‹ De la curation de quelques-unes des maladies les plus frequentes ou les plus de l'espece humaineChapitre 15 sur 18 · ET DE LA THORACENTÈSE · texte numérisé non relu

ET DE LA THORACENTÈSE

Dans la première édition de ce travail j'avais déjà fait connaître, très-succinctement il est vrai, mais d'une manière suffisante pour provoquer des imitateurs, deux cas de pneumothorax traités avec succès par la médication phéniquée, et dont l'un avait été observé par un médecin des hôpitaux de Paris., l'honorable M. Matice. Ces faits, tout remarquables qu'ils fussent, ne paraissent pas avoir porté beaucoup de fruits: dans une discussion académique sur la thoracentèse, qui dure encore au moment où nous écrivons ces lignes^ beaucoup de méthodes et de procédés ont été proposés et plus ou moins énergiquement défendus ; mais pas un des orateurs qui ont pris la parole n'a songé qu'il existe une méthode infiniment

supérieure à toutes celles dont il a été question dans cette discussion, ou, ce qui serait pire, s'il y a songé, n'a pas voulu le dire. En revanche, on y a fait une physique des plus fantastiques, et qui a dû bien amuser la section de physique de l'Academie des sciences, si, par hasard, elle a eu l'occasion de jeter les yeux sur les journaux qui ont rendu compte de cette discussion. M. J. Gaérin, on le devine sans peine, a exhibé ici la méthode par aspiration, déjà proposée sans succès contre la métro -péritonite puerpérale; et en effet, on pourrait, au premier coup d'œil, supposer que l'aspiration est, sinon avantageuse, au moins facile dans une cavité à parois solides comme la poitrine; mais^en réalité, cette aspiration n'y est pas l)eaucoup plus facile que dans le ventre ou dans lulérus : si le poumon est resté libre d'adhérences, ce qui est rare dans le cas d'empyème, il vient nécessairement s'appliquer à l'orifice ou «ux orifices de la canule d'aspiration et les boucher; et alors, si on continue à aspirer, on aspire ou du sang ou le tissu du poumon; s'il y a des fausses membranes flottantes, on les aspire, c'est-à-dire qu'on oblitère encore les orifices de la canule; enfin, si l'épanchement est assez fluide pour ne pas l>oucher la canule et si le poumon est rendu inextensible par <les fausses membranes, ou bien on développe les gaz du sang €u des fluides dans la poitrine, ou bien on y fait pénétrer l'air extérieur, soit entre les parois de la canule et le canal par lequel elle a été introduite, soit en causant quelque fissure, quelque gipture dans la surface pulmonaire et les fausses membranes qui la recouvrent ; ce qui est certain, c'est que le vide ne peut se faire dans une cavité comme celle de la plèvre; il faut que son contenu s'y trouve, ou à bien peu de chose près, en équilibre avec la pression atmosphérique. Pour répondre à ces objections qui lui ont été faites, mais mal faites il est vrai, M. J. Guérin a répondu par des explications qu'il comprend peut-être lui-même, mais qu'assurément aucun physicien ne comprendra et surtout n'admettra si, à défaut de les comprendre, il croit les deviner. « La crainte de produire des épanchements de sang dans la plèvre, dit M. Guérin, est chimérique^ lorsqu'on opère avec les précautions que j'emploie. » Or, quelles sont ces précautions ? les voici ; les comç\:euYv^ o^v

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ponrra : c Après avoir pratiqué les ponelions ayec le troeart, retiré cet instrnment et adapté la pompe aspiratrioe à la canule, M. Guérin a soin do faire l'aspiration avêe une ixirimè lenteur, suivant les mouvements de l'appareil respiratoire, s'arrétffnt pendant l'inspiration, pour reprendre au moment de Texpiration, de telle sorte que le liquide poussé peu à peu par le mouvement graduel d'expansion pulmonaire, s'engage ea quelque sorte de lui-même dans le corps de pompe, enehauant devant lui le piston. De môme le retour du piston ou sa rentrée se fait sans effort, l'instrument obéissant à la pression atmosphérique. Il en est ainsi toutes les fois qu*on pratiqao la thoracentèse sous-cutanée, lorsqu'on n'a pas laissé s'établir des adhérences considérables , que la perméabilité du poumon n'est pas détruite ; on lui permet alors de se déplisser an fnr et à mesure que le liquide est extrait de la poitrine. Dans les cas d'adhérences trop fortee et d'oblitération pulmonaire, M. Guérin se garde bien de faire le vide dans la poitrine. •

