TRAITEMENT PALLIATIF
îles circonstances qui militent on ne peut mieux en laveur de la cure radicale.
7° Le varicocèle, comme je l’ai déjà dit et prouvé, peut êlre compliqué d’accidents inflammatoires dans les bourses mêmes. Mais les complications peuvent être plus éloignées, se manifester loin des bourses, du côté des organes principaux de la digestion et de l’hématose. On a observé, en effet, avec le varicocèle, des gastralgies qui ont été traitées comme telles ou comme des gastrites chroniques. On a échoué quand on a voulu traiter ces affections par les antiphlogistiques et les débilitants. J’ai été consulté plusieurs fois par des porteurs de varicocèle et qui se plaignaient surtout de l’estomac; ils n’ont plus souffert de cet organe après l’opération de la tumeur des bourses. Il y a quelquefois avec le varicocèle des pertes séminales ; le plus souvent alors existent, en même temps, des palpitations et plus ou moins de chlorose. J’ai opéré à l’hôtel Saint-Nicolas un malade qui avait cette double complication et qui fut guéri de tout par l’enroulement des veines variqueuses. Je viens d’opérer aussi un tisseur de cinquante-
Icinq ans qui avait avec son varicocèle un asthme. J’avais d’abord refusé de toucher à ce varicocèle, car à cet âge ces tumeurs ne sont pas douloureuses ni très gênantes ; mais ce tisseur, que j’avais fait sortir de mon hôpital , y retourna pour demander encore l’opération, qui celte fois lui fut accordée, et dont le succès a été complet. Je reviendrai sur cet opéré.
Traitement palliatif.
Il y a ici, comme pour l’hydrocèle, un traitement palliatif g l un traitement radical. Le traitement palliatif
DU VARICOCELE.
esl le seul, selon quelques chirurgiens, qui doive dire conseillé dans presque lous les cas. Ce traitement consiste d’abord dans l’éloignementdes causes du varicocèle (il esl inutile de les redire ici). Viennent ensuite les bains frais, les lotions avec l’eau de puits malin et soir sur le scrotum; ou peut mêler à l’eau un liquide légèrement astringent. Ces moyens éveillent la tonicité des tissus des bourses, facilitent leur rétraction, remontent leur ressort. On peut voir la promptitude de l’eiïet de ces moyens sur les militaires qui veulent éviter la réforme et surtout sur les remplaçants. Mais la marche, les mouvements, reproduisent facilement la tumeur; il faut donc souvent répéter ces moyens, et surtout aider, soutenir leur action par un suspensoir bien fait. Ce qu’il faut qu’on sache bien , c’est que ces moyens sont plus d’une fois insuffisants, même pour calmer les douleurs , car il arrive que le suspensoir le mieux conditionné les exaspère.
Au lieu d’un suspensoir, M. Hcrvez de Chégoin veut qu’on se serve d’une bande appliquée de la manière suivante : Le testicule et le paquet veineux sont refoulés en haut vers le canal inguinal; la peau restante des bourses est entourée par la bande au-dessous du testicule, et l’on fait un nœud. Le scrotum esl donc divisé en une partie supérieure qui contient le testicule cl les veines variqueuses, une partie qui esl au-dessous de la bande et qui ne contient rien.
Pour juger ce moyen, on n’a qu’à l'expérimenter une seule fois sur un varicocèle un peu prononcé. Après avoir fait le nœud, on dit au malade de marcher; alors, si le nœud n’est pas serré, la bande tombe, et, s’il est serré, il produit des douleurs et un engorge-
TRAITEMENT RADICAL
ment vers le fond des bourses qui obligent bientôt le malade à défaire le nœud. J’ai parlé des cas où, immédiatement sous la peau et dans son épaisseur, se trouvaient des veines qui, se dilatant toujours plus, semblaient n’èlre recouvertes que par l’épiderme. Les varicocèles qui présentent celle complication sont quelquefois très douloureux; alors le contact seul du suspensoir exaspère la douleur. Conçoit - on l’eflet que pourrait produire ici une ligature des bourses? Je pense que ce sont des préventions mal fondées contre l’opération qui ont porté M. Hervez de Ghégoin à imaginer ce moyen. Cet honorable confrère l’aura appliqué sans doute pour des varicocèles peu prononcés et dans des cas où le suspensoir ordinaire aurait été bien préférable, surtout s’il s’agissait d’ouvriers ou de sujets se livrant à un exercice un peu fatigant.
