‹ De la curation de quelques-unes des maladies les plus frequentes ou les plus de l'espece humaineChapitre 16 sur 18 · A HT. XXIV. -^ DE LA NÉCBOSE · texte numérisé non relu

A HT. XXIV. -^ DE LA NÉCBOSE

M. Lémaire rapporte succinctement dans la deuxième édition de son livre deux cas de nécrose traités avec le plus grand succès par le coaltar dit saponiné, l'un par le docteur Dtrricau, de Bayonne, l'autre par lui-même. Cela ne l'empêche pas, comme on l'a vu invariablement, d'abandonner le coaltar enchanteur pour l'acide phénique qui enchante probablement davantage cacore. Voici le fait que M. Lemaîre rapporte en faveur de Tacide phonique, et qui, sans être tout à fait mer* veilleux, mérite cependant toute l'attention des chirurgiens:

c L'hiver dernier > (?) c Mme L..., 50 ans, fut atteinte d'un panaris aU pouce de la main droite. Un médecin fut appelé et fit, au dixième jour, une incision médiane. La malade continuait à souffrir horriblement malgré les émoUients employés en bains et en cataplasmes.

» Je vis la malade au quinzième jour du débat du mal. le pouce était très gonflé, le gonflement s'étendait à toute U

APPLICATIONS THÉRAPEUTIQUES DE L'ACIDE PHÉNIQtÈ. 311

i&aio, le poignet était aussi envahi. Les lèvres de la plaie étaient grisâtres, et le pus qui s'en échappait avait une odeur iétide. Je constatai que Tincision pratiquée par mon confrère n'avait pas été assez profonde. J'incisai plus profondément et reconnus que la phalange était nécrosée.

> Je conseillai l'emploi de Teau phéniquée au centième en bains, puis après eux > (nous copions) c on faisait le panse-* ment avec de la charpie que l'on maintenait imbibée de cette eau. La suppuration, qui était abondante le premier jour, diminua de plus de moitié après le premier pansement, la mauvaise odeur fut enlevée sur-le-champ.

» Les tissus prirent un aspect rosé, et, chose remarquable, au bout de quelques jours^ malgré une plaie profonde, je pouvais les presser en tous sens sans déterminer de la douleur.

> Le gonflement de la main et de la racine du pouce dispa^ furent rapidement. Deux lamelles assez épaisses de la phalange nécrosée sortirent facilement à quelques jours d'inter<* valle. Vingt-six jours de ce traitement ont suffi pour guérir radicalement ce doigt. »

M. Lemaire fait observer avec raison — on peut trouver par hasard de la raison partout — qu'on a vu, qu'il a vu môme amputer des doigts qui se trouvaient dans l'état de celui de M. L...; nous croyons même que la chirurgie officielle ne se ferait pas scrupule d'en amputei^ encore actuellement, sans se soucier de tenter préalablement Tapplication de la médication phéniquée. Hais ceux qui tiendront à ne pas mutiler leurs malades tiendront compte de l'observation qui précède, qui n'est pas d'ailleurs la seule de son genre.

Un des médecins qui ont l'habitude de fournir à M. Galvert des renseignements sur l'action médicale de Tacide phénique, M. le docteur Turner dit avoir employé avec succès cet agent dans le traitement d'ulcètes communiquant avec des os nécrosés; il a observé que l'acide phénijque favorisait Texfoliatidn de la partie nécrosée. M. Turner dit avoiir employé pour les pansements l'eau phéniqude à 2 et 1/2 p. 100. Cette proportion, ainsi que nous le dirons à l'article P/at0«, nous parait trop élevée pour les pansements des maladies de doigts quelles qu'elles soient.

312 DE L*ACIDE PUÉNIQUE.

On connaît la fâcheuse influence qu'exerce le phosphore sur le développement de la nécrose des maxillaires , chez les ouvriers qui travaillent dans les fabriques d'allumettes chimiques. M. Lemaire annonce qu'un fabricant a introduit chez ses ouvriers l'usage de l'eau phéniquée comme dentifrice pour tâcher de prévenir la maladie professionnelle ë laquelle ils sont sujets ; nous ne sachons pas que ce fabricant, du nom de Bernhard, ait fait connaître les résultats de l'innovation, d'ailleurs rationnelle, qu'il a introduite dans sa fabrique.

Art. XXV. — de l'ophthalhie.

Nous avons réservé pour l'article Ophthalmie ce que nous avions à dire sur les inflammations des diverses parties qai composent l'œil, sauf l'ophthalmie dite purulente, qui se rattachait trop intimement à la fièvre du même nom pour poofoir en être séparée.