Il y aurait trop à dire sur toutes ces prétendues explications; il vaut mieux les livrer aux physiciens et aux anatomo-pathologisles, d'autant plus que personne n'a été tenté de pratiquer l'aspiration de M. Guérin, et qu'on en sera bien moins tenté encore, quand on aura bien voulu comprendre la supériorité de la médication phéniquée, ce qui est plus facile que de conprendre les théories du vide de M. Guérin. N'ayant pas sans doute compris ces théories^ M. Chauffard en a proposé une pins claire, c'est-à-dire plus clairement hérétique. Répondant à l'éminent chirurgien Sédillot, qui signalait les inconvénients qu'anraient les aspirations pratiquées pour faire le vide dans la poitrine, M. le professeur Chauffard objecta que : c Le vide n'existe qu'en théorie. A mesure, en effets qu'il tend à se produire, i» vapeurs se forment et font équilibre à la pression extérieurt. > Voilà l'étrange physique des vapeurs que H. Chauffard oppose à M. Sédillot, et que ses c notions élémentaires de pbysiqna permettent de concevoir et dont on aurait certainement la démonstration avec un manomètre. • {Gaz, méd. de Paris, 17 aoât 1872, p. 402.)

M. Chauffard ignore donc que le manomètre ne peat en rien servir à la mesxxte de \^ v^w^Vûti d^* vapeurs ; qoe la

tension de la vapeur d'eau, à la température de 40o cent, (qui est à pen près celle du corps, et par conséquent de la plèvre) est d'environ M millimètres, tandis que la pression atmosphérique est de 760 millim., et que dans aucune mécanique, élémentaire ou non élémentaire, il n'est rncore admis qu'un poids ou une force de 5't millimètres puisse faire équilibre à nn poids ou à une force de 760 millimètres ! Seulement, M. Chauffard a pour excuse qu'aucun de ses interlocuteurs n'en savait pjus que lui sur ce point, car aucun n'a rectifié ses étranges notions élémentaires, pas môme M. Barth. qui a écrit nn livre d'auscultation fort remarquable, mais où la partie physique, il est vrai, est parfois un peu négligée.

En revanche, si M. Barth n'a pas fait de bonne physique, il a fait d'assez bonne clinique, et il en aurait fait de meilleure encore s'il avait eu présent à Tesprit un fait que nous allons rappeler bientôt.

M. Barth a donc fait d'assez bonne clinique en disant que tous ces appareils d'aspiration étaient pour le moins inutiles, et que la simple ponction, le tube en caoutchouc de Reybard laissé à demeure, et des injections iodées donnaient les meilleurs résultats que l'on pût attendre de la thoracenlèsc; c'était, en d'autres termes, l'opinion de M. Sédillot, qui trouve, avec raison, qu'on n'a à peu près rien fait, pour Vopéraiion de l'empyème, depuis Hippocrate; on a seulement substitué les injections d'iode à celles de vin et d'huile. Notre illustre maître aurait eu complètement raison, il y a huit ans ; aujourd'hui^ il en est autrement. L'huile et l'iode sont des parasiticides assez puissants, mris qui sont loin d'égaler l'acide phénique. On pourra dono suivre^ quant à la ponction ou aux incisions, soit les préceptes tracés par Hippocrate^ soit le procédé do Reybard, pourvu qu'on substitue aux injections de vin, d'huile ou d'iode, les injections d'eau phéniquée, et l'administration de l'acide phé* nique & l'intérieur, comme nous le dirons plus loin. En pratiquant ces injections, tous les appareils aspirateurs sontinuti* les, lors môme qu'ils rempliraient physiquement le but auquel ils sont destinés, ainsi que toutes les complications de manœuvres opératoires ; car quel est le but de ces manœuvres , de ces appareils? empocher l'introduclion deV%\t dw!k%\^^^\'^*

304 DE L'ACIDE PHÈNIQUE.

Poorquoi altaclic -t-on et peut-on avoir raison d'atlacber de rimporlance à cette introduction? C'est ce dont il serait difficile de se douter en lisant la toute récente discussion dont nous avons déjà parlé. On dirait, vraiment, ou que cette discussion a eu lieu il y a vingt ans, ou qu'elle s'est passée dans quelque désert inaccessible aux échos du progrès. On semble ignorer absolument à l'Académie de médecine que. dans l'air, ce n'est ni l'azote, ni l'oxygène, ni l'acide carbonique, ni la vapeur d'eau qui peuvent avoir une action nuisible sur une surface enflammée ; que ce sont seulement les ferments, c'està-dire les micropbytes et les microzoaires que ce fluide renferme, que, par conséquent, pourvu qu'on détruise ces germes, ces ferments, on peut laisser impunément pénétrer l'air partout où l'on voudra, et que , dès lors, tous ces échafaudages d'appareils, aspirateurs ou autres, que toutes ces complications des procédés opératoires deviennent inutiles avec la nouvelle médication que nous avons inaugurée. Voici un fait qui le prouve surabondamment :