Traitement radical.
Je dois faire précéder l’exposé des méthodes opératoires de quelques considérations qui motiveront le parti que j’ai pris d’opérer le varicocèle.
Ceux qui repoussent l’intervention de la médecine opératoire invoquent d’abord le peu de danger de la maladie, et à cet argument ils en ajoutent d’autres tirés de l’inefficacité et du danger des opérations pratiquées sur les veines variqueuses du scrotum. Il y a ici deux erreurs qui naissent, comme presque toutes les erreurs médicales, d’une analogie non suffisamment confirmée par l’observation. La grande erreur, celle qui porte sur l’inefficacité des opérations, vient surtout de ce qu’on confond les varices des bourses avec les autres varices, et d’une imperfection dans le procédé opéra-
DU VARICOCELE.
toire. L’autre erreur, qui est relative au danger des opérations applicables au varicocèle, vient aussi de celte fausse analogie, et de ce qu’on ne distingue pas assez parmi ces opérations, et peut-être parce que l’on dédaigne les progrès récents de la médecine opératoire. Expliquons-nous.
1° Une erreur d’étiologie et une observation incomplète ont fait considérer le varicocèle comme appartenant à une classe de maladies et à une classe de malades dont la guérison radicale est presque impossible. Ainsi, vous trouverez encore dans Delpech celte opinion erronée, que le varicocèle est rare chez les jeunes gens, tandis qu’il serait fréquent chez les vieillards. Or c’est de dix à trente ans qu’on observe le plus le varicocèle, et c’est ordinairement de vingt à vingt-huit ans qu’il tourmente le plus les malades. J’ai déjà avancé que le plus grand nombre de mes opérés avait de vingt à vingt-quatre ans. Ici apparaît déjà une différence entre les varices du scrotum et celles des autres parties du corps, lesquelles sont l'apanage surtout de la vieillesse. De plus, ces dernières varices ont souvent une tendance extraordinaire à se généraliser avec l’âge, parce que, liées à des causes diathésiques générales, persistantes, elles prennent le caractère de ces causes. Au contraire, les principales influences sous lesquelles le varicocèle se développe ont un temps et une action limités. Ainsi l’abus des plaisirs vénériens, l’équitation, la danse, les marches forcées, les orchites; enfin toutes ces excitations, ces irritations et les phlegmasies de l’appareil génital , presque toutes ces causes n’agissent que pendant une période de la vie, et elles sont, comme le disent les pathologistes, occasionnelles ; elles ne sont ni
TRAITEMENT RADICAL
permanentes ni générale!''; leurs effets demeurent donc, la plupart du temps, locaux : aussi voit-on rarement les varices des bourses avec d’autres varices , soit aux membres, soit même à l’anus.
2° Les bornes de la sphère d’action de certaines causes doivent, le plus souvent, amener la localisation du mal , ce qui justifie l’emploi d’un moyen topique ou d’un’procédé opératoire. La limitation dans la durée des causes peut faire supposer aussi des bornes à la durée de la maladie, et, par conséquent, la cure spontanée de celte maladie après la cessation de ces causes. C’est ce qui peut arriver au varicocèle. Cette dernière considération , savoir, la cure spontanée du varicocèle, qui semble défavorable à mon système, n’est, en réalité, contraire qu’à ceux qui opèrent à tout prix et toujours. Il semble réellement qu’on pourrait m’objecter, avec le plus grand avantage, qu’une maladie dont la terminaison heureuse, naturelle, est possible , ne nécessite aucune opération. Or cette cure spontanée du varicocèle est un phénomène plus rare qu’on ne pense, et, avant d’avoir lieu, la tumeur des bourses peut causer tous les inconvénients, les désordres moraux et physiques que j’ai déjà signalés. D’ailleurs il est des malades
ture dans l’exécution de ses procédés. Au reste, l’opé-
ration que je pratique n’est pas une mutilation : son procédé, au contraire , se rapproche de celui de la nature ; de sorte que je ne fais qu’abréger les efforts naturels, quand ceux-ci doivent se produire ; je les provoque et les aide dans les cas d’insuffisance de l’organisme pour commencer ou achever la cure médicale.
