‹ De la Curabilité des RétroversionsChapitre 11 sur 23 · OBSERVATION · texte numérisé non relu

OBSERVATION

(Due à l'obligeance de M. le Docteur Viozer.)

Rétroversion post-puerpérale, chez une malade à bons tissus, sans ptose. — Utérus métritique. — Réduction de la rétroversion quatre ans après l'accouchement. — Pessaire pendant un an. — Guérison. — Grossesse et accouchement depuis. — Maintien de la guérison.

M°° X..., de Montélimar, 26 ans.

Aucun antécédent héréditaire à signaler. Un frère mort d’une arthrite suppurée chronique de la hanche, probablement de nature bacillaire.

Aucun antécédent personnel, si ce n’est une crise douloureuse abdominale 1l y a sept ans, alors qu’elle était encore jeune fille, ayant exigé un mois de repos au lit, s'étant accompagnée de fièvre et s'étant terminée spontanément après une convalescence de deux à trois mois.

Mariée deux ans après, c’est-à-dire en 1902, elle devient enceinte très rapidement. Accouchement un peu difficile avec suites légèrement fébriles : 38°5 comme maximum. N’a pas nourri son enfant.

Depuis cet accouchement, a été soignée à plusieurs reprises et par plusieurs médecins pour de la métrite. On lui a

CR CRETE fait des pansements du col et de la columnisation. Depuis cette date également, c'est une malade qui souffre constamment des reins, des cuisses, qui ne peut faire beaucoup de marche sans être rapidement fatiguée. Les règles sont douloureuses, abondantes. De plus, elle souffre beaucoup de l'intestin : elle est très constipée, elle fait des glaires, des peaux dans ses matières, et elle attire fortement l’attention sur ses symptômes. On lui a dit, d’ailleurs, qu’elle avait de la colite muco-membraneuse, et on lui a fait suivre un régime sans beaucoup de résultat. Cette malade a maigri de 10 kilos, et depuis est devenue très nerveuse.

C'est à ce moment que je l’examine et que je trouve un utérus gros, douloureux, en rétroversion. La réduction en est assez facile instantanément, et on place un pessaire de Sims.

Comme la malade souffrait un peu de l’anneau, on place en même temps qu’un anneau plus petit, quelques tampons de glycérine, pendant une huitaine de jours.

La malade, qui n’avait pas eu un bénéfice immédiat de sa correction, nous écrit un mois après, qu'elle va beaucoup mieux.

Revue six mois après. Excellent état : l’utérus tient bien ; il a diminué de volume. Amélioration de l’état général. Il s’agit d’une malade bien musclée, ayant une bonne paroi abdominale, sans ptose.

Revue en novembre 1909. L’utérus tient bien. La malade a repris de l’embonpoint. Sur sa demande, on enlève le pessaire huit jours après. À un nouvel examen, l’utérus a conservé sa bonne situation.

Trois mois après l’ablation du pessaire, la malade devient enceinte. Accouchement à terme en janvier 1911.

Revue en juillet 1911. Cette malade va toujours bien et l’utérus est en excellente position.

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OBsERvATION II

(Due à l’obligeance de M. le Docteur Viozer.)

Rétroversion post-puerpérale. — Endométrite. — Légère paramétrite gauche. — Réduction un an après l’accouchement. — Pessaire pendant trois ans. — Guérison.

M"° L.., de Lagnieu (Ain), 30 ans.

Deux accouchements, l’un il y à trois ans, l’autre il y : un an. Soutire des reins et du bas-ventre. Au moment des règles, ces douleurs sont bien aggravées, à tel point qu’elles forcent la malade à se mettre au lit. À ce moment, ce sont surtout des douleurs en coliques. Les règles durent 7 à 8 jours, avec des caïllots quelquefois ; les douleurs sont surtout marquées les trois premiers jours. Dans l'intervalle, il existe des pertes blanches tachant le linge en jaune. Constipation.