06«. — Le jeune Ferg , le fils de la belle Mexicaine,

H">c F..., âgé de 10 à 11 ans, présentait depuis longtemps des symptômes de tuberculisation pulmonaire; on le condoisil dans une vacherie d'Àuteuil pour lui faire respirer l'air des élables. Là il fut pris d'une pleurésie grave qui s'ouvrit un beau jour spontanément entre la troisième et la quatrième côte du côté droil; il sortit des litres de pus, parai l-i 1 , et Tenfant, qui était déjà fort mal, faillit passer plusieurs fois. Les jours suivants, la suppuration continua, abondante et fétide, et l'enfant dépérissait chaque jour et marchait assez rapidement vers une terminaison fatale et prochaine , quand je fus appelé, le 30 août 1867. Il y avait alors plusieurs jours que la rupture de la paroi thoracique avait eu lieu ; la suppuration s'écoulait incessamment; l'enfant étant au plus bas, je ne crus pas devoir lui imposer les fatigues de l'auscultation, et je me décidai sur-le-champ à appliquer la médication phéniquée, non sans de grandes appréhensions^ dont je fis part à la mère, sur le succès de mes cfl'orts.

Ua lavage à grande e^ixx de \^ c^\\t.é pleurale fat pratiquée

avec de l'eau phéniquée à 1/4 p. 100; trois injections phéniquées sous-culanôes de 100 gouttes d'eau phéniquée à 1 p. 100 furent pratiquées, et un pansement avec de la charpie imbibée de la même solution fut appliquée sur l'ouverture. Pour pratiquer le lavage, on dut traverser plusieurs cloisons pseudomembraneuses et les détacher autant que possible des parois pleurales, grave circonstance à ajouter à d'autres, si grandes déjà.

L'odeur fétide qui s'exhalait de la plaie disparut quelques instants après ce pansement ; dans la journée, la suppuration fat infiniment moindre ; le lendemain , l'enfant avait repris des forces; il parlait, s'occupait de tout ce qui se faisait autour de lui ; c'était une véritable résurrection ; les parents étaient émerveillés et ravis.

Le même traitement fut continué pendant huit jours encore ; puis, les injections sous-cutanées furent remplacées par le sirop phéniqué, le reste du traitement étant le même. Après quinze jours, le petit malade était assez bien pour qu'on pût le transporter chez ses parents, dans un hôtel aux Batignolles. Là, un de nos excellents confrères, M. le docteur Kuntzii, voulut bien se charger de continuer les injections phéniquées dans la cavité qui restait encore, puis dans quelques trajets fistuleux; plus tard , la mère, devenue fort habile dans 1 art des pansements, 86 chargea elle-même de les faire deux fois par jour, et après quelques mois, elle put montrer son enfant, guéri de ce grave accident, à un médecin mexicain de ses amis, de passage à Paris, en octobre 1869.

L'état général du jeune F... s'était amélioré en même temps que rhydropneumothorax avait marché vers la guérison, et le rétablissement d'une respiration presque normale avait pu faire espérer que la tuberculose suspendrait définitivement sa marche. Il en aétéainsi en efi'et. J'ai appris récemment que de nouveaux accidents légers s'étaient déclarés, pour lesquels on avait conseillé les bains de mer pendant une saison; que ces accidents s'étaient graduellement calmés et que l'enfant était revenu à une santé complète. C'est aujourd'hui un beau jeune homme, jouissant d'une très-bonne santé, malgré un peu de déformation du thorax.

80i DE L'ACIDE PUÈNIQCE.

Malgré celle légère récidive^ due sang doute à une de ces fluclualions fréquentes môme dans l'affection inberculeBse qui doit guérir, et indépendante de la terrible complication survenue 3 ans auparavant, le succès de la médication phéniqnée n'en reste pas moins comme une véritable merveille de la thérapeutique, et l'on a peine à concevoir qu'en présence de résultats aussi admirables, — nous ne craignons pas de le dire, — certains, ou pour mieux dire presque tous les médecins, et particulièrement ceux qui se prétendent les promoteors da progrès, restent spectateurs impassibles de semblables effets, et torturent leur stérile imagination pour construire des appareils et concevoir des méthodes dont le moindre inconvénieDl est de n'ôtre pas à la portée du vulgaire des praticiens, mais dont l'inconvénient le plus grave est de n'avoir que peu on point d'utilité pour les malades. Mais le moyen de faire adopter une méthode aussi simple que celle qui a goéri le jeune F à des chirurgiens qui révent inventions mécaniques et semblent aspirer à devenir des rivaux de Vancanson ?

