DU VAU1C0CELE
deux liLs d’argent viennent d’être placés, l’un en avant, l’autre en arrière des veines. Alors commence le troisième Lmps : il consiste à tordre les extrémités des
lils. Comme ce temps est douloureux , on couche le malade, et on lui fait respirer un peu de chloroforme. D’abord la torsion n’agi L que sur les fils : les deux forment alors un anneau au milieu ( fig. 4) qui contient les veines; c’est le plus lin qui décrit des spirales sur le plus fort; il va toujours en se resserrant. Ce premier mouvement de torsion réduit le plexus veineux à l’état de véritable cordon. Mais en continuant la torsion, les deux fils se resserrent toujours plus, et tendent à former aussi un cordon ayant une certaine résistance.
Fig/
En tournant sur son axe ce cordon métallique, il doit entraîner dans son mouvement de rotation les parties comprises entre les deux fils qui le composent. C’est ainsi que les veines s’enroulent sur ce double fil nié-
METHODES ET PROCÉDÉS. 4
! indique, comme la cordc s’enroule sur le treuil (lig. 5);
le canal déférent est tout à fait en dehors de l’enroui lement, et reste intact Fig. 5.
derrière les fils.
Or les veines du cordon : ont un point fixe du côté de l’abdomen, qui ne cède pas, tandis que leur . extrémité inférieure fait corps avec le testicule, qui peut être mobilisé et déplacé. Cet organe est donc porlti vers le point fixe, en liant, vers l’abdo men. Plus on fait de tours, plus le testicule est bissé.
I La laxilé du tissu cellulaire des bourses favorise sin- .gulièrement ce mouvement d’ascension du testicule, i La figure 5 montre à quelle hauteur le testicule peut üêtre remonté , car auparavant il était aussi bas que f figure 1 .
Il s’est formé une espèce de peloton dont la bobine | » est représentée par un cordon en argent qui a ses deux 'bouts réunis en avant. La figure 4 représente les deux dis métalliques à un moment avancé de la torsion; on voit qu'un des deux est plus fort que l’autre; c’est réellement sur lui que l’autre décrit des spirales qui laissent, comme je l’ai dit, un anneau au milieu, lequel >c resserre toujours plus à mesure qu’on loi <1 . On place ilors un petit globe de bande sur la peau qui est entre l’entrée et la sortie du cordon métallique, dont les deux doulssonl fixés sur ce tampon par une nouvelle torsion ; auis on saisit les deux bouts du cordon avec une pince
DU VARICOCELE.
à mors plats dont se servent les ouvriers, et l’on pousse très loin cette torsion. Plus on serrera le cordon, mieux ce sera. Si le restant des lils est trop long, on le coupera avec de forts ciseaux ou avec un coupe-net. M. Cliarrièrc a fabriqué une pince à mors plats, qui porte sur un côté des mors deux lames tranchantes, comme les mors du coupe-net. Cet instrument sert donc à la torsion et à la section des fils restants. 11 est très commode.
Il y a donc : 1° enroulement des veines sur les fils d’argent; 2° compression de ces veines qui sont entre les fils et devant les fils; 5° puis section de ces vaisseaux à divers degrés de hauteur : autant de degrés qu’il y a de tours ; A" perle de substance de ces mêmes vaisseaux. On fera bien de laisser les fils couper la peau, ou de l'inciser, car les veines superficielles qui n’appartiennent pas au cordon, et qui rampent entre lui cl la peau , seront ainsi divisées ; ceci est une nouvelle chance contre la récidive. J’enlève ordinairement les fils le quinzième jour en coupant ce qui reste du pont. On peut bâter ce temps en serrant les fils Ions les jours; mais on peut s’en dispenser si l’on veut attendre un peu plus, les fils tomberont avec le rouleau de bande qu’ils étreignent. D’ailleurs les principales veines, en s’enroulant sur les fils, entraînent avec elles une foule de petites veines qui échappent aux ligatures ordinaires. Ainsi, tandis que les ligatures sous-cutanées ne divisent que les veines principales du cordon (quand elles les divisent), ma ligature, avec enroulement préalable, ramasse et les veines principales du cordon, et les veines qui l’unissent aux diverses enveloppes des bourses; les veines immédiatement sous-cutanées , celles qui semblent sillonner le tissu même de la peau, sont aussi soumises à l'action des fils,
car j’ai soin, quand le varicocèle est ancien , quand il y a des veines variqueuses superficielles, de comprendre ces vaisseaux dans la partie de la peau qui doit être divisée : alors je laisse le pont de peau très large.
D’ailleurs, si l’on veut bien connaître les résultats, on n’a qu'à examiner avec soin les deux fils d’argent au moment où ils viennent d’être enlevés; on les verra entourés par une quantité de petits cordons mortifiés qui ne sont autres que des veines oblitérées d’abord, coupées ensuite, et, pour ainsi dire , extirpées après mortification. Rien ne prouve mieux la perte de substance éprouvée par les veines que ce qui reste autour de ces fils. L’observation n° o expose très bien les détails de l’opération.
Prétendus dangers et inconvénients de l’opération
du varicocèle.
La phlébite! voilà l’épouvantail, l’accident qui est un des prétextes des uns et le motif grave de quelques médecins consciencieux. Il est bien entendu que je n’ai pas à répondre aux premiers. Quant aux autres, c’est différent, car leur opposition part d'un bon principe, mais mal appliqué, et d’un bon sentiment. Le principe est celui qui veut qu’on n’entreprenne une opération compromettante pour la vie que quand celle-ci est directement menacée ; le bon sentiment est dicté par la maxime ne fais à autrui , etc. : or comme, selon ces confrères, la phlébite est au bout de l’opération, ils n’en veulent ni pour eux ni pour leurs malades.