Parmi les autres inflammations qui atteignent l'organe si délicat et si compliqué de la vue, la blépharite, la conjonctivite et la kératite sont les seules qu'on puisse atteindre directement et sur lesquelles , par conséquent , la médication phéniquée puisse ôtre appliquée topiquement. Son action est, dans ces cas, des plus avantageuses, et bien supérieure aa nitrate d'argent , préconisé dans un temps par Velpeau avec l'ardeur qu'on aurait à peine pu mettre à défendre une grande découverte comme celle du quinquina. Pourtant, l'utilité du nitrate d'argent , appliqué en cautérisations légères à l'étal solide, ou en collyres, à Tétat de solution étendue, n'a qu'une efficacité des plus bornées, et Velpeau lui-même, sans l'abandonner entièrement, n'y attachait guère plus d'importance, i la fin de sa pratique, qu'à la plupart des moyens déjà préconisés, le sulfate de zinc, le précipité rouge, etc., etc. Néanmoins cet enthousiasme à faux, loin de nuire à la réputation de Velpeau, contribua beaucoup à l'étendre; lui et son nitrate d'argent étaient cités partout; le nitrate d'argent fut considéré pendant quelque temps comme le grand spécifique des opbthalmies, des conjonctivites, tout au moins, granuleuses on non ! Les moulons de Panurge se rencontrent partout, sor-

tout quand le premier qui saute est un mouton de qualité, et ils sautaient encore quand celui-ci élait rentré dans la bergerie; il y en a même qui continuent à sauter, après qu'il est mort.

L'acide pbénique n'aura pas eu la bonne fortune du nitrate d'argent; mais il aura eu celle du quinquina; c'est du reste celle qu'il devait avoir ; elle est un peu plus honorable, et elle sera un peu plus durable aussi.

Dans la Conjonctivite ordinaire, desimpies lotions fréquentes avec une solution phéniquéeà 12 p. lOOsuffiront pour la détruire en quelques jours ; chez certains malades, très-sensibles, cette proportion provoque quelquefois des douleurs un peu vives; on pourra, dans ces cas, commencer les lotions par une solution à 1/4 p. 100, et arriver progressivement à celle de 1 p. 100, si l'amélioration ne marche pas assez vite. Quand l'ophthalmie parait entretenue ou favorisée par une mauvaise disposition générale, lymphatique ou scrofuleuse, l'usage interne du sirop phéniqué devra être associé aux préparations topiques, sans préjudice , du reste, des agents spéciaux que la disposition organique pourrait indiquer, ferrugineux, iodiques, élixir Bernard, etc. Lorsque l'inflammation se concentre sur les bords libres des paupières où elle est souvent si tenace, au lieu d'appliquer une solution aqueuse, il sera préférabled'enduire les parties enflammées avec un glycérolé composé de 90 parties de glycérine et de 10 d'acide pur; en cas de disposition scrofuleuse, il faudra revenir à la keiméline. On aura soin, après chaque cautérisation , de laver l'œil à grande eau, afin d'enlever toute trace d'acide phéniqué de la conjonctive, pour des motifs que nous dirons ci-dessous.

La blépharite cédera rapidement à ce traitement topique. On fera ordinairement céder de même l'orgelet; cependant, chez les personnes qu'une idiosyncrasie (1) particulière dispose à [^ette petite maladie, qui se reproduit et finit parfois par détruire les cils et môme déformer les paupières, on sera obligé parfois de toucher la petite pustule avec un pinceau fin, imbibé d'eau de Montecristo; une seule cautérisation suffira,

(1) Nous nous servons, pour éviter les périphrases, de ce mot de la vieUle mé> deciae; on peut voir, à V Introduction j le sens «lue nous y attachons.

Il 4 m L'ACIDB PHÉKIQDB.

daas la plupart des cat, pour faire ayorter la maladie, et l'usage proloogé de celle ean en lotions légères à la fin de la toilette, fera ensaite disparaître la dispoaitioB locale des paupières à être envahies par Forgelet.

La kératite cédera, qnoiqae plus lentement » aox mêflies moyens que la conjonctiTite , si elle n'est pas ulcérée. Lonqu'elle est compliquée d'ulcérations on d'épanebementsinterrti* tiels qui puissent en faire craindre les suites, on derra recoirir aune préparation pbéniquée plus légère et additionnée d'eaa de roses et de borax, la gtffcoUme de GrilUm; on pourra même (aire des applications caustiques phéniquées ayee la pointe d'un pinceau sar la pustule, mais il faut faire cela très-délict* tement et ne toucher que la partie souleyée ou ulcérée. Ces cautérisations sont un peu plus douloureuses que celles à la pierre infernale ou à la pierre divine, mais elles sont beancosp plus efficaces. On verra, par l'exemple que nous allons rapporter, qu'elle peut souvent suffire seule, même dans des cas qn'on pourrait supposer être au-dessus des ressources de TarL

La kératite tient plus souvent peut-être encore que la coojonetivite et la blépharite à une disposition générale ; il iaat la combattre par les moyens de la vieille nédeeiBe. Hotte expérience n'est pas encore assez grande dans les maladies des yeux pour pouvoir préciser, dès à présent, le rôle que Tseide phéniqoe doit prendre parmi ces mo3fens; ce que nous poa* vous dire, c'est que ce rôle a été considérable dauas plusiesrs cas de conjonctivites rebelles que nous avons traitées et gaé* ries , et que l'usage interne de l'acide phénique eH toujean exempt d'inconvénient (1). Nous conseillions, par eoMéquest, d'associer cet acide aux moyens à l'aide desquels on essaiera de modifier les dispositions générales morbides qui favorisent le développement de la kératite comme les autres inftammatiens oculaires, en général.

