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an, sur le seuil de l'urgence, je me trouvai immédiatement affranchi des incessants tenesmes, de l’intolérable dysurie et aujourd’flui rendu au fonctionnement presque intégral de la vie sociale, telle qu’un homme de mon âge doit le concevoir et peut se flatter d’en Jouir. » )
Puis, M. Diday décrit en ces termes le fonctionne-
ment de son nouvel urèthre :
.« Du troisième au quatrième mois, j'avais déià recouvré la faculté de retenir mon urine ; mais le méat hypogastrique étant encore assez large, j'urinais par cette voie, à volonté, sans avoir besoin du cathétérisme. Eh bien, à cette période, je voyais l’urine sortir par un jet en arcade. Et cette projection en arcade se maintenait avec la même force, alors que je restais assis, la paroi abdominale étant par conséquent relâchée, alors même que je m’appliquais à ne pas contracter cette parcei.
« Depuis que maintenant j’use du cathétérisme, un mouvement naturel, la sonde une fois introduite, me porte à en abaisser le pavillon, afin que l'urine tombe dans le vase, de sorte que l’on pourrait croire que l'urine s'écoule par le seul effet des lois de la pesanteur. Mais elle sort de même, avec la même force, lorsque au lieu d’abaisser le pavillon, je l'élève, quoique, dans cette situation, l’urine, pour sortir, ait besoin de contrevenir à ces mêmes lois.
« Veut-on maintenant une mesure du pouvoir de cette force expulsive dévoiue à la contractilité vésicale ?
« Le 9 juin 1892, étant resté trois heures et demie
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sans uriner, parta nt sous le coup d’un assez pressant besoin, j'introduis ma sonde d'argent à mandrin boutonné. Je fais observer que, avec ce mécanisme, pour que l'urine sorte, il faut, après avoir fait pénétrer la sonde, en retirer le mandrin. C’est ce que j'allais faire, lorsque j'aperçois sur ma table un livre. Machinalement, je lâche le mandrin pour écarter le livre. Mais, à cel ivstant, un bruit me frappa : c’est le mandrin qui, n'étant plus tenu, avait été chassé par l'urine et était allé tomber à terre, à 69 centimétres de distance. Certes, entièrement préoccupé à ce moment du soin de déplacer le livre, je ne pouvais songer à contracter mes parois abdominales. La forte propulsion de ce corps métallique, du poids de quatre grammes, ne peut donc être attribué qu’à la contraction de la vessie, »
On ne saurait espérer un résultat plus heureux. Quel plus bel éloge peut-on faire d’une opération qui rend à un homme en danger de mort la santé et, avec elle, la gaité. L'amélioration de l'état général a été presque immédiate, mais combien plus merveilleux est le résultat fonctionnel ! |
Cependant le cas de M. le professeur Diday n’est pas isolé. Nous relevons, en effet, dans la thèse de M. Bonan (1), le résultat suivant, obtenu vingt-quatre jours après l’opération, Il s’agit d’un prostatique opéré-par M. Poncet pour une rétention complète à répétition, ayant amené des accidents d'intoxication. urinaire.
« La plaie est complètement cicatrisée, si ce n’est au
(1) Bonan. Thèse de Lyon, observation VIIL, page 112.
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niveau de l’urèthre contre nature, dont l’orifice externe apparait au fond d’une petite dépression. Cet orifice cst très étroit. C’est ce qui nous explique les besoins assez fréquents, indolores du reste, qu’accuse encore le malade.
« L’incontinence ne se déclare que 2 heures et plus après une première évacuation. Le malade, prévenu, vide alors sa vessie en se mettant dans une position déclive et en accomplissant les efforts d’urination. »
M. Guillemot a obtenu chez un malade dont l’observation résumée est citée plus loin (1), un résultat assez satisfaisant, quoique le malade soit un peu trop continent et n’urine spontanément « qu’au prix d'efforts qui lui font préférer la sonde ».
Enfin, M. Debaisieux, chez un prostatique en proie à l’intoxication urinaire et opéré par lui, a. vu ce malade devenir continent par suite de la formation d’un urèthre artificiel. Trois mois après l’opération, l’opéré était en parfaite santé et la miction se faisait spontanément toutes les deux heures. Il uriné volontairement et est absolument continent pendant ce temps, sans l’aide d’aucun appareil. Il est de plus averti de la réplétion de sa vessie par une sensation analogue au besoin d’uriner. |
Nous n’avons pas poursuivi nos recherches biblio-
graphiques sur les résultats éloigrés de la cystostomie sus-pubienue. Nous avons simplement voulu montrer
qu’on peut obtenir un résultat fonctionnel excellent en « transposant le siège de l’excrétion urinaire » et que ce résultat a été obtenu par différents chirurgiens.
Les cas semblables à ceux que nous venons de citer