J’ai déjà dit que cette crainte était inspirée par l’analogie qu’on croit trouver entre le varicocèle et les autres varices, entre les opérations qu’on pratique sur les
'Dt DU VARICOCÈLE.
veines îles bourses et celles qui oui été (entées sur les veines des membres, lesquelles, en cfi'cl, ont été trop souvent mortelles et toujours inutiles. De là une prévention injuste contre l’opération du varicocèle. Les laits néanmoins déposent entièrement contre celle prévention, et ces faits sont aujourd'hui extrêmement nombreux : ainsi comptez ceux qui se sont produits seulement en France depuis l’ère nouvelle qui s’est levée pour l’opération du varicocèle ; consultez la pratique de Reynaud, ancien chirurgien en chef de l’hôpital de la marine à Toulon, celles de Breschet, d’Aug. Bérard, de M. Velpeau, etc., et vous verrez à quel énorme chiffre il vous sera possible d’arriver. Pour mon compte, j’ai déjà opéré plus de deux cent cinquante fois. Eli bien, sur le total général, je ne sais si l’on pourrait trouver plus de cinq cas de phlébite, et, chose singulière, si on les trouvait, ce serait précisément dans la pratique de ceux qui exécutent les procédés en apparence les plus innocents. Ainsi, la ligature sous-cutanée avec un simple fil comptera le plus de malheurs. Ce que je puis affirmer sans la moindre crainte d’être démenti, c’est qu’il n’est jamais survenu un accident qui mérite ce nom après V application de mon procédé. Bien plus, quelques uns de mes opérés ont été pris, pendant que les fils coupaient les veines, de maladies graves, lesquelles n’ont en rien aggravé les suites de l’opération. Ainsi, je transcris in extenso n° 2, l’observation d'un opéré qui eut une fièvre typhoïde du plus mauvais caractère. Ce malade fut visité, d’après mon invitation, par MM. Valleix et Puehe, qui constatèrent la fièvre typhoïde et son haut degré de gravité; il fut suivi par M. Cullerier, qui prit mon service pendant un voyage que je fis dans le Midi. Mon col-
lègue a pu constater lui-même la guérison de la fièvre typhoïde et du varicocèle.
Un autre sujet fut pris, trois jours après l’opération, d’un frisson prolongé et d’une réaction violente. Je crus au début d’un redoutable accident élan premier échec de l 'enroulement. Le testicule du côté opéré se tuméfia, la peau des bourses rougit et devint très chaude. Je fis pratiquer une large saignée, car l’opéré était jeune et vigoureux. Le lendemain je le trouvai plus calme et ayant à la face de petites pustules naissantes; elles se répandirent bientôt sur tout le corps et devinrent confluentes sur le côté des bourses qui avait été opéré. Il y avait enfin une variole assez grave, comme le sont ordinairement les varioles des adultes. Mais ici celte fièvre éruptive n’entrava en rien la cure du varicocèle qui fut aussi prompte, aussi simple, aussi complète que dans les cas où il n’existe aucune maladie intercurrente.
On trouvera aussi, n° \, l’observation d’un marchand ambulant qui eut un rhumatisme assez grave pendant l’action des fils sur les veines du cordon spermatique, et qui n’en guérit pas moins. Je possède aussi l’observation d’un tisseur de cinquante-cinq ans, qui était fort affaibli et asthmatique quand je l’opérai. Ce vieux malade s’était déjà fait recevoir dans mon service pour réclamer l’opération que son médecin, disait-il, lui avait conseillée, et que je lui refusai néanmoins. Je craignais pour lui et un peu pour mon procédé, je l’avoue. Je donnai donc Yexeat à ce malade compromettant. Je lui dis, Ce qui est vrai, qu’à son âge les varicocèles ne faisaient pas souffrir, qu’il valait autant celle infirmité qu’une autre, puisqu’il vient une époque de la vie où il faut en avoir une. Ce tisseur garda le silence el partit. Mais il
DU VARICOCELE.
paraît que je n’eus pas le don de le convaincre ou que son varicocèle le gênait réellement beaucoup, pendant son travail, car il revint bientôt redemander son entrée à l’ hôpital et l’opération. Cette fois je me dévouai, et j'enroulai ce vieillard comme les autres malades; seulement je le privai de chloroforme pendant l’opération, à cause de son asthme. L’opération date actuellement de cinq mois, elle s’est passée très simplement, mais les fils, qui coupent toutes les parties qu’ils étreigennt ordinairement en quinze jours, n’ont pu être enlevés qu’après le double de ce temps. Ce malade a été vu le huitième jour de l’opération par deux chirurgiens distingués de la marine, MM. J. -F. Laure et Beau, élèves et amis de M. J. Roux, qui ont suivi une de mes visites à l’hôpital du Midi pendant leur séjour à Paris. Maintenant mon opéré va mieux de son asthme, et il est débarrassé de son varicocèle. Je n’ai donc nul regret de l’avoir opéré. Je ne regrette pas non plus d’avoir refusé d’abord, car je professe toujours que, dans les déterminations à prendre pour cette catégorie d’opérations, la volonté, les instances du malade doivent avoir un grand poids.
Ainsi, un coup d’œil sur ces faits montre une action violente contre des veines nombreuses dilatées; ces vaisseaux sont divisés, comme broyés par l’ enroulement; ils sont mortifiés dans une certaine étendue, et aucun accident grave n’éclate, ni dans les bourses, ni ailleurs; on n’observe rien de ce qui ressemble à cette terrible complication des plaies qu’on a appelées infection purulente , et qui veut presque toujours dire mort! Bien plus, pendant l’action violente des fils, pendant le travail ulcératif qui divise les veines et une portion du • scrotum, apparaissent des maladies à cortège effrayant,
et ces maladies ne sonl qu’intercurrenles; elles passenl, louchenl à toul, excepté à l’opération, car celle-ci n’est pas compliquée par les maladies, et les maladies ne sont nullement aggravées par l’élat traumatique. Faudrait-il donc, après avoir classé l’opération du varicocèle parmi les opérations les plus graves, faudrait-il la classer parmi les opérations bénignes?
Voici un fait, un dernier fait qui renferme plus d’un enseignement. Un garçon épicier très gros el grand , lymphatique et variqueux, fut opéré par moi du varicocèle. L’opération fut simple; la plaie qu’elle produisit se cicatrisa promptement. Je lis séjourner quelque temps ce garçon dans mes salles pour observer ce qui se passerait du côté des veines opérées. Cet épicier avait un phimosis congénital; voulant mettre à profil le temps que j’employais à observer les suites de la première opération, il en demanda une seconde. Il voulut être opéré de son phimosis. Je ne faisais pas encore alors la circoncision el je ne réunissais pas la plaie. Je me bornai à une simple incision sur la partie du prépuce qui correspond au dos de la verge. Eh bien ! après une opération si bénigne, dont l’innocuité est si généralement reconnue, éclatèrent des accidents inflammatoires qui mirent le malade à deux doigts de la mort. Il y eut phlegmon avec gangrène du fourreau de la verge, phlegmon et gangrène du scrotum. Je me vis donc forcé de pratiquer de grandes incisions sur la verge, sur les deux côtés du scrotum; par les plaies sortirent du pus sanieux, des lambeaux de tissu cellulaire mortifié ressemblant à de petites lanières de peau macérée. Cependant le malade, à force de soins, reprit le dessus, se rétablit peu à peu el sortit de l’hôpital, guéri de
nr VARir.nr.Ei.F.
son varicocèle el îles accidents de l’opération du phimosis; mais il portait de grandes et très visibles cicatrices sur les parties génitales.