Nous n'en exceptons pas Viritis ni les inflammations encore plus profondes, rétinite , choroldite, etc., qui sont soustraites

(1) Le même ioduslrid qui tftit d^ tccusé Vêââe phéaiqiie d'être ■ caustique des plus violeuts Tient encore de répéter It même •ccuiatkwi diW longue lettre publiée ptr un journal, qui croit être fait plas q«e to«t urtre f^ édairer le peaple et propafçer la ? érité. On oe répond p«i dcu fm mn iaef^ Mi aux meofOBS^ cùoAH de ce» ^eùdimra à ovlrtaee de drifti mm nkir.

à l'action des topiques. Il ne reste contre ces maladies que la ressource des médications générales , ferrugineux , antisyphilitiques ^ etc., sur lesquelles nous n'avons rien à dire, ici, si ce n'est pourtant qu'on devra toujours faire entrer dans ces médications l'acide phénique^ et qu'on devra éviter presque toujours, au contraire, d'y comprendre les émissions sanguines, dont quelques rares praticiens abusent encore, quoique la manie en soit un peu passée. On va voir, par le fait suivant, que sans cet auxiliaire obligé des vieilles médications, la nouvelle peut triompher de cas jugés incurables.

Obi, *- Marie Chardonnet, âgée de 12 ans, pensionnaire chez les sœurs Saint-Vincent de Paul, a été prise d'une ophthalmie double au mois d'octobre 1871 ; la maladie a débuté par une tache sanguine, un bouton de sang, dit-elle, dans l'intérieur de l'œil j c'est-à-dire sur la conjonctive oculaire et non sur les paupières où se développent d'ordinaire les boutons. Peu de temps après le début de la maladie , la petite malade fut visitée par le docteur Beaudoin qui prescrivit un collyre à l'eau de rose et au laudanum , et de Thuile de foie de morue. Ce traitement a éié invariablement suivi jusqu'au 2 fé*" vrier 1872, jour où le docteur Beaudoin a dit à la mère de la petite malade : c Vous voyez bien que c'est un enfant qui perd l'œil. 1 Les choses étaient, en effet, bien changées depuis le mois d'octobre : l'œil gauche était en train de se perdre comme l'avait dit le docteur Beaudoin, et le droit paraissait devoir suivre le môme chemin.

La cornée gauche était largement ulcérée et même au centre de l'ulcération existait une perforation par laquelle s'écoulait l'humeur aqueuse chaque fois que la petite malade ouvrait l'œil; la conjonctive et l'iris étaient vivement enflammés; celui-ci commençait à faire hernie ; il existait des douleurs intenses.

La cornée droite était le siège d'un épanchement purulent interstitiel , et elle était ulcérée à son bord ; mais il n'existait pas de perforation ; on ne voyait pas l'iris, mais la conjonctive était violette tant l'iDJection sanguine était intense ; la douleur était à peu près aussi vive que de l'autre côté. La malade ne

31S l)£ L*ACU)E PHENIQUE.

pouvait dormir ; elle mangeait à peine. L'état général élait mauvais; la constitution était trè&-lympha tique.

Je prescrivis à Tinlérieur 2 cuillerées de sirop phéniqoé et une cuillerée d'élixir Bernard; je pratiquai une injectionsooscutanée de 5 grammes d'eau phéu'quée à i p. iOO et la glycoline de Grillon avec cinq centig. d'alropine.

Dès les premiers jours de ce traitement, la modification produite fut saisissante : le 15 février, après 12 jours de traitement, la cornée gauche est cicatrisée ; la droite est en voie de guérison et ne s'est point perforée, comme tout devait le faire craindre; l'injection conjonctivale est considérablement diminuée ; la petite malade dort et mange. Quelques semaines pins lard, elle était eniièrement guérie.

Deux mois après sa rentrée chez les sœurs, une récidive eut lieu; elle fut promptement réprimée par le même traitement, moins les injections sous-cutanées. Une seconde récidive eut lieu encore, qui fut réprimée de même ; et depuis, la guérison persiste malgré des conditions hygiéniques qui ne sont pas des plus favorables.

Aucun médecin habitué à soigner des maladies des yeux ne pensera qu'une telle cure eût pu être obtenue par aucune des médications en usage, et obtenue surtout avec cette promptitude, non-seulement sans perte de la vue du côté droit, — perte qui suit presque inévitablement les perforations de la cornée, et que le docteur Beaudoin , instruit sans doute de ce fait, avait formellement pronostiquée, — mais même sans affitiblissèment sensible. Ce qui n'empêchera peut-être pas le docteor Beaudoin de s'en tenir encore, une autre fois, au collyre d'ean de roses et de laudanum, et à l'huile de foie de morue.

Cette ophlhalmie est la seule aussi grave que nous ayons guérie par la médication phéniquée , — sauf les deux cas d'ophthalmie purulente rapportés précédemment; mais nois en avons traité un grand nombre d'autres fort graves encore, avec le même succès , notamment plusieurs cas d'iritis dont

deux fort sérieux, chez MM. Org et Mac G Nous avons,

dans ces cas, employé en topique un collyre composé d'eau de roses, d'atropine, de glycérine et d'une très-minime propord'acide phénique, une goutte pour trente grammes par

exemple; la conjonctive est très-sensible à l'action de Tacidc phénique, et pour les collyres une dose minime est de rigueur- Du reste, le produit que M. Grillon, pharmacien, prépare sous le nom de glycolinet renferme les divers principes que nous venons d'énumérer, dans les proportions convenables, et c'est de ce produit que nous nous servons habituellement.