Ainsi j’ai opéré un malade qui avait un varicocèle
DU VARICOCÈLE.
double; celui du côté droit é I a n t très peu avancé, je me contentai de lier les veines du côté gauche. Eh bien, celles du côté droit sont revenues à l’état normal. Ce malade a été opéré pendant que je suivais encore le procédé de M. Reynaud; mais je lis deux ligatures, une très voisine du testicule, l’autre très voisine de la racine de la verge. Ce fait fera nécessairement naître deux réflexions. On me dira qu’ici l’opération était inutile, et que, puisque la nature a guéri le varicocèle droit, elle aurait pu être aussi bienfaisante pour le gauche. J’en doute fort; car, du côté gauche, les veines avaient un développement énorme; elles étaient d’ailleurs si sensibles, que le contact même du suspensoir était douloureux. Il ne pouvait donc s’en servir, et était dans l’obligation de garder presque continuellement la position horizontale. Une objection plus fondée serait celle qui porterait sur la pratique que j’ai suivie quand j'ai opéré plus lard les deux côtés en même temps, comme le prouvent trois observations relatées par moi. Mais ici le côté droit était si développé, que je n’ai osé conûer à la nature seule sa guérison ; il y avait même un de ces malades qui avait le varicocèle droit aussi volumineux que le gauche, lequel l’était beaucoup.
5° J’ai dit qu’un autre argument dirigé contre la cure radicale, celui du danger de l’opération, avait aussi sa source dans une analogie forcée, dans la confusion des anciens avec les nouveaux procédés, et peut-être dans le dédain des progrès récents de la médecine opératoire.
En effet, on a assimilé les veines des membres inférieurs à celles du cordon spermatique : or , comme les opérations pratiquées sur la saphène ont en trop
TRAITEMENT RADICAL
souvent des suites extrêmement graves, et cela pour acheter des guérisons presque toujours incomplètes eu avec récidive , il est des praticiens qui ont conclu au rejet des opérations pour les varices des bourses, par les même» motifs qui les avaient portés à exclure la médecine opératoire du traitement des varices des membres inférieurs. Mais quelle différence pour le calibre entre la veine saphène à la cuisse, même à la jambe, et les diamètres des veines du cordon spermatique? Or, plus le calibre de la veine sur laquelle on opère est considérable, plus les dangers sont grands. Il en est de même des blessures des veines , la gravité, la fréquence des accidents sont en raison directe des diamètres de ces vaisseaux.
Dans l'appréciation des dangers de l’opération, il serait injuste et tout à fait illogique de prendre pour éléments les procédés qui consistent à traverser les veines .avec le fer rougi, à ouvrir les bourses pour mettre à nu le plexus veineux et même le testicule, lier les veines ainsi dénudées, les diviser largement pour les vider, enfin extirper les varices avec ou sans ligatures préa- ! labiés , en venir jusqu’à l’ablation du testicule : tous oces vieux procédés constituent une médecine opératoire dangereuse et justement réprouvée; car, de ces opérations, la moins irrégulière a des dangers réels, et il n’en est aucune qui ne soit de nature à allumer des inflammations avec suppuration, non seulement des tissus qui entourent les veines, mais des veines elles mêmes. Dans tous ces procédés, le contact de l’air aide I l’action des moyens énergiques appliqués sur les veines pour déterminer leur inflammation , et souvent celle inflammation éclate avant l’oblitération de ces vais-
DU VARICOCÈLE.
seaux, ce qui esl. la circonstance la plus lâcheuse.
Il faut donc, dans l’appréciation des moyens fournis par la médecine opératoire, éliminer tous les procédés antérieurs à l’espèce de renaissance de l’opération du varicocèle, qui date de 1850. On devra noter ici cette époque, parce qu’elle marque le point de départ des opérations bénignes pour la cure radicale du varicocèle; et ce qui esl plus important pour l’histoire de la chirurgie, c'est encore l’époque de la première formule complètement régulière d’une opération sous- cutanée.