Ce garçon s’élant exposé plus tard à la contagion syphilitique, contracta une maladie qui le mil dans l'obligation de consulter un homme de l’art, dont l’attention lut bientôt attirée par les cicatrices qui accusaient des désordres ayant motivé l’intervention d’un bon bistouri. Je ne connais pas les détails de l’interrogatoire subi par l’épicier; mais , d’après tout ce qui s’est passé autour de moi depuis, il paraît que l’opération du varicocèle fut seule signalée par le malade dans le narré de ses antécédents; il n’aurait été nullement question de l’opération du phimosis, ni de ses rapports avec les phlegmons. Tout dut être mis sur le compte de l’opération du varicocèle, el le fait fut considéré comme accablant pour celte opération, el comme fort triste pour moi. On m’apprit donc qu’un de mes opérés du varicocèle avait failli mourir des suites de l’opération, qu’il portail des cicatrices annonçant les plus graves désordres du côté des parties génitales, etc. Mais quel fut l’étonnement de ceux qui me portèrent celle triste nouvelle, quand j’eus prouvé, par les détails que j’ai déjà donnés , que l’opération du varicocèle était hors de cause.
La science retiendra ceci: 1° Voilà un sujet qui a subi une opération sur les veines, opération réputée très grave el qui a eu les suites les plus simples, les plus satisfaisantes ; 2° on a pratiqué, sur le même sujet, une opération des plus bénignes, cl qui a eu cependant les suites les plus graves, les plus compromettantes pour la vie. Pour ce dernier résultat , il faut nécessairement
ltÉCIlMVES
admettre chez cel épicier une lâcheuse prédisposition aux inflammations gangréneuses. Eh bien ! sous l’opération du varicocèle , celle prédisposition est restée à l’étal virtuel, comme on le dit dans un certain langage, et sous l’opération du phimosis, elle est passée à l’étal réel .
Il faut savoir, pour que l’enseignement de ce fait soit complet, que l’histoire de l’épicier était déjà publiée sans omission des détails qui établissent les rapports des accidents avec l’opération du phimosis , et qui innocentent l’opération du varicocèle, et la publication avait été faite dans un journal qui était lu par le confrère accusateur !
Passons, et passons vite.
Récidives.
Je l’ai dit déjà plusieurs fois, les médecins consciencieux qui s’opposent à toute intervention de la médecine opératoire dans le traitement du varicocèle, ne puisent pas seulement leurs arguments dans le danger des opérations, mais dans leur inutilité [trouvée par des récidives fréquentes. Ici l’objection est dans toute sa force si l’on ne parle que des simples ligatures, des procédés qui ne font que couper les veines, et surtout ceux qui n’atteignent que celles du cordon. La ligature souscutanée, la méthode de M. Gagnebé, sous ce rapport, est celle qui a fourni le plus de faits défavorables à la médecine opératoire. J’ai possédé dans mon service jusqu’à trois récidivistes qui avaient été opérés par cette méthode. Au moment où j’écris, il y a, dans la salle 11 de l’hôpital du Midi, un boulanger qui a été opéré en Allemagne par la méthode sous-cutanée, dont l’effet a
nu VARICOCELE.
élé si médiocre, que ce malade dit n’avoir jamais vu diminuer sa tumeur. J’ai opéré ce malade par l’enroulement, il va sortir de l’hôpital après avoir donné son adresse et promis de se présenter chez les confrères qui désireraient constater ultérieurement si la cure a élé radicale. Comme il demeure dans le deuxième arrondissement, je le présenterai à la Société du quartier, dont les membres seront autorisés à le suivre. Ce n’est pas le seul de mes opérés dont on pourra savoir la demeure; car , après la lecture de mon premier travail Sur la cure radicale du varicocèle à l’Académie de médecine, j’ai déposé un certain nombre d’observations , avec les noms et demeure des opérés qui m’y avaient autorisé. Je ne puis en faire autant, et d’ailleurs je ne me le permettrai jamais à l'égard des malades de mes confrères. Mais si l’on veut savoir quelle opinion on peut puiser dans la pratique des chirurgiens qui ne divisent que les veines, on n’a qu’à lire le travail deM. Hélot, lequel est un vrai plaidoyer contre la cure radicale. M. Hélot, qui a été interne distingué de M. Ricord, cite entre autres récidivistes, un malade qui fut opéré parce chirurgien en 1840. Dans le cours de l’été de la même année, cet opéré, dont la guérison, ditiM. Hélot, avait paru si complète, est revenu pour se faire opérer de nouveau par le même procédé (ligature sous-cutanée). Tout se passa comme l’autre fois avec une égale apparence de succès. Mais M. Hélot a revu en 1842 le malade, et il a pu constater que la guérison ne s’est pas maintenue. Ainsi, voilà deux opérations pratiquées sur le même individu par la méthode sous-cutanée, et dans les deux cas il y a eu récidive, et tout cela constaté par l’élève interne de l’opérateur, et publié depuis bientôt cinq ans,
KÉC1DIVES.
ce qui m’autorise, je crois, à en faire mention ici. Un collègue d’internat de M. Hélol fut encore opéré par M. Ricord de son varicocèle : « Moins pour obvier à la gêne qu’il éprouvait, dit l’auteur, que dans la crainte de le voir augmenter par les fatigues de l’exercice de la médecine à la campagne. J’ai su depuis (c’est toujours M. Hélot qui parle) que celle opération n’avait eu aucun résultat. « Ces faits, j’ai besoin de le répéter, sont du domaine public; ils sont consignés dans un mémoire inséré dans les Archives de médecine, 1845, t. VIH, p. 287.
Ce sont de pareils résultats si souvent répétés qui ont porté, dans ces derniers temps, des esprits droits à proscrire toutes les ligatures pour en revenir à la cautérisation. Ainsi à Lyon,M. Bonnet, à Paris, MM. Laugier et Nélaton tentent le caustique devienne, et cherchent à en régulariser l’application, ce qui sera difficile.