Nous n'avons rien ù ajouter à ce que nous avons dit de cette maladie^ à l'article Carie. Nous nous contentons d'y ajourner.

Art. XXVI. — de l'otite et de l'otoerhée.

M. Lemaire reproduit dans son livre une note publiée dans la Gazette médicale du 10 décembre 1859, par Menière, de son vivant médecin de l'institution des Sourds-Muets, et dans laquelle ce médecin déclare qu'à l'aide de l'émulsion de M. Le Beuf, « il a pu rendre tout à fait supportable le séjour dans les dortoirs, où ils étaient un objet de dégoût pour leurs camarades, des malades dont les oreilles, baignées par un pus ichoreux, portent avec eux une odeur repoussante et tenace. »

c J'ai employé, ne manque pas d'ajouter M. Lemâire à la suite de la précédente note, plusieurs fois l'eau phéniquéeau centième, et à 1/2 p. 100 dans des otorrhées chroniques infectes avec le même succès ; » c'est une variante de la fameuse phrase : et de V acide phénique.

En prenant cette variante au sérieux, il en résulterait que M. Lemaire a obtenu, à l'aide de lotions avec l'eau phéniquéc à 1 et à 1/2 p. 100, la disparition de l'odeur plus ou moins fétide que provoque toujours l'otite et surtout l'otorrhée ou catarrhe de l'oreille, et encore plus la carie des os de cet organe. Ce résultat ne pouvait ni satisfaire notre ambition ni réaliser nos espérances ; nous avons cherché et obtenu mieux que cela, ainsi que le prouvent les faits suivants pris parmi un grand nombre de semblables.

Obs. — Le petit-fils de Mme W , âgé de 12 ans, était

atteint depuis plusieurs années déjà d'une otite suppurée qui avait résisté à une foule de médications , appliquées ou prescrites par des confrères experts dans les maladies des oreilles.

318 DE L'ACIDE PHÈNIQUE.

Quand je le vis, la sappuralion des oreilles était assez abondante, fétide ; mais nulle part on ne sentait ni on ne voyait, à l'aide du spéculum, les os dénudés; l'inflammation était bornée à la muqueuse ou du moins celle-ci n'avait pas été perforée. Dès le premier jour où je vis l'enfant, je pratiquai plusienrs injections avec de Teau phéniquée à i p. 100, puis une longue pulvérisation (d'environ 15 minutes), au moyen de mon pulvérisateur avec le même liquide. Le jeune W ayant une constitution lymphatique , je prescrivis, en outre, 4 cuillerées par jour de mon sirop phéniqué.

Le premier effet de la médication fut la disparition de l'odenr fétide qu'exhalait surtout l'oreille gauche du jeune malade; nn second effet, qui suivit presque immédiatement le premier, fut la diminution de la suppuration et la cessation des douleurs, peu intenses d'ailleurs.

Le traitement fut continué pendant six semaines après

lesquelles le jeune W fut complètement guéri et put aller

consolidpr sa guérison aux bains de mer.

Sur la plage de Dieppe, il fit la connaissance d'un jeune garçon du pays, M. Favrel, ftgé de 13 ans, et qui était atteint de la même maladie que celle dont il avait été guéri lui*niéme, mais d'une manière plus grave. La grand'mère du petit guéri, M2»e W..., engagea les parents du jeune P.... à mêle conduire, et c'est ainsi que je le vis dans mon cabinet, le 12 décembre 1871.

Cet enfant était alors malade depuis six ans; depuis cette époque, un écoulement de matière séro-purulente, fétide, s'était établi et n'avait jamais cessé depuis; il s'était, en outre , formé autour des oreilles, à diverses reprises, des dépôts « énormes, » disent les parents, qui avaient abouti et donné issue à un abondant écoulement de liquide analogue à celui qui s'écoule actuellement des oreilles ; plusieurs de ces dépôts ont laissé des marques qui semblent devoir être indélébiles. Presque aussitôt après l'établissement de la suppuration, l'ouïe devint dure, et peu de temps après, l'eufant la perdit complètement; il y a donc près de six ans qu'il est sourd.

Divers traitements ont été dirigés contre celte grave affec-

tion , d'abord par M. le docteur Riol, de Dieppe, puis par M. Remaussin, d*Ouville-la*Rivière , enfin par M. Garon , de Dieppe; aucune amélioration n*a pu être obtenue.

Dès la première visite du petit malade, je procédai à un examen attentif de ses oreilles, et je pus constater que le mal s'étendait plus profondément que la vue ne pouvait porter à l'aide du spéculum auris; de plus^ un stylet fin introduit dans les organes permettait de s'assurer que les os étaient à nu; il parait d'ailleurs être sorti déjà de petits fragments osseux mêlés au pus ichoreux et fétide qui s'écoule incessamment. 11 existe une surdité presque absolue. Au-dessus et en arrière des oreilles existent des traces d'abcès cicatrisés, et de petits foyers purulents encore en activité.

Ce jeune homme ne pouvant séjourner que peu de temps à Paris^ Je lui applique un traitement aussi actif que possible : deux pulvérisations prolongées, par jour, avec de Teau phéniquée à 1 p. 100; 4 cuillerées de mon sirop phéniqué; et dans l'intervalle des pulvérisations, plusieurs injections avec la même eau que celle des pulvérisations.

