‹ De La Cure Radicale Des Hernies Inguinales Par Le Procédé MyoplastiqueChapitre 9 sur 18 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Indications de la myoplastie.

La myoplastie n’est pas nécessaire pour la contension de toutes les hernies inguinales. Dans la plupart des cas, la réfection de la paroi abdominale par l’union du bord du tendon conjoint à l’arcade crurale; par l’abaissement des muscles petit oblique et transverse suffit à empêcher la reproduction de la hernie. Ceci est surtout vrai pour les malades porteurs d’une hernie de petite dimension, pour les sujets dont les muscles et les aponévroses se sont pour ainsi dire laissé surprendre dans un effort et ont donné passage à lintestin.

Les nombreuses statistiques publiées pour démontrer l'excellence des divers procédés comportent un nombre relativement minime de récidives. Nous nous bornerons à citer comme exemple les résultats consignés dans la thèse de Reille (1). Ils se rapportent à des cas où les malades ont été opérés par le procédé de lPabaissement. Sur 72 observations dues à M. Schwartz ou à M. Rüeffel, l’auteur n’a noté que 3 récidives.

La myoplastie semble donc ne devoir être que d’un

(1) P. REILLE. Cwre radicale de la. hernie inguinale par le procédé de l'abaissement. Thèse Paris, 1898.

usage restremt. Sur 500 hernieux environ opérés depuis sept ans par M. Schwartz, 63 fois seulement cette manière de faire a été mise en pratique.

Ce n’est qu'aux hernies de faiblesse que s'adresse le procédé; aux hernies à larges anneaux, à larges trajets, à parois difficilement reconstituables. « Il y a dès lors avantage à doubler cette paroi de muscle là où elle n’en possède pas, à fermer en un mot la brèche herniaire par un lambeau musculaire suffisant, pour que, par elle, il n’en résulte pas d’affaiblissement (1). »

Quelques observations montreront dans quelles conditions doit se pratiquer la myoplastie.

Onservarion [. — (Empruntée à une clinique de M. Scnwarrz. ) (Rev. gén. de clin. et de thérap., 1894.)

Il s’agit d’un homme de 49 ans, tanneur, sans antécédents héréditaires notables ; il n’a pas de hernieux dans sa famille. Comme antécédents acquis, nous rappellerons qu’il a eu probablement la syphilis et que depuis un an il est atteint d’une fièvre palustre constractée à Madagascar, et qui se manifeste par le type tierce. Le dernier accès remonte à six semaines, et notre malade a été soigné alors à la Pitié.

Il est d’ailleurs vigoureux, fortement charpenté, et ne paraît nullement affaibli par cet impaludisme de date récente.

Il entre dans notre service pour une hernie qui date de dix-huit mois et pour laquelle il a porté un bandage qui, quoique bien conditionné, ne suffisait plus dans ces derniers temps pour la maintenir réduite. Sous l'influence de la marche, d’un effort, elle glissait et sortait en dessous du bandage. Alors elle devenait

(1) SCHWARTZ. Revue gén. de clin. et de thérap., 1894, VIII, p. 482.

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