J’ai observé quelques récidives même après le procédé de Breschet, qui est, selon moi, un de ceux qui doivent le mieux résoudre le problème de la cure radicale. J’ai même opéré plusieurs récidivistes des pinces de l’ancien chirurgien-adjoint de l’Hôlel-Dieu. Un entre autres avait déjà été opéré par un des élèves les plus distingués de cet hôpital, par mon collègue, le docteur Robert, qui avait si souvent vu opérer Breschet, et qui avait répété pas mal sa méthode. Il paraît qu’après mon opération il y a eu aussi une récidive. J’ai voulu la constater, voir jusqu’à quel degré ce troisième varicocèle s’est développé. Il m’a été impossible d’atteindre cet opéré qui, je le sais, a été présenté à une clinique; ce que je ne blâme pas.
Mais voici ce que nies notes me fournissent sur ce malade, qui est employé dans un bureau, je ne sais où.
Il a d’abord été opéré, comme je l’ai dit, .sans succès par M. Robert. Il élail très sensible, très méticuleux, et voulut être chloroformé dans tous les temps de l’opération. Or j’ai l’habitude de placer debout, devant moi, le malade pendant que je sépare avec soin les veines du canal déférent et que je passe les 111s d’argent. Pour que le malade se tienne dans celle position, je ne lui donne pas d’abord du chloroforme , j’attends le moment de l’enroulement, et je couche alors le malade. Celui-ci fut donc couché d’abord, et c'est dans celte position que je fis la séparation des veines; or celte position horizontale est très peu favorable pour le triage des éléments du cordon. 11 est donc probable que j’aurai laissé échapper quelques veines. D’ailleurs chez un malade déjà opéré, il y a de ces vaisseaux qui restent très adhérents au canal déférent, et qu’il est facile de laisser échapper. De plus, cet employé avait un pissement de sang et des douleurs dans les reins qui annonçaient une complication. Ainsi il est très possible que cette récidive tienne, et à une mauvaise exécution de mon procédé, et à une diathèse variqueuse que n’ont pas ordinairement ceux qui sont opérés du varicocèle. Quoi qu’il en soit, c’est là une récidive surplus de deux cent cinquante opérations ; et, notez bien, récidive que je n’ai pu constater. A voir l'empressement qu’on a mis à montrer à d’autres ce malade, à entendre le bruit qu’on a fait autour de celle récidive, j’ai pensé que s’il en existait d’autres, j’en aurais eu connaissance, du moins indirectement.
Difformité.
Un a reproché à mon procédé de laisser une cicatrice
OBSEMVATIOXS.
difforme, et ce reproche me vient précisément de ceux qui ouvrent les bubons par la pâte de Vienne! Je dois donc m’expliquer sur ce point, et dire ce qui se passe après que les fils d’argent ont été enlevés ou sont lombés. La section du pont qui sépare l’entrée de la sortie des aiguilles laisse une plaie profonde, et dont la réparation est lente à se faire. Il y a donc pendant un temps assez long une cicatrice inégale, dont le grand diamètre est mesuré par la largeur du pont et dont les petits diamètres ont à peine trois lignes. La rétractililé, cette propriété si énergique dans les tissus cicatriciels, agit peu à peu dans tous les sens et finit par réduire la difformité en une légère dépression qui se confond avec un des plis nombreux et très marqués du scrotum. J’ai revu de mes anciens malades conservant une trace si légère de l’opération , qu’il m’aurait été impossible de savoir, paria-cicatrice seule, le procédé qui avait été suivi.
Il arrive quelquefois que la portion de peau qui est au-dessus des fils, vers la verge, forme une espèce de lambeau, surtout quand on a beaucoup enroulé. Ce lambeau, après la section complète des chairs, reste épais, saillant. Mais peu à peu il s’atrophie, diminue de volume, s’aplatit et se met de niveau avec la peau qui était au-dessous des fils du côté du testicule.
Observations.
Obs. Ire. — Varicocèle. — Opération. — Rhumatisme. —
Guérison. — Un marchand ambulant, âgé de vingt- trois ans, est entré à l'hôpital le 29 mars 1849. Sa constitution est robuste, sa santé habituellement bonne; il est brun , son tempérament est bilieux.
DU VARICOCELE.
bf!
Il y a deux ou trois ans que le malade s’aperçut qu’il portail un varicocèle; mais, comme il ne souffrait pas, il ne songea point à se l'aire opérer. De légères douleurs se firent sentir, il y a dix-huit mois, le long du cordon; mais la tumeur n'était pas volumineuse, et les bourses du malade n’étaient pas pendantes. Ce malade sortit il y a trois mois de l’hôpital, où il s’était fait traiter d’une syphilis. M. Vidal lui conseilla de ne se faire opérer du varicocèle que lorsqu’il souffrirait, ou que la tumeur l'empêcherait de travailler. Cet homme est habituellement constipé. Ses bourses ne sont pas pendantes. Il fut lin jour poursuivi par deux individus, et, pour leur échapper, il courut aussi vite que ses jambes purent le lui permettre jusqu’à sa demeure. A son arrivée, il dit avoir constaté, pour ia première fois, que la bourse gauche était pendante, grosse, engorgée; des douleurs gravalives se faisaient sentir en même temps dans le cordon et dans le scrotum. La nuit dissipa ces douleurs, et le malade reprit le lendemain ses occupations de marchand ambulant. Les douleurs reparurent, la progression devint impossible, et le malade se détermina à rentrer à l’hôpital pour s’y faire opérer.
Le 5 avril, le scrotum a sa forme, sa couleur, ses rides ordinaires. Le raphé est un peu incliné à gauche (côté malade). Le testicule n’offre rien d’anormal. La tête de l’épididyme est un peu plus dure que dans l’étal ordinaire; elle forme la base d’une pyramide noueuse dont le sommet tient à l’anneau inguinal. Les veines du cordon qui forment cette pyramide offrent une consistance variqueuse; çà et là sont des nodosités très marquées. Opération le 4 avril; elle est pratiquée par la méthode de M. Vidal.
RÉSERVATIONS. 59
Le 5, le malade se plaint de douleurs qui l’ont empêché de dormir : 1 pilule d’opium.
Le 6, constipation : eau de Sedlitz. Douleurs moins vives. La nuit a été sans sommeil : 2 pilules d'opium.
Le 7, même état, même traitement. La peau devient jaune.
Le 8, la nuit a été moins mauvaise. La coloration , de la peau est moins jaune.
Le 9, frissons dans la nuit. Le lendemain, tout le corps est fortement endolori; les douleurs sont violentes dans les avant-bras. Découragement : forte saignée du bras, 2 bouillons, tisane de fleurs de sureau, looch fortement diacodé ; flanelles chaudes sur les membres. Le soir, douleurs dans les articulations fémoro-tibiales et dans les coudes; elles ont disparu ailleurs. Le sang n’a pas offert la couenne inflammatoire.