Janvier 1908. — À l'examen : rétroversion au 3° degré. Métrite cervicale. Utérus gros et douloureux. Réduction à l’hystéromètre : pessaire. Pas de prolapsus, bon périnée. Paroi abdominale assez résistante, plutôt élastique, sans vergetures. Epreuve de la sangle positive : on conseille une ceinture ou un corset droit.

Avril, —— Les règles ont été bien améliorées. Continue à souffrir un peu du côté gauche du bas-ventre. À l'examen : un peu de paramétrite gauche. On met quelques tampons et replace un pessaire un peu moins grand.

12 novembre 1909. — Utérus en très bonne position. On sort le pessaire pour le nettoyer.

21 février 1911. — On enlève le pessaire. La malade est

revue au bout de quarante-huit heures. L’utérus n’a pas bougé.

29 mars. — T’utérus tient très bien sans anneau.

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OgservarTioN III

(Due à l'obligeance de M. le Docteur VIOLET.)

M X.., Saint-Claude (Jura), 31 ans. Mariée depuis neuf ans. Deux enfants à terme bien portants, le dernier il y à cinq ans.

Blennorrhagie maritale il y a quatre ans. Pertes jaunes, cuissons à la vulve, douleurs à la miction.

Grossesse avec enfant mort, il y a un an. Accouchement simple. Persistance des pertes blanches. Douleurs dans les reins et dans le bas-ventre.

Examen : suin 1909.

Béance de la vulve.

Bonne sangle périnéale, légère cystocèle.

Utérus rétroversé (3° degré), gros, douloureux.

Métrite cervicale.

Paramétrite gauche; ovaire gauche abaissé, légèrement kystique.

Urétrite chronique avec urètre béant, polypeux.

Endométrite : exploration au tampon.

Je conseille : désinfection, puis réduction à l’hystéromètre. Pessaire. Traitement général : fer, hydrothérapie.

Depuis, la malade a été revue tous les quatre mois. Le pessaire est très bien supporté.

En septembre 1910. — Suppression du pessaire.

En février 1911. — La malade est enceinte depuis peu. Utérus très bien placé.

N'a pas été revue depuis.

OBSEkvVATION IV

(Due à l’obligeance de M. le Docteur Gourrioup.)

) / à / Rétroversion constatée au cours de quatre grossesses et dans l'intervalle de celles-ci, cessant à partir de la sixième ou

septième, ne se reproduisant pas à de nouvelles grossesses et définitivement quérie.

M'° I. B.. présente, en 1885, au cours de sa deuxième grossesse, des vomissements incoercibles. M. Fochier reconnaît un utérus gravide en rétroversion. Les vomissements cessent après la réduction de cette rétroversion, au moyen d’un pessaire Gariel gonflé dans le rectum.

En 1887, au cours d’une troisième grossesse, on retrouve de nouveau la rétroversion : on la réduit de même avec un pessaire Grariel et la maintient par un pessaire de Hodge.

En 1888, en dehors de toute gravidité, on retrouve l’utérus en rétroversion, ce qui occasionne un certain nombre de malaises. Ceux-ci disparaissent par la réduction et le port d’un pessaire de Hodge.

En 1889, au cours de la quatrième grossesse, on retrouve encore la rétroversion et on la réduit par la position génupectorale (pessaire de Hodge).

Le 3 novembre 1893, au cours de la septième grossesse, on constate que l'utérus n’est pas en rétroversion, mais plutôt en antéversion. On note à ce moment « fait bien remarquable de non-reproduction de la rétroversion ».

Le 23 novembre 1893, on constate de nouveau que l’utérus est toujours en antéversion, malgré le retour de vomissements gravidiques assez violents.

A deux grossesses successives ultérieures, la rétroversion ne s’est pas reproduite. Cette femme a été suivie jusqu’en 1910 et examinée à plusieurs reprises : l’utérus était toujours en situation normale.

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