‹ De la cyanose congénitale paroxystiqueChapitre 22 sur 29 · OBSERVATION VII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VII

Variot et Sébilleau. (Bulletins de la Société de Pédiatrie de Paris, 1904, page 35.)

Jeanne M..., âgée de 21 mois, entre le 31 décembre 1903 à l'hôpital des Enfants-Malades, salle Gillette, n° 12.

Les parents sont bien portants.

Huit enfants dont un mort à 2 ans de coqueluche compliquée de broncho-pneumonie. Des sept vivants, les trois aînés se portent bien; le quatrième a été soigné à Berck pour unetumeur blanche du genou ; le cinquième est vigoureux; le sixième est notre petit malade ; le septième est âgé de quelques semaines.

Jeanne M..., est née à terme après une grossesse pénible (étouffements, enflure légère des jambes, fatigue). Accouchement normal.

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Elle a ®té élevée au sein par sa mère jusqu’à l’âge de 6 mois, puis nourrie ensuite au lait de vache,

Première dent à 5 mois. A 12 ou 13 mois, l'enfant a commencé à se tenir debout ; elle a pu, quelque temps après, marcher en s’aidant d’une chaise; mais elle n’a jamais marché seule. Vers l’âge de 16 mois a commencé à parler.

Les parents nous amènent l'enfant à la consultation des Enfants-Malades, la croyant atteinte de-convulsions. Dès sa

naissance, le père nous dit qu’il a remarqué que de temps en temps sa figure, ses pieds, ses mains devenaient bleus. A 5 mois, elle eut des crises fréquentes pendant lesquelles elle perdait connaissance, devenait livide et présentait quelques mouvements convulsifs légers. Ces crises duraient de dix minutes à un quart d'heure et revenaient tous les dix ou quinze jours.

Vers l’âge de 7 à 8 mois, ces crises se répétèrent tous les dix jours et durèrent plus longtemps : une demi-heure, une heure. Puis, peu à peu, elles se rapprochent tous les huit jours, puis tous les deux jours avec une durée de deux, quatre, cinq heures.

C'est en pleine crise que l’enfant nous fut apportée le 31 décembre. Nous lacrûmes d’abord en état de mal épileptique. En effet elle n’a pas sa connaissance ; la respiration est stertoreuse et bruyante ; une écume abondante s'échappe des lèvres, la face est pâle, livide, comme bleutée, les lèvres, les narines, le pourtour des oreilles sont violacés ; les extrémités présentent uneteintecyanique très accusée, Pas de convulsions. Cettecrise dura toute la journée et se termina vers 6 heures le soir.

Le lendemain, la petite malade jouait dans son lit, La teinte cyanique avait entièrement, disparu, On aurait dit une enfant normal mais anémiée.

A l’auscultation des poumons, on entend en arrière quelques râles sibilants disséminés. La pointe du cœur bat dans le cin-

quième espace intercostal à un centimètre en dehors -et au

dessous du mamelon.

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Le cœur vu à la radiographie est augmenté de volume. Le bord droit dépasse le bord droit du sternum d’un travers de doigt. La base diaphragmatique du triangle de projection du cœur mesure 7 centimètres 1/2.

Pas de frémissement cataire.

A l’auscultation, les bruits sont assez bien frappés à la pointe et à l’orifice tricuspidien. Mais, quand on applique l'oreille au milieu de la région précordiale, on perçoit nettement un souffle doux. Ce souffle coïncide avec le premier bruit du cœur qu'il couvre. Il se propage dans la région de la base, surtout vers la clavicule gauche.

Le pouls est rapide, régulier, donne 120 pulsations à la minute. Il se perçoit bien aux radiales et aux fémorales.

La petite malade s’alimente bien, digère bien, a des selles normales. Le foie et la rate ne sont pas hypertrophiés.

Le facies est pâle, les yeux sont vifs, les lèvres roses, de

teinte absolument normale. On ne note aucune difformité du côté des oreilles et du crâne. Les doigts sont très légèrement déformés, arrondis à leurs extrémités. Les ongles sont roses. Toutes ces constatations ont été faites le lendemain de la crise de cyanose, après une nuit tranquille.

Le tableau clinique change entièrement à l'état de crise durant le paroxysme. Les crises commencent habituellement vers 6 heures, 6 h. 1/2 du matin pour cesser vers 4 heures de l'après-midi. Cependant nous en avons vu durer jusqu’à 7 heures du soir.

La crise s'annonce par des cris, des gémissements plaintifs. Aussitôt que l'enfant commence à crier, la cyanose commence. Les cris durent un quart d’heure, puis elle ferme les yeux et semble être sans connaissance, Elle est couchée dans son lit, absolument inerte ; les yeux à demi clos sont ternes, comme sans vie; le front, les joues sont päles et eu même temps livides, présentant comme une sorte de reflet bleuâtre ; les

oreilles, le pourtour des narines, les lèvres sont violacées,

presque noirâtres. Les extrémités sont absolument cyanosées.

Les extrémités sont froides au toucher.

- La respiration est bruyante, stertoreuse, mais les mouvements respiratoires ne sont pas augmentés; ils sont lents, réguliers. Nous les avons comptés au cours des crises; ils sonten ATEnRE de 18 à 22 par minute,

Du côté du cœur, on note de phénomènes très importants : chaque fois que la malade est en crise, le souffle précordial dont nous avons parlé ci-dessus disparaît. Le cœur bat régulièrement et les bruits sont assez bien frappés.

Dans les artères, le pouls est impossible à à trouver aux deux

radiales. Il est à peine perceptible aux deux fémorales ; les bat-

tements, réguliers, sont très faibles. e

Phideure fois, nous avons remarqué que la petite malade écumait pendant ses crises, qu’elle urinait sous elle. Elle n’a jamais présenté devant nous de convulsions. Néanmoins, cet état présentait une grande analogie avec le coma épileptique.

La crise cesse brusquement.‘ Tout à coup, l'enfant semble reprendre vie et demande aussitôt à boire. La cyanose disparaît progressivement et, le lendemain, on la retrouve assez gaie dans son lit, mais toujours pâle.

Les crises furent fréquentes dans la première semaine de son entrée à l’hôpital ; elles se produisaient tous les deux ou trois jours. Depuis elles se sont espacées, n’ont apparu que tous les

huit jours. Depuis le 22 janvier, les paroxysmes avaient cessé, quand, le 10 février, nous l’avons retrouvée le matin en pleine

crise.

Entre l’état d’accalmie complète et l'état de crise aiguë, la malade est parfois plongée dans un état intermédiaire pendant lequel elle est légèrement cyanique ; elle est maussade, pleure lorsqu'on la touche, refuse tout aliment. Pendant ces heures de demi-crise, le souffle cardiaque persiste. ‘

Nous avons plusieurs fois pratiqué la n'imération globulaire,

Voici les résultats que nous avons obtenus:

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