Le 10, 25 sangsues sur l’articulation scapulo-humérale gauche où les douleurs semblent s’être concentrées.
Le 11, les douleurs articulaires persistent: 3 pots de la même tisane, 1/2 bouillon seulement.
Le 12, 20 sangsues aux articulations du genou gauche qui s’est gonflé.
Le 13, nuit bonne : 2 bouillons. Cependant les douleurs de l'articulation scapulo-humérale se font encore sentir : 10 sangsues.
Le 14, un potage. Le malade entre en convalescence; il n’olfre rien de particulier.
Le 4 juin, le malade sort guéri de son affection rhumatismale et de son varicocèle. M. Vidal a revu ce marchand traînant sa petite voilure dans les rues de Paris et vendant des objets à 13 sous.
Quant à la plaie de l'opération , voici ce qui a été
DU VAHICOUEUt.
observé : sur les deux piqûres, entrée et sortie des lils, il y a eu d’abord sécheresse, mais la section des chairs a eu lieu comme d’ordinaire au second septénaire, et la plaie restante a marché rapidement vers la cicatrisation. Ainsi donc voilà un rhumatisme aigu qui a marché pendant que les fils d’argent agissaient pour guérir le varicocèle, et tout s’est bien passé, puisqu’il y a eu guérison de cette intirmilé et du rhumatisme.
Obs. II. — Varicocèle. — Opération. — Fièvre typhoïde. — Guérison (I).— Le nommé Bachelier, garçon épicier, âgé de vingt-trois ans, est entré le 10 août 1046 à l'hôpital du Midi dans le service de M. Vidal (de Cassis) ; il v lut admis pour y être traité d’une urétrite chronique légère et d’un varicocèle.
Le 12 août, en elTet, il fut opéré par M. Vidal , qui a employé son procédé (l’enroulement).
Cinq à six jours après il n’avait pas encore été à la selle: on lui donna une bouteille d’eau de Sedlilz.
Le 20, on relira les fils, et l’on acheva la section du pont de peau qui dans celle opération se trouve, entre les deux piqûres qui laissent passer les fils.
Tout se passait doue simplement et normalement, quand, le 25, Bachelier se plaignit de constipation et de mal de tête; mais comme il n’avait pas de fièvre, lai* tenlion fut peu éveillée. Le soir de ce jour, il eut une selle liquide, mais très peu abondante.
Le 24, il y avait de la fièvre, le ma! de tête était augmenté; on interrogea le malade avec le plus grand soin ; il dit que depuis l’opération il saignait souvent du nez, qu’il toussait aussi depuis celte époque; que vers
(l) Observation recueillie par M. Boulcillicr (de Itouen).
OBSERVATIONS. (il
e 18 il avait même craché déjà un peu de sang. Remontant aux antécédents, nous apprîmes que le malade îabilait Paris depuis deux ans ; qu’il occupait avant Ventrerà l’hôpital une chambre très petite, où couraient aussi deux de ses camarades ; enfin, nous dûmes toler que depuis le 10 août il est dans une salle de maades (mais, il faut le dire, une des plus belles et des dus saines de tous les hôpitaux de Paris); il nous a ssuré qu’il n’était pas sujet à la constipation.
Le malin même (24 août), on constate les symptômes uivants ajoutés à ceux que le malade venait d’accuser: a langue sèche, mais du reste rien encore du côté des onctions digestives ; râle muqueux en arrière et des deux côtés ; crachats sanguinolents, mais le sang n’est >as intimement mêlé au mucus, il paraît au contraire » enir de la gorge.
Céphalalgie, hébétude, étourdissements, mais la vue ‘l l’ouïe n’offrent rien d’anormal; insomnie la nuit précédente, pendant laquelle il y a eu des hallucinations.
Fièvre, comme nous l’avons dit déjà; enfin la plaie p-st devenue sèche. Tisane de tilleul, saignée du bras.
Dans la journée, une selle liquide, peu abondante,
• ît quelques vomissements bilieux.
Le soir, fièvre intense, gargouillement dans la fosse ; iiliaque droite, pas de taches sur le ventre ; mais on reimarque l’éruption à la région sacrée, que M. Piorry a signalée au début de la fièvre typhoïde. Les crachats et lies signes fournis par l'auscultation n’ont pas changé.
Une bouteille d’eau de Sedlilz fut prescrite par l’intlerne : elle fut vomie en grande partie et ne purgea pas Ile malade.
1)U VARICOCELE.
Le 25, une selle liquide verte avant la visite; même état que la veille: trois pots de tilleul.
Le soir, le ventre n’est ni ballonné, ni douloureux à la pression, mais il y a un gargouillement extrême. Dans la journée, il y a eu encore des vomissements bilieux, mais pas de selles. Le sang paraît plus lié aux crachats que les jours précédents; râle muqueux à droite et à gauche, et un peu de râle crépitant à la base du poumon droit; matité en ce point; parole lente, peu distincte; hésitation dans les réponses; quelques moments de délire dans la journée ; les yeux sont ternes.
Vers l’apophyse xiphoïde , on distingue deux petites taches lenticulaires rosées ; sur la poitrine, beaucoup d’acnés fins.
Le 26, le malade a vomi trois fois depuis hier à la visite du soir (six heures) ; fièvre peut-être moindre (le pouls est à 400) ; pouls encore assez développé ; langue moins rouge el un peu moins sèche que précédemment. Le malade a saigné du nez et a beaucoup toussé dans la nuit ; il a rêvassé, sauté dans son lit, et, pour nous servir de ses expressions, il voyait toute la chambre bousculée.
Les taches lenticulaires que nous avions notées ont disparu, d’autres se remarquent sur la région du foie. Quant aux crachats, ils contiennent moins de sang. L’auscultation révèle du râle muqueux, surtout à droite, et la percussion de la sonorité partout, excepté à la base du poumon droit, où il y a un peu de résonnance de la voix. Il y a peu d’expansion vésiculaire dans la moitié inférieure de ce poumon. Solution de sirop de groseille , deux pots; un lavement émollient pour le
soir.
OBSERVATIONS
Le 26 au soir, une selle liquide depuis la visite du matin; crachats idem; toux moindre; lièvre moindre.
