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purent faire ensuite sans aucun inconvénient. « Quand le « varicocèle devient un vice rédhibitoire, une tare dépréciante « qui contrarie une vocation, ou empêche une carrière, l’opé- « ration se justifie ou s'impose (1). »
Certains varicocèles, les moins nombreux heureusement, se développent d’une manière rapide et continue. On voit des malades absolument indemnes de varices spermatiques ou n'ayant qu'un varicocèle très léger présenter un beau jour une dilatation variqueuse considérable, développée en très peu de temps et continuant à s’agrandir. Des cas de ce genre ont été signalés par Gaujot, parmi de jeunes recrues. Ils sont assez rares, l’évolution lentement progressive du varicocèle étant plutôt la règle. Néanmoins Papparition etle développement rapide du varicocèle constituent une donnée clinique dont le chirurgien devra tenir compte.
On sait l'influence nocive que le varicocèle exerce souvent sur la glande séminale. Plus d'un malade ne se décide à réclamer une opération que parce qu’il voit l’un de ses testicules s’atrophier petit à petit et qu'il s'inquiète de la diminution de ses aptitudes génésiques. Nous avons vu aussi que très souvent cet état fâcheux s’améliore après l'opération, le testicule reprend son volume normal et les facultés génitales de l’opéré redeviennent ce qu’elles étaient. Tous les auteurs signalent des cas de ce genre, on en trouve aussi dans nos observations. Ces faits bien établis font un devoir au praticien de toujours s’enquérir de l’état du testicule. Chaque fois qu’il y à menace d’atrophie, surtout quand le varicocèle est double, l'opération est nettement indiquée.
Cette indication sera encore bien plus pressante s’il s’agit d'un malade adulte.
Quand le varicocèle coïncide avec une autre lésion voisine, les deux affections se gênent réciproquement. Supposons par exemple une hernie inguinale. Si le malade la maintient
(1) Reczus et ForGuE. Loc. cit.
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réduite par un bandage, les veines seront comprimées et la circulation en retour se fera difficilement, condition favorable au développement de la dilatation variqueuse. D’un autre côté, on sait à quels accidents exposent les hernies non réduites. Il n'y à qu'un moyen, pour le chirurgien, de sortir de ce fâcheux dilemme, c'est de tenter la cure radicale de l’une et l’autre affection. C’est dans ces conditions qu'ont été opérés les malades qui font le sujet de nos obs. LX VIII et LXXVII. Dans un des cas, le varicocèle coïncidait avec une hernie, dans l’autre, avec une hydrocèle. Signalons aussi ce fait que M. Vautrin a vu dans un Cas disparaître des héiorrhoïdes à la suite de l'opération du varicocèle (obs. LX VIT).
Une dernière circonstance pourra motiver l'intervention. C’est l'apparition de troubles cérébraux marqués. On sait que le varicocèle prédispose à l’hypochondrie, à la lypémanie. Les douleurs, la préoccupation continuelle de leur infirmité, l’affaiblissement du sens génital, finissent quelquefois par troubler lintelligence du malade. On en a vu terminer par le suicide une existence intolérable ; de véritables cas de folie ont été signalés. C’est, du reste, une remarque faite depuis longtemps que l’homme est impressionné facilement par toutes les affections qui menacent sa virilité. Si les désordres intellectuels sont assez graves, l'intervention opératoire s'imposera sans conteste.
En résumé, la cure radicale du varicocèle doit être regardée, ainsi que le veut Segond, non comme une opération d'urgence, mais comme une opération opporlune. Malgré son innocuité et l’atténuation considérable dans le pronostic qu'elle doit à l’antisepsie, l'intervention chirurgicale devra être réservée aux cas spéciaux que nous venons d’énumérer. Ces indications opératoires, au nombre de sept, réunissent la majorité des cas où l’opération sera justifiée. Résumons les ici.
Ce sont :
1° Le volume de la tumeur ;
2° La douleur ;
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3° L'incompatibilité avec la profession, ou l'obstacle apporté à l’entrée d’une carrière ;
4° Le développement rapide, aigu pour ainsi dire ;
5° La menace d’une atrophie testiculaire. Cette indication est encore bien plus impérieuse quand le varicocèle est bilatéral ;
6° La coexistence du varicocèle avec une autre tumeur: hernie, hydrocèle, tumeur du cordon ;
7° Les troubles cérébraux.
Quant aux contre-indications, à part celles qui sont communes à toute tentative opératoire, et qui tiennent à l'état général, on ne pourrait en citer qu'une seule: le varicocèle symptomatique, soit d’une tumeur intra-abdominale comprimant le cordon, soit d’un néoplasme rénal. J.-L. Petit avait déjà signalé des varicocèles de cette nature, Guyon en à observé six cas liés à une lésion du rein (1); trois fois les varices siégeaient à droite et trois fois à gauche. Le varicocèle symptomatique ne montrerait donc de prédilection pour aucnn côté. Le varicocèle idiophatique, au contraire, se localisant presque toujours au côté gauche, la présence à droite d’une lésion variqueuse du cordon militerait en faveur d’un varicocèle symptomatique. Cet élément de diagnostic est encore bien insuffisant. Seule, la constatation nette d’une tumeur située du côté du varicocèle pourrait lever tous les doutes.
(1) Guyon. Leçons cliniques, p. 317.