Le 23 décembre 1871, jour où lo malade quitte Paris, je constate une énorme diminution de la suppuration qui est devenue quasi séreuse; elle est, en outre, il est à peine besoin de le dire, entièrement inodore ; les foyers extérieurs étaient également en grande voie d'amélioration; enfin, point capital, le jeune malade commençait à entendre. Il fut convenu que le sirop et les injections seraient continués exactement à domi« cile, les pulvérisations né pouvant être pratiquées.

Le 16 janvier 1872, je reçus de premières nouvelles; le traitement avait été continué avec soin ; l'amélioration avait fait des progrès; un petit fragment osseux était sorti par la seule petite plaie restant en dehors de l'oreille^ laquelle était maintenant presque entièrement cicatrisée; « le petit maïade en* tend , m'écrivait avec bonheur son père, ee dont tout le monde est étonné, i — - Je n'avais, naturellement, rien à changer à une médication qui produisait de tels efl'ets ; j'en ordonnai purement et simplement la continuation.

J'ai encore eu des nouvelles de ce malade tout dernière* ment et j'ai appris que la guérison est devenue complète.

S20 OE L*ACIDE PHÈNIQCE.

Il y a ca une petite rechute au lioni de quelques mois; il s'est formé de nouveau autour d'une oreille de petits abcès qui ool donné issue à quelques parcelles osseuses, et presque aussilôl le retour de la suppuration s*est manifesté dans les oreilles; mais les injections phéniqnées ont fait promptement justice el des petits abcès et de la suppuration de l'intérieur de Toreille. Aujourd'hui, 1*' octobre 1872, la guérison parait à peu près définitive.

Je ne dirai pas que j'ai à citer beaucoup de cas semblables; mais je crois pouvoir dire que si celui-là est le seul, c'est que c'est aussi le seul semblable que j'aie eu à traiter ; j'ajouterai que l'insuccès des traitements faits antérieurement prouve que nulle autre médication que la médication pbéniquée n'aurait obtenu un pareil succès. Mais à défaut de cas aussi graves, j'en ai traité plusieurs qui ne laissaient pas que de l'être encore beaucoup; et la preuve, c'est que plusieurs avaient résisté à divers traitements, même parfois à un traitement pbéniqué, mais appliqué, il est vrai, sournoisement, j'allais presque dire subrepticement, par un académicien spécialiste, le docteur Bonnafond , qui n'a pas cru devoir se donner la peine de l'étudier, et qui feint même, à l'occasion, de n'en pas connaître l'auteur. C'est ce qu'il feignit, par exemple, vis-à-vis d'un client égyptien à qui il demanda 1,200 fr. pour 20 cautérisations qu'il lui avait pratiquées, et qui ne lui avaient fait aucun bien , quoique le caustique employé sentit l'odeur de l'acide phénique ; cette odeur que le client connaissait trèsbien, lui fit demander au docteur Bonnafond s'il le traitait par la méthode du docteur Déclat ; à quoi le savant et loyal collègue de M. Larrey répondit qu' « il ne connaissait même pas le docteur Déclat, > ce qui, dans son esprit , impliquait sans doute qu'il connaissait encore bien moins sa méthode. Or, si ce spirituel et véridique académicien ne connaît ni mon nom ni ma méthode , on peut se demander où il a appris l'emploi de l'acide phénique ; il est vrai qu'à la manière dont il fait cet emploi et aux résultats qu'il en obtient, il se pourrait bien qu'il eût inventé sa méthode lui-même. Voilà donc encore un rival de plus à ajouter à la liste des Chauffard , des Sanson , des Mandl et Cie ; seulement les Mandl et Bonnafond forment

une catégorie parliculière, qui dissimule remploi de Vacide phéniquc, au lieu de prétendre l'avoir inventé. Le cas du client égyptien qui vint me faire part de son aventure, était heureusement peu crrave, malgré les 20 cautérisations ; je pus lui permettre d'aller faire un tour à Alexandrie où l'appelaient des affaires importantes, et il partit en se promettant de venir suivre ultérieurement le vérilable traitement phéniqué.

L'état de la duchesse de B , dont il a déjà été question

à l'article Angines, et à qui M. Mandl enlevait tous les jours un petit morceau d'amygdales, et qu'il pansait par l'acide phé* nique, était dans un état plus grave : elle était obligée de venir chez moi avec un cornet pour pouvoir entendre mes questions. Elle avait suivi en vain une foule de traitements sans compter le dernier du docteur Mandl , qui était une sorte d'ablation d'amygdales en détail ; cette méthode d'amputation à coups de canif a probablement un nom dans la médecine opératoire de l'habile laryngiste, mais il paraît l'avoir conservé jusqu'à présent pour son vocabulaire particulier. Après un mois de pulvérisations énergiques, et sans aucune hachure d'amygdale,

la duchesse de B put entendre sans cornet , et elle rentra

dans le monde pleine de reconnaissance pour le traitement

phéniqué..., celui que ne connaît pas l'académicien Bonnafond.