Le 27, le malade a eu au commencement de la nuit une selle liquide; le ventre est un peu ballonné; le gargouillement qui s’y opère s’entend à distance. On voit à la base du thorax quelques taches lenticulaires. Pouls 1 00, non petit, cependant moins fort que la veille; le malade est très agité. Les crachats , peu abondants, deviennent purulents, dès hier soir ils avaient déjà cette tendance. Looch hl . , solution de sirop de groseille, vin, bouillon. Le soir il y a une forte sueur; le malade est pâle et a le faciès allongé. Pouls 104, plus petit; il y a eu deux selles liquides, très fétides, depuis le matin ; gargouillement. Bachelier dit n'avoir mal nulle part et se plaint d’avaler difficilement; plus de toux; deux ou trois crachats purulents; hébétude.
Le 20, pouls 100, plus petit; le malade dit souffrir un peu partout et surtout à la tête; dents un peu fuligineuses, langue sèche, ventre un peu moins ballonné, fosse iliaque droite douloureuse à la pression ; depuis hier soir trois selles liquides peu abondantes, crachats idem; le malade ne se souvient de rien, il est hébété, a la parole gênée, mais il n’est pas sourd; de temps en temps il a du frisson suivi de sueur. Limonade citrique; fomentation sur le ventre.
Le 20 au soir, peau très sèche, brûlante; plus de fièvre que le matin; dents plus fuligineuses; ventre idem ; langue sèche, fendillée ; le malade dit qu'il souffre un peu partout; intelligence encore plus troublée; une : selle liquide peu abondante depuis la visite du matin.
Le 29, peau sèche, pouls 112, délire la nuit, deux crachats purulents; langue moins sèche, dents très fuli-
lil' VARICOCELE.
gi lieuses, soi!' (comme toujours) peu vive, une selle liquide peu abondante pendant la nuit, quelques frissons et ensuite de la chaleur, mais sans régularité; la rate n’est nullement volumineuse, mais elle est refoulée par les gaz intestinaux. Fomentation émolliente sur le ventre; l décigr. de sulfate de quinine en deux pilules; changement de salle. Le soir il tousse à peine ; deux ou t rois crachats comme précédemment; peau moins brillante, mais toujours très sèche; pouls un peu moins fréquent, langue moins sèche, fosse iliaque droite un peu douloureuse cà la pression, pas de selle depuis le malin, vue et ouïe bien conservées.
Le 30, langue moins sèche, déglutition difficile; ventre un peu plus ballonné, mais non douloureux; taches lenticulaires rosées très abondantes à l’épigastre et aux Iiypoclion dres ; 2 selles liquides dans la nuit, mais peu abondantes (de 2 verres chaque environ). Pas de céphalalgie; pouls assez petit, à 116; le malade a „ été très agité au commencement de la nuit ; intelligence un peuen meilleur étal ; crachats idem. — Limonade citrique, 2 décigrammesde sulfate de quinine en 2 pilules, 1 le matin, 1 le soir; fomentations; idem. Le soir, même état, rien de particulier à noter.
51. Depuis hier, à la visite du matin, 5 selles liquides peu abondantes. A huit heures du soir, il y a eu des vomissements verts; ventre légèrement moins ballonné, langue un peu plus sèche; pouls, 96 seulement et un peu plus développé que la veille; mais, somme toute, il y a plus de faiblesse, le faciès est plus allongé. Bachelier a été assoupi et plus calme la nuit. Râle muqueux, pas de râle sibilant. Mêmes prescriptions : riz saupoudré, de gomme. M. Puche et M. Conrlin , son
OBSERVATIONS
interne, voient le malade. M. Puclie diagnostique une fièvre typhoïde et tire un pronostic fâcheux du grand engouement pulmonaire qu’il constate. Ce même jour, line heure après la visite, M. Valleix examine le malade; il est frappé du nombre de taches lenticulaires qui couvrent tout le ventre, il en voit même sur les cuisses et sur les bras. Dans les deux tiers inférieurs du poumon droit, il croit à de la bronchite capillaire, et même en bas du poumon il croit à un petit point hépatisé; il y a là du retentissement de la voix, partout beaucoup de râle muqueux; il constate enfin que la plaie est sèche, mais qu'il n’y a ni engorgement, ni inflammation, ni douleur, soit au-dessus, soit au-dessous de celte solution de continuité. M. Valleix diagnostique donc une fièvre typhoïde avec complication du côté droit de la poitrine, et il conseille un julcp émélisé (0,10) qui est donné tout de suite. Le soir, le malade a vomi une fois ; il n’a pas été à la selle.
Le 1er septembre, pouls 103, petit., dépressible, peau sèche, langue sèche; après la visite d’hier soir, le malade a vomi trois fois. Pas de selles ni hier ni cette nuit; mais pour la première fois, celle nuit et ce malin, il a eu un peu d’incontinence des matières fécales et des urines. Ballonnement augmenté, pas de gargouillement, taches idem; toujours décubitus dorsal. Beaucoup de délire celte nuit; il a constamment parlé seul. Il a toussé et craché fort peu. — Julep avec sulfate de quinine, 2 décigramines (non en pilules, parce que la déglutition est difficile); fomentations continues; un vésicatoire à chaque mollet. Le soir, pouls relevé très fréquent ; on constate que le pus d’une urétrite chronique peu intense., puisqu’elle n’avait pas contre-
DU VARICOCELE ,
indiqué l’opération du varicocèle, que ce pus, dis-je, esl complètement arrêté. Le malade ne peut dire depuis quand; nous avouons une pareille ignorance, car, en face de symptômes aussi graves, celui-ci avait été un instant négligé par nous.
Le 2, M. Cullerier, remplaçant M. Vidal en congé, lait pour la première fois la visite; il porte le même diagnostic que ses trois confrères, MM. Puclie, Valleix et Vidal. Le malade a vomi la veille à quatre heures et demie. Le ventre est un peu moins ballonné, il y a du gargouillement ; l’incontinence continue. Grande soif, bouche et lèvres très sèches; pouls assez développé, 112. Il y a du tremblement de la mâchoire inférieure; les mains et les pieds sautent un peu. Il y a eu beaucoup d’agitation et de délire celte nuit. — Riz saupoudré de gomme, bouillon de poulet, sulfate suspendu.
Le 3, langue très sèche. Depuis hier, une selle; le malade a demandé le bassin et n’a pas eu d’incontinence, mais il a uriné dans le lit. Ballonnement, souffrance dans le ventre, gargouillement profond. Grande agitation toute la nuit, mais délire moindre; encore du tremblement du maxillaire inférieur, des mains et des jambes. Céphalalgie; il tousse et crache peu; pouls, 100.
