CHAPITRE II
Etiologie et Pathogénie.
D'une façon générale la femme est moins exposée que l’homme à la cystite. En effet, deux des grands facteurs de cette dernière manquent chez elle : c'est le rétrécissement de l’urèthre qui, même s’il existe, ne provoque que des. symptômes vésicaux peu marquants, et l'hypertrophie de la prostale. De même les calculs y sont très rares.
Mais la femme possède un utérus qui peut présenter des modifications physiologiques et pathologiques. Ces modifications ne peuvent-elles pas retentir sur les organes voisins pour ainsi dire accolés à cet utérus gravide ou augmentés de volume à la suite de quelque affection pathologique? La vessie par sa fonction même de réservoir urinaire, tantôt vide, tantôt distendu et de plus par ses communications vasculaires avec l'utérus est toute indiquée pour subir l'influence des modifications de cet organe. Et sous cette influence, nous la trouvons dans des conditions particulières telles que des microorganismes y pénétrant, puisse se développer cette infection spéciale, cette inflammation septique que l’on nomme cystite.
Nous voyons que, pour qu'il y ait cystite, il faut, ainsi que l’ont montré Guyon et ses élèves, deux grandes causes.
D'abord une cause prédisposante, ensuite une cause déterminante.
C'est là un principe de pathologie générale. « Il suffit, dit le Professeur Legueu, d'en faire l'application à la pathologie de la vessie. »
« Sur ce point l’expérimentation entre les mains de Reblaud) de Melchoir, de Reymond, a apporté une confirmation éclatante aux données que le Professeur Guyon avait depuis longtemps établies grâce à la clinique seule. »
La cause prédisposante est créée par les modifications de la muqueuse vésicale et celles-ci seront amenées par : 19 une congestion ; 20 un traumatisme; 30 une rétention d'urine plus ou moins prolongée.
La cause déterminante est comme dans toutes les infections un agent microbien. Le nombre des variétés microbiennes que l’on a trouvé dans les urines purulentes est considérable. « Leur importance est inégale; leur pouvoir pathogène n’est pas moins variable. »
L'espèce la plus souvent rencontrée dans la cystite est sans contredit le bactérium coli commune de Achard et Renaud, Reblaud identifiée avec la bactérie septique de Clado et la bactérie pyogène d’Albarran ef Hallé.
Dans ces cas de cystite la grossesse n’agit que comme cause d’aggravation. En effet, on connaît les effets d’une grossesse sur la vessie, telles la congestion, la rétention, le traumatisme; mais surtout la congestion, car au moment de la grossesse. on a une vascularisation plus intense de toute la région pelvienne. |
Prenons maintenant chez une femme enceinte une vessie saine. Nous verrons se produire une des causes prédisposantes que nous avons déjà signalées.
Nous examinerons ces trois grandes causes : congestion, rétention, traumatisme. |