‹ De la Curietherapie des Métrites HémorragiquesChapitre 10 sur 45 · C) RÉSULTATS CLINIQUES · texte numérisé non relu

C) RÉSULTATS CLINIQUES

Si Abbé, le premier, en 1905, eut l’idée de porter des sels radifères dans l’utérus, c’est un Français, Foveau de Courmelles, qui, dès 1904, a signalé l’action hémostatique du radium, ouvrant ainsi la voie à la

radiumthérapie en gynécologie.

Oudin et Verchère, en 1906, firent une communication à l’Académie des Sciences sur la radiumthérapie des fibrômes utérins ; ils étudient, des premiers, l’action du radium sur le symptôme hémorragie.

Puis les travaux de l’Ecole française, Dominici, Ru- Den Dial Chéron, Fabre, Wickam et Degrais, Laborde.contribuent à l’élaboration de la méthode.

Mais, pendant longtemps, les travaux des gynécologues sont absorbés par le cancer. Et ce n’est guère que depuis le Congrès de Londres, en 1913, où Foveau de Courmelles, Schœnberg et Gauss communiquent les résultats encourageants de leurs expériences sur la radiumthérapie des métrorragies, que l’attention fut attirée de ce côté. En 1914, Krœænig et Gauss font paraître un travail sur le traitement des fibrômes et métropathies, par les rayons X et le radium, et Kelly commence une série de publications sur la curiéthérapie, dont il se déclare partisan enthousiaste.

La guerre empêcha l’école française de continuer les travaux ébauchés.

En 1920, au Congrès allemand de gynécologie, Gauss et Friedrich, dans un volumineux rapport, étudient l’action biologique du radium et ses effets remarquables sur les hémorragies utérines.

Enfin, les travaux français de MM. Nogier, Beclère,

Bender, Lacapère, Pouey, de Mmes Fabre et Laborde, le rapport de Kænig, en 1921, l’article de Cesbron, en 1922, les importants travaux américains, plus particulièrement ceux de Clark et Keene, résument à peu près tout ce qui a été écrit sur ce sujet.

Voyons maintenant quels ont été les résultats ?

Le raport de Kœnig et sa discussion mettent en lumière les résultats obtenus en France. Kœnig traite successivement les métrites des vierges, les métrites des femmes en pleine activité génitale et les métrites de la ménopause, classification que nous avons, du reste, adoptée.

1° Dans les métrites des vierges, il signale deux cas seulement où il employa le radium, après échec de toutes les autres méthodes thérapeutiques et de plusieurs curettages. Dans un cas ,il employa 50 milligrammes (27 millicuries) et dans l’autre cas, 92 milligrammes (50 milicuries). Les résultats furent excellents et après une aménorrhée de trois mois, les règles réapparurent normalement et durent depuis.

2° Pour les métrites des femmes en pleine activité génitale, les indications sont encore tirées des contreindications et des insuccès des autres moyens.

3° Le domaine par excellence de la curiéthérapie est dans la troisième catégorie, métrites de la ménopause.

L'auteur a traité 30 femmes souffrant de métrite hémoragique, dont la majorité étaient âgées de 38 à 46 ans. Voici ses résultats :

a) Aménorrhée complète, immédiate et définitive : 12 fois.

b) Aménorrhée complète, après une à trois périodes cataméniales considérablement diminuées : 8 fois ;

c) Aménorrhée après une période forte ou très

forte : 2 fois ;

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d) Règles normales : 3 fois.

e) Oligomenorrhée : 4 fois.

Un seul échec relatif : « Une femme de 40 ans, épuisée par de nombreuses grossesses, atteinte de ménorragies vraiment incoercibles, craignant les effets d’une ménopause anticipée sur son état mental, avait stipulé que je n’emploierais que des quantités de radium susceptibles de ne pas supprimer la menstruation. Je n’appliquai que 37 milicuries. Les règles s’espacent, deviennent faibles, puis normales. Dixhuit mois plus tard, les hémorragies recommencent. La malade préfère, cette fois, sans poser de conditions, avoir recours à la radiothérapie, qui la stérilise définitivement. »

Dans la discussion qui suivit le rapport de Kœænig, Siredey cite un cas du plus haut intérêt et remontant à huit ans : guérison d’une métrite hémorragique, chez une jeune fille de 19 ans, avec grossesses consécutives ; nous donnerons l’observation résumée au chapitre des indications. Depuis, le même auteur, en collaboration avec Gagey, a eu l’occasion de traiter par le radium quinze femmes et cinq jeunes filles, dont les hémorragies ne paraissaient pas dues à un myome ou à un cancer. Sur les quinze femmes, un échec complet. Chez une malade qui avait une appendicite chronique et une double ovarite scléro-kystique, un échec partiel, qui céda à une application plus forte. Chez les cinq jeunes filles, les métrorragies dataïent de la puberté, augmentaient avec les années et « avaient résisté à tous les essais de thérapeutique

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