‹ De la cystite perforante gangréneuseChapitre 4 sur 17 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Définition. — Historique.

Avec le Professeur Guyon, nous entendons par cystite perforante gangréneuse une affection caractérisée par la « séparation dans la cavité de la vessie, non d'une pseudomembrane, mais d'une couche plus ou moins épaisse, plus ou moins étendue de sa propre paroi frappée de gangrène totale ou partielle ». |

Cette définition complète, précise met bien en lumière la différence fondamentale qui existe entre la maladie qui nous occupe et la cystite pseudo-membraneuse. Cette dernière est essentiellement caractérisée par la formation à la face interne de la muqueuse vésicale d'un produit de sécrétion d’un exsudat qui englobe des leucocytes, des cellules épithéliales de la vessie, divers cristaux et des organismes inférieurs. On n'y trouve ni fibres musculaires, ni fibres élastiques, ni vaisseaux.

Donc, dans le premier cas il v a élimination d'une véritable escharre embrassant une ou plusieurs tuniques de l'organe ; dans le second c'est la muqueuse qui se décharge d'une fausse membrane qui la double accidentellement. Cependant ces deux affections, si différentes au fond, se présentent sous des apparences à peu près identiques au point de vue clinique. Les lambeaux entraînés par les urines, dans une variété comme dans l’autre, offrent des caractères le plus souvent semblables au simple examen macroscopique. Aussi les auteurs ont-ils pour la plupart

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confondus les deux maladies. Ce sont Pinard et son interne Varnier qui, en 1886-87, s'attachèrent à en montrer la différence et prouvèrent que le plus grand nombre de faits correspond en réalité à la cystite gangréneuse.

La pathogénie de ces deux affections n'est pas la même et d'ailleurs l'examen microscopique de la membrane lèvera tous les doutes quant à leur vraie nature.

Lorsque le Professeur Pinard publia, en novembre 1886, son mémoire relatif à la cystite gangréneuse suite de rétroversion de l'utérus gravide, e'était en France la première étude qui parut de cette affection. A tel point qu'il a pu dire que les lésions vésicales en question étaient presque inconnues en France. On en cherchait en vain des traces dans nos traités classiques. Charles de Liège, Monod, Boissard, Chantreuil, Charpentier leur avaient consacré quelques lignes. « À notre connaissance, dit le Professeur Pinard, l'observation que nous publions est la première observation française de ce genre. »

Depuis lors, dans l'article rétroversion du second volume de Tarnier et Budin (Traité de l'art des accouchements), un certain nombre de travaux et des observations publiées à l'étranger ont été analysés et forment un des chapitres les plus intéressants de ce livre. C’est la première étude sérieuse parue en France sur le sujet. C'est surtout en Allemagne que, principalement, la question a fait l'objet de travaux nombreux et importants parmi lesquels nous eiterons ceux de Ritter en 1884, Rosenplanter en 1855, Haussmann en 1868, May en 1869, Ribnicker, Schatz et Krukenberg en

Les anglais y ont également contribué, mais pour une part plus faible.

Le Professeur Guyon a étudié ces cystites en 1887. Mais alors existait une controverse à propos de la eystite croupale diphtéritique et la cystite membraneuse. Ribnicker en 1882 conserve l'appellation de evstite uleéreuse gangréneuse aux cystiles graves dues à la rétroversion de l'utérus

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gravide et ne fait aucune allusion à la cystite croupale.

En Angleterre la question semble plus simplifiée et le travail de M. J.-B. Hurry, de Saint-Bartholomews'-Hospital, élève de Matt-Duncan, résume l'opinion anglaise, il rejette l'appellation de cystite croupale dans tous les cas d’élimination de la muqueuse vésicale et l'appelle cystite exfoliante.

Depuis, la cystite gangréneuse a fait l’objet de quelques travaux, cependant à part les thèses de Pépin, 1893, qui l’étudie en dehors:de la rétroversion de l'utérus, de Bailly qui la mentionne dans sa thèse de 1905-06, à Lille, les traités classiques qui la signalent, la cystite gangréneuse reste une rareté.

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