Un autre cas, plus sérieux que celui de la duchesse de B....,

quoique moins grave que ceux des jeunes W et F , est

celui du colonel B qui figure déjà à l'article fièvres intermittentes, comme cas remarquable de guérison, et qu'on avait laissé pour mort sur le champ de bataille de Beaumont. Non-seulement le sulfate de quinine dont ce brave colonel avait été bourré, ne l'avait point guéri de sa fièvre intermittente, mais il lui avait causé, de concert avec l'hydrothérapie mal appliquée, une dyspepsie des plus graves et une surdité presque absolue. Les injections sous-cutanées ont, on se le rappelle, fait une prompte justice de l'infection paludéenne; il restait à dissiper la dyspepsie et la surdité; c'était un peu plus difilcile et plus long. Nous avons cependant attaqué depuis la surdité par des pulvérisations énergiques , et il y a quelques jours, nous avons eu la vive satisfaction de voir entrer dans notre cabinet ce sympathique client, qui s'est écrié

ttS DE L*ACIDB PHÉNIQUB.

avec joie : t I>o€leur, il y a qdc cloche dans mon h(ttel, je l'ai enteadae ce matin ; j'ai entenda aussi chanter : caratUt et mmweis f Ah ! doctenr, si tous me mettez à même de prendre ma reraBche, je Yoas porterai snr les tonrs de Notre4yuDe! > Tespère hien faire entendre les cloches, le tamhonr et leeUiroB à mon aimable sourd tont anssi bien qn'il entend le patriotisme, et cela sans Ini demander l'accomplissement dv fss ^11 a fait; je n*ai pas l'ambition de monter si hant; qtH ft^êrîsse et qnll m'aide à avoir raison de pintes litténdiei q«î ne valent fuère mienx qne les voleurs de pendules oa les piarasites des marab pontins, et je serai satbfait; je l'avertis senlement qne la lâche est difficile et digne de son coirap, H qm'à notre avis, il est pins facile de détruire toutes les races de parasites des cinq parties du globe que celle des plagiaires. Qs^nt à ma tâche, à moi, en ce qui concerne la surdité de «ton brave client, quant à ce qui concerne sa dyspepsie, no«s verrons, je ne compte guère mériter son entière reeoonatssanee.

IVtas des eas moins graves de catarrhes simples, soit di foaKlnit andîtif ealeme , soit de la trompe d'Enstache, quel- ^mes pulviêrtsatioas avec on sans injections snflSsent ordioaiivat^'nt pomr rendre à TonTe sa finesse normale. Dans les cas «4 la trempe dTnstache est intéressée, il faut faire des paiféri:$atioas nasales et même pharyngiennes, en même temps qie d(^> pal^r^^lloBsaaricnlaires. Les surdités produites par des accttmttlatioas de cémmen sont ordinairement dissipées ei (ieu\ pulYt^rîsatioBs suivies d'injections.

Artois, tes sunittés avec ou plas souvent sans catarrhe soQt ct^mplîqTtées ou même causées par une tnbinflammatioi ec.fit?{n:iteiz$e dtt conduit aaditif : la muqueuse est alors parfois goitâ^* att point de rendre difliciTe ou imparfaite la péiéirftVion de ta ponssièn^ phéntquée ; c'est ce qui m'arriva dais \jta ca$ qttt avait été rebelle i plusieurs traitements. Le ces-

d\tU aitOiiùf externe de X»* T était presque compléteBett

oMUén^ p<ir un goo Sèment eczémateux; je fus obligé, pov 1^1 r\^ p<$tt4Hrer li pulvérisation^ d'introduire dnns le e«finit a^Xtiit (Taborti un fragment d'épongé préparée, pli* fttine dt gentiane; cette précaution prise, lespnhfri-

utions purent être pratiquées coDveDablement, et elles eurent knr efficacité accoutumée : après quelques semaines, elles amenèrent la guérison, associées, cependant, à des pansements ayec un mélange d'iode, d'iodoforme et d'acide phénique qui Mt désigné sous le nom de keiméline^ et à l'usage interne du sirop phénique. Dans les diathèses dartreuses et scrofuleuses, qui compliquent si souvent les catarrhes de l'oreille ou les subinflammalions sèches de cet organe, cette double usociation est un complément souvent indispensable des pulvérisations et injections.

Ce sont là de bien petits détails pour les académiciens qui cherchent surtout à traiter des maladies ; aussi ces grands savants, comme l'académicien Bonnafond^ dédaignent d'apprendre ces détails ; mais pour les praticiens modestes qui tiennent à guérir^ et qui y sont obligés pour peu qu'ils aient quelque souci de leur réputation, ces détails sont absolument indispensables. Nous en prévenons les confrères qui ne veulent pas ressembler aux grands savants de Molière, qui sont faits pour prescrire des remèdes ; le reste regarde les malades.