Le 4, il se trouve mieux; il a vomi son bouillon;
1 selle, et il n’a uriné sous lui que pendant la nuit. Langue sèche; pouls, 400-104; il a été très agité la nuit. Plus de tremblement du tout; respiration un peu plus fréquente; cependant ni crachats ni toux. Escarre au sacrum d’un pouce de diamètre. Les vésicatoires, quoi qu’on ail fait, sont secs; l’urélri le, comme on le sait, est tarie; il l’avait encore lors de l’opération.
Le 5, la bouche en général est beaucoup moins sèche;
OBSERVATIONS
dents non fuligineuses. Il n’a pas été à la selle dans les vingt-quatre heures qui viennent de s’écouler, et il a toujours demandé à uriner. Un peu de gargouillement emphysémateux fin; ventre un peu moins ballonné. Moins agité, peau moins brûlante; pouls cependant à 406-108; il dit ne souffrir nulle part. Respiration un peu vive, tousse de temps en temps, ne crache pas, mais on entend un roulement dans les voies respiratoires.— Lavement émollient , bouillon de poulet.
Le 6, 1 selle depuis hier; bouche idem, peu de fièvre, nuit très agitée, mais sans délire; dit ne pas souffrir et demande du bouillon. Le soir, idern; pas de nouvelle selle, gargouillement, ballonnement, sueurs abondantes. Respiration moins fréquente.
Le 7, bouche idem ; ventre plus plat , gargouillement, pas de selles; pouls, 100; nuit très agitée, délire, ne souffre pas; œil bon, peau très bonne. Respiration moins fréquente, absence de roulement dans les voies respiratoires. — 2 verres d’eau de Sediilz.
Le 10,2 selles et incontinence de matières fécales; a uriné quelquefois sous lui ; bouche comme la veille ; ventre plus plat , gargouillement emphysémateux superficiel ; pouls 88, beaucoup plus agité cette nuit que la [précédente. — 2 vésicatoires aux cuisses.
Le 11, pas de selles, ni volontaires ni involontaires; lèvres et dents nettoyées, moins de soif, ventre idem, ipeu de gargouillement ; il a été tranquille celte nuit et l’aspect est meilleur: le malade lui-même se trouve ibien ; il urine encore parfois sous lui; pouls 106 et respiration 40, mais notons que le malade vient d’être îfpansé.
Le 12, bouche idem , ventre plat, pas de selles, gar-
HU VARICOCELE.
gouilleinent; pouls 412 et pelit, respiration 40; les ailes du nez se dilatent à chaque respiration ; la nuit a été assez bonne, et il a eu une grande sueur hier dans l’après-iuidi. — Eau de Sedlilz, 2 verres.
Le 15, bouche idem , ventre idem, 5 selles volontaires dans les vingt-quatre heures; pouls 412 et pelit, a été en sueur hier de onze heures à quatre heures; respiration toujours vile , tousse et crache peu; la nuit a été assez tranquille , il ne soulfre nulle part.
Le 14 , 5 selles depuis la veille , moins de gargouillement, ventre plat, pouls 100, respiration 52; la nuit a été bonne.
Le 15, vomissements verdâtres.
Le 16, pas de selles, ventre plat, gargouillement ; pouls 96 ; la plaie est moins sèche depuis quelques jours et a diminué. — Eau de Sedlilz, 2 verres; 1 bouillon.
Le 17, 1 selle non liquide, pas de soif, 2 vomissements verdâtres , il n’a gardé que le deuxième verre d’eau de Sedlilz; pouls meilleur, à 96 ; pas de céphalalgie ; — 1 potage léger.
Le 16 , 1 selle , pas de vomissements, nuit très tranquille; les vésicatoires ne sont pas encore secs. — 1 bouillon , 1 potage.
Le 21 , 1 portion.
Le 25, depuis plusieurs jours il ne va plus à la selle; bouche très bien, plus de soif exagérée; pouls environ à 00 ; les taches ont disparu ; la plaie du varicocèle est presque fermée , les lèvres en ont un bon aspect. — Eau de Sedlilz, 1 verre.
Les symptômes s’amendant de jour en jour, Bachelier est sorti guéri le 0 octobre 1846, et de sa fièvre typhoïde, et de son varicocèle.
OBSERVATIONS. 69
Antécédents relatifs au varicocèle. — B... n’a jamais eu d’orchite, il n’a pas de varices ailleurs.
Antécédents héréditaires , nuis. — B... n’a jamais fait d’excès ni de femmes ni de masturbation ; il croit que sa maladie est de naissance; il n’en souffrait pas et il ne s’est fait opérer que parce qu’il avait vu le succès obtenu par M. Vidal (de Cassis) sur des voisins (il était entré à cause de son urétrite chronique). Jusqu’à seize ans, cet homme, qui en a vingt-trois actuellement, avait travaillé à la terre; depuis lors, il est garçon épicier et reste très souvent assis, c’est-à-dire plus de la moitié de la journée.
On voit ici une fièvre typhoïde des plus graves atteindre l’opéré pendant l’existence de la plaie qui résulte de la section d’une partie des bourses et de l’enroulement des veines, et cependant le malade guérit de celte fièvre grave et des suites de l’opération.
Obs. III. — Varicocèle à gauche. — Salle 2, n° 12 , A. B..., vingt ans, entré le 7 décembre, sorti guéri le 22 janvier. — Ce jeune homme est né de parents bien portants, et n’offrant en aucun point du corps des traces de varice. Il est lui- même d'une assez forte constitution ; il a les apparences de ce qu’on appelle tempérament lymphatico-sanguin. Pendant son enfance, il cul des bronchites fréquentes qui déterminaient souvent de violents accès de toux. Il s’est livré à la masturbation; il a eu, d’assez bonne heure, des rapports sexuels; de plus, sa profession le fatigue beaucoup ; il fait de longues marches.
A l’âge de dix-sepl ans, il reconnut déjà que le scrotum guucheétaitplus.volumineux, et descendait plus basque le droit ; il éprouvait une pesanteur marquée à gauche
IM VAIUCOCKLK.
quand il marchait. Il y a dix-huit mois, il eut un chancre au prépuce, dont il fut guéri par M. Puche. Depuis lors, il a toujours porté un suspensoir, ne s’est livré au coït que rarement, mais il a toujours marché beaucoup. Depuis six mois surtout, le varicocèle a fait des progrès sensibles ; le scrotum gauche lui parait très lourd, et détermine des tiraillements, surtout dans la cuisse gauche, dans l’aine du même côté, quelquefois, mais rarement , du côté des reins. Vers le milieu de novembre 1843, le sentiment de pesanteur devient insupportable , se change en une véritable douleur qui s’irradie fortement jusque dans les lombes.