M. Gagnebé, dans une thèse soutenue à Paris en 1 850, mettant à profit les travaux de J. Hunier, de Delpech, Velpeau, de MM. Andral, Cruveilhier, Breschet, Blandin, Briquet, considéra la phlébite comme pouvant être produite par l’action de l’air sur les veines du cordon spermatique, et inventa la ligature sous-cutanée des veines. Cependant ce n’est pas la méthode de M. Gagnebé qui fut d’abord employée par le plus grand nombre des praticiens, ce fut celle que G. Breschet créa en 1855. G. Breschet, étant chirurgien de l’Hôtel-Dieu, se trouva en position de répandre sa méthode et de l’appliquer un grand nombre de fois. Il est peu de praticiens à Paris qui n’aient connu quelques succès dus aux pinces de Breschet, et M. Landouzy a écrit un mémoire rempli d’observations qui constatent les avantages de celle méthode. Or cet auteur ne cite pas un seul revers grave. Le mot succès que je viens d’employer ne signifie pas absolument cure radicale ; car, dans cette partie de mon travail, j’ai seulement pour but de prouver le degré d’innocuité des opérations nouvellement proposées. Or, pour faire celle preuve, j’ai jugé convenable de citer la méthode qui a été le plus souvent employée,
MÉTHODES ET PROCEDES
celle dont les résultats ont reçu le plus de publicité, celle de G. Breschet, enfin, et je trouve dans la science ceci : Les succès ont été constants, ou mieux, cette méthode a été constamment innocente. Je sais qu’on a beaucoup parlé d'un malade qui aurait succombé à la suite d’une de ces opérations; mais on lit dans une bonne thèse de G. Jeanselme ces mots : « J’ai voulu prendre des renseignements positifs à cet égard. Tous les détails de ce fait m’ont été communiqués avec une scrupuleuse exactitude par mon ami M. Després, prosecteur à la Faculté de médecine, qui a assisté à l’opération et donné des soins au malade. Or il résulte de ces détails qu’on ne saurait rendre l’opération responsable de ce malheur, qui ne pourrait, en réalité, qu’être attribué à des imprudences réitérées du malade. » Pour mon compte, j’aurais préféré la publication de tous les détails de celte intéressante observation à un simple énoncé de la cause de la mort. Mais admettons l’explication la plus défavorable à celte opération, admettons un mort sur un si grand nombre d’opérations pratiquées par Breschet et ses élèves, et nous pourrons encore conseiller l’opération dans le cas de varicocèle : seulement on donnera la préférence à des procédés moins douloureux, et qui mettront d’une manière plus sûre le malade à l’abri d’une récidive. Je reviendrai, dans un paragraphe que je recommande au lecteur, sur ces accidents attribués à la cure radicale; ce paragraphe viendra après les méthodes et procédés opératoires.
IVIétlioiles et procédés.
La plupart des méthodes et procédés employés pour la cure radicale des varices en général ont été appli-
nu VA R] COU 10 LE.
qués à la cure radicale du varicocèle. Mais il esl des procédés qui sont plus particulièrement destinés à faire disparaître les varices des bourses; je dois les décrire et les apprécier ici.
A. Procédé de G. Breschet. Il faut savoir pour lous les procédés qu’à l’étal normal Tarière testiculaire esl unie intimement par du tissu cellulaire au canal déférent; ces deux canaux sont facilement séparés des veines, surtout quand celles-ci sont dilatées. La tumeur variqueuse, séparée du canal déférent, esl saisie et comprimée fortement entre les branches d’une pince sur le modèle de Tenlérolomc de Dupuy- Iren. Cet instrument reste assez longtemps appliqué pour qu’il y ait section des parties molles, étranglement et oblitération des veines; les parties comprises entre les mors de l’instrument peuvent même être complètement coupées; on les réunit ensuite après la chute des pinces. La circulation veineuse se trouve nécessairement empêchée dans les gros troncs veineux; elle n’a plus lieu que par les veines capillaires, et la cure radicale du varicocèle est obtenue ainsi de la manièrela plus sûre et sans aucun danger pour le malade (I). On place ordinairement deux pinces. Dans leur application , deux choses doivent être soigneusement observées : 1° comprendre toutes les veines dans les mors des pinces; 2° éviter de pincer le canal déférent.