Art. XXî. — des infiltrations drineuses.

On a beau être chaque jour témoin de l'indifférence — pour nous servir d'un mot parlementaire — de la médecine officielle pour des progrès qui intéressent au plus haut point l'humaBÎté, chaque jour on se trouve surpris en en constatant une nouvelle preuve. L'infiltration urineuse constitue un des accidents les plus graves de la chirurgie, cl rependant le remarquable fait suivant que j'ai publié il y a bientôt huit ans, ne parait encore avoir provoqué aucune imitation dans la chirurgie oS* ciellc, fût-ce à titre de simple pillage.

M. R , demeurant rue de la Paix, avait, depuis longues

années, un rétrécissement de l'urèthre et un catarrhe vésical consécutif; forcé pendant la nuit de se lever toutes les heures pour uriner, il avait pris l'habitude de le faire dans son \ii, simplement penché sur le côté.

Le 14 juillet 1864, M. R était à moitié endormi* qmà

il fit un effort violent de contraction abdominale et vésicale; tout à coup, il sentit c^uelque chose se rompre, et une plus

APPLICATIONS THERAPEUTIQUES DE L'ACIDE PHENIQUE. 807

grande facilité à uriner. Quelques instants après, une vive douleur lui apprit qu'il avait uriné dans ses tissus et non dans son vase. Le scrotum était devenu plus volumineux que la tête d'un enfant à terme.

Appelé à la hâte auprès du malade, j'opérai d'abord le rétrécissement; je plaçai une sonde à demeure , et je pratiquai de profondes incisions dans les tissus infiltrés. Aussitôt après cette opération, je fis laver les plaies avec de l'eau phéniquée à 2 p. 100, et maintenir sur tout le scrotum des compresses froides imbibées de la même eau.

L'épiderme se colora en brun et forma une croûte qui^ en tombant tout d'une pièce , laissa à nu le derme et les plaies rosées en voie de cicatrisation. Ce malade n'eut aucun accident consécutif. Il ne se forma qu'un seul abcès, et pas un seul

point de gangrène. Quinze jours après, M. R était remis

de son accident.

La guérison ultérieure du rétrécissement a permis à la vessie de se vider complètement ; le catarrhe a cessé, et aujourd'hui, les urines sont retenues pendant cinq à six heures consécutives; elles sont naturelles. Aussi la santé générale et l'aspect

de M. R se sont-ils améliorés d'une façon surprenante. Cette

guérison a persisté.

Non-seulement cette guérison remarquable ne paraît avoir provoqué aucune imitation dans la ch.irargie officielle; mais M. Lemaire a cru pouvoir se dispenser de la citer, ainsi d'ailleurs que beaucoup d'autres, dans la seconde édition d'un livre, qui est censé écrit pour faire connaître les propriétés curatives de l'acide phénique !

Art. XXII. — de la laryngite.

11 ne doit s'agir ici, bien entendu, que dos laryngites qui ne tiennent ni à une affection syphilitique ni à la tuberculose, quoique la médication que nous conseillerons puisse rendre des services dans les affections de cette nature. La laryngite simple aiguë nous occupera peu elle-môme; quelques gargarismes émoilients, et au besoin de simples soins hygiéniques ,

308 ' DE L'ACIDE PHÉNIQUË.

une température chaude, et l'absence des courants d'air suffisent pour la faire disparaître; elle disparaît même sonvent toute seule, en dépit môme de conditions qui semblent faites pour l'entretenir.

