent de reprendre la discussion déjà ancienne des conditions dans lesquelles s’est effectuée cette évolution heureuse de la maladie.
La question des rapports de l’ascite et de la cirrhose constitue le plus important des problèmes à résoudre au point de vue de la curabilité, car l’on peut se demander si la disparition du symptôme équivaut à la guérison anatomique et physiologique de la lésion hépatique, ou bien si la cirrhose persiste encore après la rémission de lépanchement.
Cette question paraît présenter un intérêt encore plus vif, par la connaissance que nous avons de cas de plus
en plus nombreux de cirrhoses ayant évolué sans symptûmes ascitiques, demeurées latentes pendant un temps plus ou moins long et dont le diagnostic ne fut fait que par les examens nécropsiques.
L'existence de tels faits permet encore de discuter le rôle des causes adjuvantes à l’alcool (syphilis, tuberculose, infections) non: seulement dans le déterminisme de la cirrhose, mais, surtout du point de vue qui nous occupe, dans l’établissement d’un pronostic plus ou moins favorable et dans l'institution nécessaire ou non d’une thérapeutique spécifique.
Enfin, outre ces importantes notions étiologique et thérapeutique, l'étude des cas de cirrhoses guéries peutelle nous permettre de distinguer des modalités cliniques particulières, une allure évolutive spéciale qui ont pu individualiser ces formes curables de la cirrhose de Laënnec, et autorissr les cliniciens à prévoir pour leurs malades une terminaison aussi favorable ?