Art. XXVil. — de l*ozêne<

L'ozène, trop justement désigné aussi sous le nom depunaisie, m'avait déjà fourni l'occasion , lors de la publication de la première édition de cet ouvrage, d'obtenir deux cas de succès que j'osai qualifier alors de quasi-extraordinaires ; on va voir si mon appréciation était exagérée :

Obs, — M. le docteur Kerner, un ami, m'adressa un jeûne comte allemand, sur lequel il eut l'obligeance de me donner lui-môme les renseignements suivants :

M. le comte X est âgé de 24 ans; l'infirmité dont il est

atteint parait remonter à l'âge de 7 ans. Sa mère lui a appris que jusqu'à cette époque il n'avait jamais offert aucune odeur particulière de la bouche ni des fosses nasales. Au renouvellement de la dentition, la première molaire du maxillaire supérieur poussa en travers de l'os maxillaire lui-même, dévia la dent canine et produisit des désordres dont le diagnostic resta

3Sft> DK L ACIDR PHÉNIQUK.

longtemps doaténx. On erat à on cancer dn maxillaire et w opération fat rësolne. Henrensexnent» le doetenr lerner, a^ avoir enlevé les denx inciâves et la dent calmiez recouitla présenee d'ane dent an milieu des fiingoailés de Tos. E pit facilement l'extraire et obtint la guérisoa en très-pes de Coups. X. X avait ziors 9 ans. Toutes les denta du maxiUaiie saper ieur étaient malades et les ^neives ^aicmanu^ On atmte d'abord la mauvaise odeur du jeune malade à ^ tumeur, pus aux geneives; malheureusement, il fallait bien reconnaître la

vérité : M. X était atteint d'ozène , et d'^uu de cesoièBes

affreux rendant l'habitation en conunun. presque inpossible. De toutes les médications que l'on tenta, une seule eut hb efki palliatif assez effieaee, dit-on, ce fut celle du docteur Troisseau, légèrement modifiée par le père Debreyne : on administra la poudre suivante pour priser plusieurs fois par jour :

Précipité blanc 2 grammes

Oxyde rouge de mercure i —

Sucre candi 12 —

Et en solution , pour injections dans les fosses nasales , nnc cuillerée à café dç la liqueur ci-après, dans nn verre d'eaa chaude :

Deuto-chlomre de mercure. . . 4 grammes Eau distillée alcoolisée 200 —

Malheureusement , une stomatite mercurielle força de suspendre le traitement, et chaque fois que M. X voulut le

reprendre, la stomatite l'obligea fi le cesser.

Tel est le résumé des détails que je reçus du docteur Kerner, en môme temps qu'il m'annonça l'arrivée prochaine de son client.

M. X se présenta, en effet, chez moi, le 17 février iStio.

Il n'eut pas besoin de me dire qui il était. L'odeur était vraiment presque insupportable , et avant d'engager une longue conversation avec lui, j'obtins du malade qu'il se soumit de suite à une iojection d'eau phéniquée à 1 et demi p. 100. U

avait déjà fait tant d'injections de toute nature , qu'il supporta celle-là très-bravement. Je pus tout de suite lui parler; l'odeur avait sensiblement diminué. Je prescrivis l'eau phéniquée en injections, en aspirations , en gargarismes et eu lotions de toute nature. Je fis quelques cautérisations à l'acide pur sur les points dont je voulais modifier les surfaces.

Le 15 mars, M. X.... repartait pour TAliemagne. Toute odeur avait disparu.

Pendant son séjour à Paris , M. X .... se fît arracher quelques mauvaises dénis ; on lui fil un ràlelier bien réussi, de soric qu'à son retour en Allemagne, l'amélioration obtenue parut des plus surprenantes. J'ai eu le plaisir de voir, en août 1865, le docteur Kerner; il m'a confirmé la guérison.

Je dois ajouter que, dans la crainte d'une récidive, M. X

continue son traitement tous les jours. Ainsi il boit depuis sept mois de l'acide phénique, et sa constitution s'est beaucoup améliorée. Cette amélioration peut sans doute tenir à plusieurs causes, et je ne l'attribué pas absolument à l'acide phénique, mais je constate que l'usage continu de ce médicament est au moins inofifensif.

Le second cas d'ozène que j'eus à traiter était moins grave que le précédent , et je le traitai exclusivement dans mon cabinet ; n'ayant point de notes, je n'ai que peu de détails sur ce cas. La maladie existait chez une dame, M^e M***; l'odeur qu'elle répandait était assez prononcée , mais non comparable à celle de M. X Je vis M°^e M*** pour la première fois, le 23 janvier 1865, et ne la revis que deux fois ensuite, le 30 janvier et le 15 février. Pendant ce temps, elle avait suivi exactement le traitement que je fis subir à M. X..., et à la dernière visite qu'elle me fit, l'odeur était inappréciable. Le mari de la malade était parfaitement satisfait du résultat obtenu et me remercia beaucoup.

M. Lemaire rapporte aussi quatre observations d'ozène , mais d'ozène dont la gravité n'est en aucune façon comparable à celui de M. X , mais seulement à celui de M™^ M***.

Le premier de ces ozènes a été traité exclusivement par les injections de coaltar dit saponiné; il a d'abord, dit M. Lemaire» parfaitement réussi, et finalement échoué, parce que,

3M DE L'ACIDE PUEMuUE.

parall-ii, la malade, une jeune fille, a manqué de persévé- l rance. La seconde observation a été traitée par les ÎDjeclions 1.. de coaltar et par les aspirations de vapeurs d'acide phénique. L'observation est incomplète; seulement le traitement avait écboué d'abord, et M. Lemaire s'était décidé pour les injections phéniquées quand le malade a disparu- Un troisième cas d'ozène, mais qui n'était qu'un coryza commençant à passer à l'état chronique (il datait de 3 mois), a été encore traité par les injections de coaltar, et les aspirations de vapeurs d'acide phénique ; il a été guéri en huit jours, ce qui est trop prompt pour un véritable ozène.