Il n'en est pas de môme de la laryngite chronique. Celle-ci demande plus de précautions, et elle était même souvent rebelle aux soins les mieux entendus, avant la découverte delà médication phéniquée. Aujourd'hui, on ne trouve plus de cas rebelles, quand on sait appliquer la médication nouvelle. Ce n'est pas tout à fait le cas du docteur Mandl, qui tient en grande estime la médication phéniquée, quoiqu'il ne l'applique pas toujours d'une manière parfaitement rationnelle, mais qui ne se prive pas, à l'occasion, de calomnier le confrère de qui il l'a apprise et qui Ta ainsi mis à môme d'obtenir quelques succès. M. Mandl a, en effet, dans un tiroir, plusieurs petits pots contenant diverses préparations phéniquées avec lesquelles il cautérise à peu près invariablement les larynx des malades atteints de laryngite, qui vont le consulter. Sa méthode n'est pas mauvaise, et elle a donné à M. Handl des succès qui lui ont valu, plus que ses travaux sur l'anatomie et la physiologie des voies aériennes, une certaine notoriété de spécialiste pour les maladies de la voix. Cependant la cautérisation ne suffit pas toujours, et elle suffît môme rarement dans les cas où le larynx est un peu profondément affecté. C'est alors nn des cas où les inhalations avec un pulvérisateur puissant sont nécessaires pour ne pas échouer, comme cela arrive assez souvent à M. Mandl. Aussi nous arrive-t-il, parfois, de voir des malades qu'il a traités pendant assez longtemps, comme la duchesse de B.... par exemple dont nous avons obtenu la cure, après l'échec complet éprouvé par M. Mandl. Les pulvéri^tions ou inhalations doivent ôtre répétées deux fois par jour, aussi longtemps qu'une amélioration prononcée n'est pas obtenue ; on les réduit ensuite à une seule, que l'on continue quelque temps après la guérison, pour la consolider. Avec les inhalations, les cautérisations sont inutiles; mais, en cas de symptômes qui puissent laisser à supposer qu'il existe une mauvaise disposition générale de l'organisme, on devra prescrire notre sirop phéniqué à la dose de 3 à 4 cuillerées par jour. Ce traite-

ment ne noas a jamais laissé éprouver de revers jusqu'à présent, dans les cas où la laryngite ne tenait. pas à une affection organique, et dans ces derniers cas même, nous avons toujours obtenu une amélioration plus ou moins durable, parfois trèsprolongée.

Art. XXIII. — de la méningite.

La méningite tuberculeuse n'a point fait partie, d'abord, on le comprend de reste, des maladies que nous avons compté guérir àTaide de la nouvelle médication, quoique certains praticiens aient soutenu avec énergie en avoir traité plusieurs cas avec succès avec divers médicaments, Tiodure de potassium notamment. Mais leurs observations n'ont pas inspiré de confiance, quoique plusieurs d'entre elles parussent cependant concluantes : dans les cas où la généralité des praticiens échouent et où un autre réussit^ on est toujours porté à attribuer le succès à une erreur de diagnostic. Que cette erreur ait été commise ou non, dans les observations passées^ nous ne pensons pas qu'on puisse l'admettre dans le cas suivant , qui nous parait être un des plus beaux succès dont puisse se glorifier la médication pbéniquée.

Obs. — M. Bourgeois, âgé de 35 ans, réfugié de Lagny à Paris pendant le siège, est atteint de phthisie au troisième degré; il a eu cinq enfants : il en a perdu un de méningite tuberculeuse, avant le siège; il était âgé de 9 ans; un second fut pris de la même maladie à l'âge de 8 mois, pendant le siège; je fus appelé auprès de lui , au moment où il était presque agonisant; il mourut le lendemain. L'aînée des filles, âgée de 9 ans, tomba malade en décembre 1870, et présenta, comme les enfants qui avaient déjà succombé, tous les signes de la méningite tuberculeuse : cris encéphaliques, agitation, puis paralysie, délire alternant avec du coma; irrégularité du pouls et de la respiration; rémittences incomplètes de la fièvre; cécité et surdité, etc.

Dès le neuvième jour où je vis la petite malade, je lui pratiquai une injection pbéniquée de 5 grammes d'eau à 3 p. 100.

310 DE L'ACIDE PHEXIQCS.

Les symptômes de la première période de la maladie étaient alors en plein développement et passaient déjà à ceux de la seconde, puisque aux conTnlsions avait succédé la paralysie, et qu*il existait une cécité et une surdité complètes.

Le lendemain et les deux jours suivants, les symptômes persistèrent, mais ne firent pas de progrès; vers le 5« jour, il y eut une améiioraiioû sersible, qui ût chaque jour des progrès irèslents, mais continus,, et à peu près au 40« jour commença une convalescence décidée, qui devint une gnérison confirmée vers le 50^ jour. Jusqu'au 31® jour> je n'ai pas cessé de pratiquerions les deux jours une injection phonique de 5 grammes d'eao à 1 p. 100. -- J'ai revu la malade au mois de mars 1872; elle continuait à jouir d'une santé parfaite, mais elle a eu pendant près d'une année de très-violents maux de tête.

Aucune remarque ne nous parait nécessaire sur ce fait; il serait difficile de le recommander mieux qu'il ne se recommande lui -môme à l'attention de tous les praticiens qui ont quelque souci des progrès de l'art*

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