On fait marcher le malade quelques heures avant l’opération. En été, celle promenade esl suffisante; en hiver ou par un temps froid, un bain dilate mieux les vaisseaux à comprimer, Il vaut beaucoup mieux, selon moj laisser le malade couché et lui chauffer les bourses.
(1) Mémoire sur le varicocèle. Paris, 1838. p. 00.
METHODES ET PROCÉDÉS
ôi
Je suppose quon opère à gauche : le malade est debout, le chirurgien est à sa droite On place , dans le cercle que forment le pouce et l’index, la bourse droite; les extrémités de ces doigts dépassent la cloison et vont à la recherche du canal déférent : il est en arrière du cordon ; ii a le volume, la dureté d'une plume de corbeau. On a ditquesa compression fait éprouver au malade une sensation d’accablement, ce qui est une grande exagération. Sa densité seule et son égalité le font distinguer des veines. La main droite aide à celle recherche, à la séparation des veines qu’elle éloigne du canal déférent , lequel est maintenu contre la cloison par le pouce et l’index de la main gauche. Ce départ des éléments du cordon doit être fait avec le plus grand soin, et l’on ne doit point laisser de veines avec l’artère spermatique et le canal déférent. La figure 1 montre les veines variqueuses et leurs rapports avec le canal déférent. On voit ces veines disposées en trois faisceaux qui entourent le canal , lequel est celle tige au milieu de la figure , celle qui n'est pas
llexueuse. Ce qu’il y a de plus important ici, c’cst île bien faire attention à la veine qui est tout à fait contre le canal; si oiï la laisse, la récidive est certaine.
Fig. 1.
DU VARICOCÈLE.
Un aide place la première pince à la partie supérieure, de manière que ses mors soient perpendiculaires à la direction des veines. On relèvera le pénis contre le ventre, pour que la pince laisse la peau nécessaire aux érections qui pourraient survenir pendant qu’elle agit. On rapproche les branches au moyen de la vis, et l’on serre, du premier coup, Irès fortement. La seconde pince est placée le plus bas possible; on évitera cependant que le testicule soit trop voisin de la section qui sera produite par les pinces. Ces instruments ont pour action première l’oblitération des veines; puis la section de tous les tissus qu’elles étreignent, la peau comprise : de sorte qu’après l’opération, reste sur la bourse deux entailles. M. Landouzv a modifié les pinces, de manière à épargner le bord externe du pli qui comprend les vaisseaux.
B. Procédé de M. Velpeau. Ce chirurgien fait d’abord le départ des veines du cordon et du canal déférent. Une épingle est alors enfoncée de manière à piquer la peau sur un côté des veines, à passer derrière elles pour sortir sur le côté opposé. Alors un fil fait autour de celte épingle des huit de chiffre, comme on le pratique pour la suture du bec-de-lièvre. La veine subit ainsi une forte compression, un étranglement sur trois points, par l’épingle sur laquelle elle est à cbeval , et de chaque côté par les fils.
C. Procédé de M. Gagnebé. J’ai dit déjà les motifs qui ont engagé M. Gagnebé à pratiquer une ligature sous-cutanée. Ainsi, tandis que le procédé que je viens de décrire est, en même temps, une ligature médiate cl immédiate, celui-ci est une ligature tout à fait immédiate. Voici comment j’exécute ce procédé : une aiguille
MÉTHODES ET l'KOCÊDES.