A. R... entre le 7 décembre 1843 à l’hôpital du Midi. On le laisse se reposer une quinzaine de jours. Sous l’influence de ce repos au lit, le varicocèle ne subit aucune amélioration ; dès que le malade se lève, il se reproduit aussi volumineux.
Le 21 décembre, M. Vidal l’opère par le procédé suivant :
Le malade est debout; le chirurgien, assis devant lui , isole les diverses parties du cordon , porte en dedans et en arrière le canal déférent. En dehors de lui , un pli de la peau contient les veines dilatées. Le pouce el l’index gauche sont entre les veines et le canal déférent, et fixent ce pli de peau. La main droite de l’opérateur tient une aiguille de près de 6 centimètres, lancéolée à une extrémité, taraudée de l’autre côté pour recevoir un fil d’argent. Celle aiguille traverse le pli de peau en dedans des veines el en dehors des doigts qui fixent ces mêmes vaisseaux. De celte façon, les vaisseaux el toute la peau au-devant d’eux sont compris dans une anse de fil d’argent qui se trouve en arrière. Les doigts
OBSERVATIONS
abandonnent le premier pli de peau pour en tonner un mire devant les vaisseaux; en formant ce pli on rap- •roclie nécessairement les deux ouverture^ faites par aiguille, et qui sont traversées par le fil d’argent, lequel •si un peu plié; par ces mêmes trous on passe une autre liguille qui entraîne après elle un autre lil d’argent : ceui-ci est donc placé au-devant des veines. Les vaisseaux ariqueux se trouvent ainsi compris entre deux fils d’arent situés, l’un au-devant et l’autre en arrière, et il n’y que deux piqûres aux bourses par lesquelles entrent et orient les deux fils. C’est là le premier temps. M. Vidal ord ensuite, et d’avant eu arrière les extrémités libres -es fils d’argent : les vaisseaux sont obligés de suivre
i’î mouvement de rotation des fils qui les serrent ; il se ait donc un enroulement des veines sur ces fils , ce qui ;s raccourcit, et donne lieu par conséquent à une asension du testicule. Quand cet organe est assez re-
!"nonté, M. Vidal place sur la peau qui est entre les deux iiqûres un rouleau de bande sur lequel il réunit et je )rd fortement les deux bouts du cordon métallique
firmé par les fils tordus déjà sur eux-mêmes.
Le malade, ainsi opéré, n’a éprouvé aucun accident; à: douleur, assez vive au moment de l’opération, s’est rromplement dissipée. De temps en temps, à mesure uie les parties sont coupées , on resserre les fils d’ar- **3ii t en les tordant de nouveau sur la bande. On dimiue le diamètre du globe, ce qui diminue d’autant 'étendue de l’arc que forme l’anse des fils pour les Wiener plus directement l’un vers l’autre (1). — Le
(1) Pendant la torsion, je fais respirer maintenant un peu de iloroforrne. En tordant très fort les (ils, le plus souvent je n’y viens plus, et il m'arrive d’abandonner le tout jusqu'au moment
DU VARICOCELE.
15 janvier, eus fils sont tout à fait sous-cutanés , et le 17, ils ne comprennent plus qu’un très pelit espace de peau, dont on opère la section, et on retire les fils. On peut constater alors que la peau et les parties sousjacentes au niveau de la cicatrice, sont très adhérentes entre elles; que le testicule, loin d’être pendant, est très remonté, et s’est maintenu dans celle position nouvelle depuis l’opération.
Depuis le 17 janvier jusqu’au 22 du même mois, jour de la sortie de ce malade, on l’a fait marcher, se tenir debout pendant longtemps, demeurer dans une chambre très chaude, et toujours on a pu constater le même état des parties : plus de pesanteur dans les bourses, plus de tiraillement dans l’aine et dans les reins ; le testicule gauche , autrefois beaucoup plus bas que le testicule droit , est même un peu plus haut que lui.
Obs. IV. — N .., vingt ans, entré le 11 janvier 1844, sorti guéri le 4 avril 1844. — Ce jeune homme porte depuis fort longtemps , sans jamais en avoir été gêné , un varicocèle considérable à gauche : le testicule de ce côté descend très bas , de plusieurs pouces au-dessous du niveau de l’autre testicule ; il est même beaucoup plus petit que celui-ci; il est évidemment très atrophié.
Aucune sensation de douleur dans l’aine, dans les reins, jamais de coliques; seulement les bourses sont pesantes ; aussi le malade porte-t-il habituellement un suspensoir. Le scrotum, surtout à gauche, présente une grande quantité de veines dilatées cl très apparentes.
ou il ne reste plus que quelques lambeaux de tissu cellulaire mortifiés qui tiennent encore aux fils cl au rouleau de bande. Ces lambeaux sont coupés alors, et tout est fini.
OBSERVATIONS
M. Vidal opère ce jeune homme le 14 février, par sa méthode. Ici il y a eu des difficultés réelles : non seule* mentila fallu prendre une assez bonne partie de tissus pour saisir tout le paquet variqueux, mais une veine variqueuse très dilatée ne put être dégagée du cordon testiculaire : la laisser, c’était fortement compromettre le succès de l’opération; aussi M. Vidal se décida- t-il à la saisir, et avec elle, le canal déférent, qui lui était accolé d’une manière si intime. Au moment où l’on fit l’enroulement du cordon , le malade ne parut point souffrir davantage que les malades auxquels on ne lie que des veines; toutefois la douleur ne se calma point presque aussitôt, comme chez les autres opérés: elle demeura vive pendant la journée. La nuit , le malade ne put reposer; il y eut de la réaction, quelques coliques, quelques vomissements. Applications froides sur le scrotum; I décigramme d’opium les deux premiers jours.
Dès le 17 février, plus de douleurs spontanées; il ne s’en développe que parla pression du testicule, qui s’engorge, devient volumineux, et ne peut plus être séparé de l’épididyme. Il en résulte bientôt une tumeur pâteuse d’abord , plus dure ensuite , qui devient progressivement indolente, et dans laquelle on ne peut distinguer la trace du testicule ou de l’épididyme. On enlève les fils le 2 mars : il reste une plaie de l’étendue de 4 centimètres à peu près, peu profonde, mais la lèvre supérieure de celte solution de continuité forme un bourrelet de peau très épais, œdémateux, empâté, qui retarde la cicatrisation ; quand cette partie de peau est tout à fait dégorgée, il n’y a plus qu’un lambeau à base assez étroite, qui, pendant plusieurs jours, du 17
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