‹ De la Curabilité des Cirrhoses Atrophiques de LaënnecChapitre 7 sur 31 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

L’éventualité favorable dans l’évolution de ces affections n’est même pas envisagée par les auteurs du Compendium de Médecine Pratique (1841), pour qui la mort est la terminaison inévitable de la cirrhose, par RENDU qui dit, en 1879, que lorsque l’ascite est apparue avec les autres signes qui constituent la cirrhose, il n’est plus permis d’espérer la guérison. FRERICHS cependant s'était montré moins affirmatif lorsqu'il écrivait en 1862 que « dans la grande majorité des cas la maladie est mortelle et la terminaison toujours fatale quand la maladie a pu acquérir son développement complet ».

Et cependant CHRÉTIEN a publié en 1831 « un cas d’Ascite dû à des causes irritantes, guéri en 4 mois après emploi de la diète lactée. Mort 6 ans après de pneumonie ».

CHRESTIEN, la même année, relate aussi un cas d’ « Ascite fort ancienne. Diète lactée employée plusieurs fois en l’espace de 10 ans avec le plus grand avantage, mais sans opérer de guérison complète. Mort 10 ans après de tétanos ».

Il faut arriver en 1852 pour avoir la confirmation anatomique du diagnostic et de la rémission des symptômes cirrhotiques. MONNERET, en effet, publie cette année l'observation d’une cirrhose atrophique « guérie contre toute attente » et vérifie son diagnostic à l’autopsie de son sujet mort plus tard d’une pneumonie.

Mais ce n’est qu’en 1885 et dans les années suivanies que la question de la curabilité des cirrhoses est véritablement mise à l’ordre du jour. Après que TROISIER eut ouvert le débat en 1886 devant la Société Médicäle des

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Hôpitaux, suscitant les intéressantes interventions de . FÉRÉOL, LEGROUX, RENDU, LEUDET, LETULLE, DIEULAFOY, la discussion est reprise dans les thèses de RIBETON, COU- TRAY DE PRADEL, DESSAUX, FRANCON, WILLEMIN, qui cherchent à établir, d’après les idées de l’époque, les bases étiologiques, pathogéniques, anatomo-pathologiques et thérapeutiques de la curabilité des accidents péritonéo-hépatiques au cours des cirrhoses alcooliques du foie.

Et tout d’abord, leurs conclusions quant au pronostic de la cirrhose de Laënnec, sont à peine moins pessimistes que celles des anciens auteurs, confirmées en cela par la discussion de la Société Clinique de Paris (mars 1889) où MM. BOUCHARD, DAMASCHINO, GAUCHER et GiIL- BERT se sont trouvés d'accord pour reconnaître que, dans les cas de cirrhoses guéries qu’ils avaient observées, il s'agissait toujours de cirrhose à gros foie.

Plus tard, M. CHAUFFARD (1902) se montre moins catégorique et moins pessimiste en écrivant que « Si la guérison est l’exception dans les cirrhoses atrophiques alcooliques, elle est la règle dans les cirrhoses hypertrophiques, pourvu naturellement qu’intervienne un traitement méthodique et suffisamment précoce ».

DIEULAFOY, d’autre part, mettait tout espoir de guérison dans la production d’une hypertrophie compensatrice du foie.

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Cependant la publication par des auteurs tels que BONNET, RENDU, HANOT, de cas de cirrhose atrophique découverts à l’autopsie de sujets morts d’une affection quelconque, démontre l’existence de formes latentes de la maladie et élargit le domaine de cette affection qu’on avait borné jusque-là à l'étude des hépatites ascitogènes seulement. .

Dans un même ordre d'idées, des observations dues à LEUDET, SAUCEROTTE, CASTAIGNE, EYRET, GARNIER et OumaxskY font retrouver à l’origine de certains états hépatiques un épanchement-péritonéal parfois très ancien

et qui avait disparu spontanément, où à la suite de ponctions.

Tous ces faits ajoutés à ceux, rares, il est vrai, qu’on trouve dans la littérature moderne, de cirrhoses atrophiques cliniquement guéries après un nombre parfois élevé de ponctions (RIBIERRE et PARAF, E. CHABROL et J. COTTET) nous permettent d’envisager le problème de la curabilité de ces hépatites sous un jour un peu moins sombre que ne le faisaient les anciens auteurs.

Dans notre travail, nous nous proposons d’étudier des cas de guérisons cliniques de cirrhose atrophique observés dans des conditions très différentes.

Dans un premier chapitre, observations dans lesquelles la guérison est constatée à la période de latence de la cirrhose ; l’amélioration étant survenue spontanément ou après ponctions ; mais elle remonte déjà à une période plus ou moins lointaine et elle est de qualité variable.

Dans un deuxième ordre de faits, la guérison étant obtenue au prix d’un nombre de ponctions parfois très élevé, elle apparaît comme la terminaison quasi-providentielle d’une cirrhose de Laënnec avérée.

Après un aperçu rapide des particularités étiologiques et cliniques, nous insisterons surtout sur les caractères évolutifs de l’affection, le pronostic et l’appréciation de la valeur de ces guérisons, qui doit être envisagée du triple point de vue

de la curabilité de l’ascite chez les hépatiques ;

de la curabilité de la cirrhose elle-même ;

de la thérapeutique des cirrhoses.

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