portant un lil un peu fort entre et. sort, comme pour le procédé de M. Reynaud que je vais décrire ; il y a donc une anse de fil qui embrasse immédiatement en arrière les veines. Il s'agit maintenant de les étreindre immédiatement en avant, afin que le cercle formé par le fil soit complet. Pour cela, il faut que l’aiguille rentre par Je trou qu’elle a lait en sortant, et qu’elle sorte par la piqûre faite en entrant; là les deux bouts du fil se trouvent alors réunis, on peut les nouer, et ce nœud comprend le paquet des veines sans embrasser aucune partie des téguments. M. Ricord, qui a adopté ce procédé, applique ici un constricteur particulier. Une erreur historique, sans doute involontaire, une illusion peutêtre et une trop grande susceptibilité, portent M. Ricord à considérer comme une attaque dirigée contre une de ses inventions tout ce que je dis contre la ligature sous-cutanée. Il faut donc que je répète de nouveau que le principe, la méthode, appartiennent à M. Gagnebé, et que c’est contre la ligature simple, celle qui ne fait que couper les veines, que je m’élève. C’est pour cela même que j'ai abandonné le procédé suivant , celui de Reynaud, de Toulon. Et cependant celui-ci a un avantage de plus que la ligature sous-cutanée , puisqu’il coupe non seulement les veines du cordon, mais celles du pont de peau qui se trouvent entre les deux piqûres par où passent les fils. Mais on n’oblitère pas pour longtemps les veines par une section simple, on ne les oblitère sérieusement que par une perte de substance.
U. Procédé de M. Reynaud, modifié par l'auteur. Une aiguille droite, forte et terminée en fer de lance, est taraudée à l’autre extrémité dans le sens de son axe [voy. la ligure 2); une extrémité d’un fil d’argent très
DU VAltlCOCELG.
flexible, du diamèlre d’une grosse épingle, esl vissée sur celle aiguille ; le fil semble donc une continuation de l’aiguille.
L’opérateur sépare les vaisseaux variqueux du canal déférent. Celui-ci esl rejeté en dedans et en arrière du côté de la cloison des bourses el de la racine de la verge. Les vaisseaux variqueux sont saisis et serrés en un seul cordon par le pouce el l’index de la main gauche. Ces vaisseaux se trouvent dès lors dans un pli de la peau que les doigts ont soulevé et qu’ils bornent en arrière. L’extrémité de ces doigts sert de guide pour feutrée el la sortie de l’aiguille; celle-ci pénètre du côté de l’index, el sort du côté du pouce; elle entraîne le fil d’argent. Une anse de ce fil est, en conséquence, passée derrière les veines variqueuses; les deux bouts sortent ainsi par les deux ouvertures du scrotum, qui se trouvent à une distance d’un pouce ou un peu plus l’une de l’autre. Entre ces deux ouvertures est placé le glube d’une petite bande. C’est sur cette espèce de coussinet que le fil est noué. Au-dessous de ce nœud on passe la sonde cannelée qui représente le bâtonnet du compresseur des artères appelé garrot, et on le fait tourner comme lui.
Il est facile de comprendre toute la simplicité de cette manœuvre. Si une conslriclion trop forte amenait de trop vives douleurs, ou faisait naître une inflammation intense, il suffirait de faire faire au bâtonnet un tour en sens opposé aux tours qui ont serré le fil, et vice versâ. On pourrait aussi , si l’inflammation avait une tendance à devenir pblegmoneuse, enlever le coussinet et appliquer des topiques émollients. Dès que l’ordre serait rétabli, on remettrait la compresse sous
MÉTHODES ET PROCEDES
le nœud, el l’on appliquerait la sonde cannelée comme nous l’avons indiqué plus liant. Mais je me hâte d’ajouter que toujours j'ai eu à serrer l’appareil au lieu de le desserrer. Tous les trois jours on tourne la sonde cannelée dans le sens de la conslriclion , laquelle est ainsi graduellement augmentée sans que, pour serrer, on soit obligé de relâcher momentanément le fil.
Le quinzième jour, tout peut être coupé par le fil , qu’on trouve tout a fait sous-cutané, ou qui a déjà attaqué la peau elle-même. Pour avoir la complète certitude de ne laisser échapper aucune veine, on peut couper le pont de peau avec un bistouri, comme le faisait M. Revnaud, ou bien laisser le fil, qui opère luimême celte section.