Enfin, un quatrième cas , encore médiocrement grave, mais plus grave cependant que les trois autres, a été traité par l'acide phénique; M. Lemaire le rapporte dans ces termes:

c Mlle M , âgée de 42 ans, femme de charge, d'une constitution lymphatique nerveuse, est atteinte d'ozène depuis cinq ans. Sa mère est morte d'un cancer à l'anus (1).

> La sus-nommée.» — (toujours un peu de basoche pour n'en pas perdre l'habitude ; cela ne saurait nuire) — « a suivi de nombreux traitements sans succès avant de me consulter.

> Je vis la malade en juillet 1863. fille se plaignait d'une douleur qui existait depuis longtemps dans la région frontale. Les fosses nasales étaient le siège d'une sécrétion très-abondante et fétide. Elle salit deux mouchoirs par jour, et mou lie souvent du sang en notable proportion. La cloison du nez est tuméfiée du côté droit. Elle » — (la malade, probablement) — c n'a jamais rendu de fragment d'os.

» Traitement. — lodure de potassium; tisane de racine de gentiane. Régime fortifiant; injections d'eau phéniquée an centième et aspirations d'air phénique.

> L'acide phénique a désinfecté rapidement les fosses nasales. Le produit sécrété a diminué après la première appli* cation. Ce traitement a été suivi régulièrement pendant quinze

(1) L'anus, comme tous les médecins le savenl, est uii orifice preMiiie éleudue et qui offre peu de place au développement d*an ctBCor et •urtmit (fH cancer mortel. Aussi les patbologistes ne connaisseut-iU pu le caoecr de rases; c'est une découverte de M. Lemaire, et plus réeUe, ceUe-là, que celle des app<i- CAlioiis médicales de Vac\de vVi^n^c^^^ «^ de la aolubilité à 5 p. ICO de cet Ki<ie.

% puis, la malade, se trouvant beaucoup mieux, s'est néigée. Alors la sécrétion a augmenté et la mauvaise odeur a ^ru. Mon traitement a de nouveau été suivi, et a donné mômes résultats, c'est-à-dire désinfection et diminution ^tx produit sécrété.

I Je n'avais plus entendu parler de cette malade, qui habite ■Oin de Paris, lorsque, au mois de juin 1865, elle vint me con- •tiller et m'apprit ce que je viens de rapporter. Elle m'avoua Qu'elle se négligeait beaucoup ; néanmoins je trouvai le mal amélioré, l'écoulement beaucoup moins abondant. La mau- 'Vtise odeur était presque nulle (je dois dire que l'acide phéiKliqne avait été employé le matin ). La muqueuse nasale est ^njours épaisse sur la partie antérieure de la cloison.

> Prescription, — Continuation du traitement par l'acide Xshénique. lodure de fer, quinquina. »

Là s'arrête l'observation de M. Lemaire. Il conclut en faisant ïPemarquer qu'elle est incomplète et que , dans le traitement ^el'ozène, tous les moyens < sont bien inférieurs au coaltar ^ Beuf et à Vacide phénique, i

Cette phrase, qui devient une sorte de scie idio-comique, X^ut plaire à M. Le Beuf, mais elle n'est évidemment qu'une ^nauvaise facétie scientifique. La vérité, c'est que le coaltar, ^it saponiné, n'a produit dans l'ozène, môme entre les mains ^e son expérimentateur commissionné , que des effets trèsincomplets et très-inférieurs à ceux de l'acide phénique. 11 ne ^*agit donc point de dire, pour se conformer à la vérité, que )e coaltar, saponiné ou non, et Vacide phénique sont supérieurs ^ tous les autres moyens ; il faut dire que le coaltar peut pallier l'ozène et que l'acide peut le guérir et môme le guérir prol)ablement toujours, quand il sera convenablement appliqué. Maintenant^ comment faut- il l'appliquer pour qu'il le soit convenablement? Ce n'est pas de la façon que nou^ avons employée dans nos premières expérimenlations; c'est encore moins de la façon qu'a employée M. Lemaire, aussi bien dans ses premières qu'e dans ses dernières. On a dit, depuis longtemps, qu'il y a du bon partout; le proverbe doit être vrai, puisqu'on en trouve même chez M. Lemaire. Notre imitateur a donc fait observer avec raison que la conformation des fosses

lin, de même que tous les corps gras, atténueot très-sensiblement, ainsi que nous l'avons vu ailleurs , Taction de l'acide pbénique; c'est pour ce motif que nous avons prescrit de préparer les cataplasmes avec la solution aqueuse phéniquée saturée (5 à 6 p. 100). Mais si l'on avait à traiter un panaris déjà suppuré et ouvert, et qu'on voulût le panser avec de Teau phéniquée au lieu de glycérine pbéniquéé , il faudrait se contenter d'employer de l'eau à 1/2 p. iOO , parce que les doigts, ainsi que nous le dirons ailleurs, ont une susceptibilité particulière à l'action de l'acide pbénique.

Art. XXIX. — des PLAIES.

Cet article important est tiré à part et constitue une partie de l'extrait qui suivra celui-ci.

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