‹ De La Cystostomie Sus-Pubienne D'UrgenceChapitre 14 sur 36 · CRE · texte numérisé non relu

CRE

tomique et physiologique de la vessie. L'ouverture de la vessie en eff:t met cet organe dans un repos forcé. Elle permet de la débarrasser des caillots qui l’encombrent dans les cas d'hématocèle par exemple et de supprimer ainsi un foyer d'infection et d’irritation possible. Elle fait disparaître les ténesmesles spasmes douloureux, la congestion toujours intense de l'organe. Les hémorragies étant sous la dépendance de la congestion disparaissent avec cette dernière.

A la suite de ce repos forcé, à l’abri des liquides septiques, à l'abri aussi de l’irritation produite sur ses parois par les sondes agissant en tant que corps étrangers, la vessie se répare dans toutes ses parties constituantes. La muqueuse, de friable, fongueuse et saignante, devient lisse et ferme. Le muscle vésical, qui, à la suite d’une distension prolongée, était devenu presque complètement atone reprend très souvent la contractibilité normale. En un mot, comme le dit si bien M. Poncet, la cystostomie transforme ces vessies de vieux prostatiques en vessie de jeune homme.

Moins brillante est l’action de l’opération de M. Poncet sur l’état de la prostate. En la décongestionnant, elle supprime, ilest vrai, ses hémorragies et elle diminue son volume. Mais cette diminution de volume si remarquable dans certains cas n’est pas constante et bien souvent, chez des malades opérés pour impossibilité du cathétérisme, on voit la miction normale ne pas se rétablir. Toutefois, dans les cas où on a pu noter une diminution de volume, elle a été très manifeste et beaucoup plus marquée qu’elle ne l’est en général après les cathétérismes.

L'urètre lui aussi bénéficie de la mise au repos complet

ie LE De:

LIEU SPRL

que lui procure la cystostomie. A l’abri de lirritation produite sur les fausses routes par la sonde et par l’urine qui suinte entre la sonde et le canal quand la sonde est placée à demeure, il se répare sans donner lieu à des phénomènes infectieux et pour le plus grand bien du malade. Mais malgré son action si remarquable, l'opération de Poncet perdrait beaucoup de sa valeur si elle n’offrait pas en tant qu'intervention la plus grande innocuité. Nous ne devons pas oublier en effet que nous étudions la cystostomie pratiquée d'urgence, c’est-à-dire chez des malades déjà affaiblis par une affection longue ct qu’une exacerbation des symptômes ou des complications nouvelles ont mis le plus souvent dans un état de résistance minime. Même chez ces malades, l’opération de Poncet peut être pratiquée sans crainte. C’est une opéra'ion simple, présentant le minimum de dangers par la rapidité avec

Jaquelle elle peut être pratiquée, la minime perte de sang

qu’elle impose au malade, l'absence absolue de complications post-opératoires.

Avec elle, les craintes de blessure du péritoine ou d’infiltration urineuse sont absolument chimériques. L’opération est possible chez tout individu en état de supporter le chloroforme, et même chez les malades où lon aura à craindre les dangers de l’anesthésie générale, on pourra intervenir après anesthésie locale.

Quant à l’urètre hypogastrique que l’on crée, il peut êlre temporaire ou permanent selon le gré du chirurgien. Celui-ci d’après les cas pourra choisir entre la fistulisation permanente ou l’oblitération du méat sus -pubien,

Page 1