Ce procédé est de tous le plus simple, le plus facile; mais il ne fait pas éviter d’une manière plus sûre la récidive que les procédés de Breschel, de M. Velpeau; l car il se borne à intercepter la circulation veineuse sur un point du cordon spermatique et sur une partie de la peau du scrotum. Mais trop souvent, quel que soit lie procédé de ligature mis en usage, le sang parcourt i i de nouveau les veines liées; ou bien alors elles n’ont • pas été complètement oblitérées, ou bien il y a eu réi Raidissement de leur cavité, "dû à l’absorption plus ou unoins complète des caillots. Ces circonstances rne déterminèrent à lier les veines à deux hauteurs différentes. J’ai donc souvent appliqué deux ligatures : une supérieure, au voisinage de la racine de la verge; l’autre iprès du testicule. Je ne serrais d’abord que la ligature supérieure, l’autre devenait alors une ligature d’atlente que j’étreignais plus tard. Celte double ligature I aissc bien moins de chances à la récidive; mais on
IHJ VAIMCOCELB.
peu I encore l’observer, malgré l'interception du samsur deux points des veines, à deux bailleurs différentes. En effet, ces veines, conservant une longueur exagérée, permettent encore au testicule de rester à l’état de prolapsus, et il n’y a pas de perle de substance des vaisseaux, ce qui est une cause de récidive des plus puissantes. J’ai donc conçu et exécuté le projet, non seulement d'oblitérer, de diviser les veines du cordon spermatique à plusieurs hauteurs différentes, mais encore de raccourcir le cordon spermatique , de faire éprouver aux veines une perte de substance pour produire une véritable ascension du testicule, et cela par une opération bien simple, par une seule ligature. Pour remplir celle double indication .j'enroule les veines du cordon autour de deux fils d’argent, comme une corde est enroulée sur un treuil.
E. Nouveau procédé de l'auteur. — Enroulement des veines du cordon spermatique. Le premier temps est absolument semblable au premier temps du procédé déjà décrit. Il consiste à passer un fil d’argent derrière les veines du cordon spermatique. Pour cela, le malade étant debout, devant l’opérateur, l’aiguille a (fig. 2)
Fig. 2.
est armée d’un fil d’argent b. Le fil et l’aiguille traversent les bourses , guidés par le pouce et 1 index, qui ont préalablement opéré une séparation entre les
MÉTHODES ET PROCÉDÉS
veines et le canal déférent (1). Celui-ci a été porté en arrière et vers la cloison des bourses; les veines sont poussées en avant et en dehors dans un pli de la peau. Le second temps consiste à passer, avec une aiguille moins forte c, un autre lil d’argent d en avant des veines, afin que ces vaisseaux soient entre deux fils. Pour cela, l’index et le pouce, qui étaient en arrière des veines, sont portés devant elle, et pincent la peau dans ce sens, pour y ramener les deux ouvertures par où sortent les deux bouts du fil d’argent déjà placé. En pliant un peu ce fil, qui décrit alors un arc à convexité postérieure, on peut rapprocher beaucoup les deux ouvertures. De celle manière, on raccourcit et l’on redresse singulièrement le trajet que. le second fil a à parcourir. C’est donc par la même ouverture d’entrée et par la même ouverture de sortie qu’on introduit et qu’on relire le second lil. Le fil qui est antérieur aux vaisseaux une fois placé, on redresse le plus possible celui qui est postérieur; l’antérieur alors se courbe un peu : les veines sont donc en Ire les deux fils, lesquels ont encore leurs extrémités libres. La ligure 5 (pag. 44) représente les veines variqueuses, le testicule et le canal déférent. On voit celui-ci o, que j’ai fortement ombré; il est re-
Ijelé de côté, tandis que sa place est tout à fait contre la veine du milieu, comme l’a montré la figure 1. Ici les
(1) Ces aiguilles sont ici représentées grandeur réelle. Comme on le voit, elles sont lancéolées à une extrémité ; à l’autre, elles sont taraudées dans le sens de leur axe. Vis-à-vis de cette extrémité est représenté un bout de fil d’argent qui a un pas de vis. Il y a une aiguille a plus forte que l’autre : c’est celle qui doit passer le fil postérieur b, qui est plus fort que d.