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La moyenne pour ces dix années serait donc de 2,96 pour 1.000. Ces chiffres n’indiquent que le nombre des varicocèles incompatibles avec tout service ; or d’après Gaujot « la proportion des varicocèles nécessitant la réforme, par rapport aux varicocèles compatibles avec le service actif, est approximativement de 1 sur 400 ou 500 cas .» On voit donc que si le varicocèle est très fréquent, il est aussi rare qu'il cause des troubles sérieux. L'opérateur devra se rappeler ce fait avec soin, et ne tenter la cure radicale du varicocèle que s’il se présente une des indications spéciales que nous allons passer en revue.
C'est, en premier lieu, le volume de la tumeur. Un varicocèle volumineux, même s’il n’est pas très douloureux, doit être opéré. D'abord c’est une cause de gêne permanente, puis des complications peuvent survenir. C’est en effet dans ces cas de varices très développées qu’on a vu se produire des phlébites spontanées ou plus souvent provoquées par un traumatisme. J. L. Petit, Vidal de Cassis (1), rapportent des cas de varicocèles enflammés à la suite d'une contusion, ou par extension d'une inflammation de voisinage, d’une épididymite par exemple. Dans un mémoire adressé à la Société de Chirurgie, Escallier (2) rapporte les observations de deux malades, morts tous deux en quelques jours d’une phlébite variqueuse des veines du cordon. Vallin (3) cite le cas d’un gendarme de la Guadeloupe affecté d'un varicocèle bilatéral, qui fut pris d'accidents inflammatoires à la suite d’un bain froid, et succomba également à la phlébite. Ledouble (4) a montré qu'une orchite survenant chez un varicocèleux, le testicule pris sera toujours celui du côté de l’ectasie veineuse.
De plus si le varicocèle crée pour le testicule une prédispo-
(1) VipaL DE Cassis. Loc. cit.
(2) EscaLLier. Mémoires de la Société de Chirurgie, t. 1, p. 84.
(3) Vazuin. Gazette Hebdomadaire, 2 série, t. XIV, p. 898.
(4) LEDOUBLE. Association française pour l'avancement des Sciences, séance du 23 août 1878,
Ce
sition à la phlegmasie, d’un autre côté, par une très fâcheuse mutualité, l'inflammation blennorhagique aggrave le varicocèle et favorise l’atrophie du testicule (1).
La cause qui justifiera le plus souvent l'intervention est la douleur. Celle-c1 n’est pas en rapport avec le volume des varices. Des varicocèles petits sont extrêmement douloureux, des varicocèles volumineux peuvent au contraire l'être très peu. Ces douleurs se produisent après une marche, après une station verticale un peu prolongée; elles accompagnent parfois la moindre fatigue et finissent par rendre la vie insupportable au malade. Le suspensoir est souvent impuissant à prévenir ces crises douloureuses ; pour en éviter le retour le patient est obligé parfois de garder telle position spéciale, variable suivant les sujets, et qu’il sait favorable ; le luxe de précautions qu'il est condamné à prendre ne lui permet aucune occupation. Un malade de Breschet donnait une idée de ses souffrances en disant, dans son langage pittoresque qu’au bout de deux cents pas, il était « comme le poisson sur le sable. » La suppression de ces douleurs est l’un des premiers résultats de l'intervention chirurgicale ; on ne devra donc pas hésiter à proposer l’opération toutes les fois qu’on aura à faire à un varicocèle douloureux.
L’incompatibilité du varicocèle avec la profession doit à juste titre préoccuper le chirurgien, et sa décision dépendra souvent de l’état social du malade. Il ne pourra refuser son intervention à un varicocèleux, obligé de gagner sa vie par une profession pénible, soumis à des fatigues incessantes incompatibles avec son affection. D'autres malades demandent à être débarrassés de leurs varices pour pouvoir embrasser une carrière qui leur serait interdite autrement. Tel est le cas par exemple, du malade de Horteloup (Obs. XXX), de celui de M. Vautrin (Obs. LXXVI); tous deux réclamaient une opération pour contracter un engagement militaire, ce qu’ils
(1) Reczus. Loc. cit.