SYMPTOMES
La plupart des auteurs depuis Mackenzie ont l’habitude de diviser la marche de la dacryocystite chronique en cinq périodes, les trois dernières représentées par le phlegmon du sac, la fistule lacrymale et la carie de l’unguis.
Cette division commode pour la description ne répond pas à la réalité clinique. La dacryocystite chronique, en effet, n’aboutit pas fatalement, tant s’en faut, aux états pathologiques que nous venons d'indiquer, et ceux-ci doivent être considérés, non comme des périodes de la maladie, mais comme de simples accidents, des complications possibles du catarrhe des voies lacrymales. Nous ne nous en occuperons pas.
La dacryocystite chronique se présente à l’observation sous l’une des deux modalités suivantes :
1° Il y a catarrhe sans ectasie apparente du sac.
2 Le sac est fortement dilaté et il existe une tumeur dans la région lacrymale.
Dans le premier cas, l’affection est essentiellement caractérisée par le larmoiement. Les larmes s'accumulent vers la commissure interne et au niveau du sac lacrymal; elles ÿ séjournent quelque temps, retenues par
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la saillie du bord palpébral, et donnent à la conjonctive cet aspect brillant particulier que les Anglais ont désigné sous le nom de wateryeyes. Puis elles s’échappent et tombent sur la joue.
Le larmoiement, au début, n’est pas continu ou du moins il est ordinairement peu marqué et ne devient véritablement incommode par son abondance que lorsque l’œil est exposé à une cause d’irritation, telle que vent froid, poussière, lumière trop vive, etc. Mais à la longue, l'affection s'aggrave. Le sac lacrymal se laisse distendre, et, sous l’action du muscle orbiculaire, vide incessamment dans lecul-de-sac conjonctival son contenu formé par un liquide glaireux, riche en microbes de toutes sortes. Ce liquide irrite la conjonctive qui s’enflamme chroniquement, augmente la sécrétion des larmes, excorie le bord ciliaire et détermine des blépharites rebelles. L’affection qui, au début, ne causait qu'une gêne légère, devient alors fort pénible pour le patient.
Ce premier stade peut persister pendant des mois ou des années, ou bien il aboutit à une dilatation énorme du sac. L’ectasie devient alors apparente: la tumeur lacrymale est constituée.
Cette tumeur est située au-dessous du tendon de l’orbiculaire qui la bride quelquefois et la divise en deux lobes inégaux. Sous la pression du doigt, elle s’affaisse en expulsant son contenu soit par les points lacrymaux, soit, c’est le cas le plus fréquent, par le canal nasal. Ce contenu est variable : tantôt du muco-pus ou du pus
véritable, tantôt du mucus comme dans le cas précédent.
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La peau à ce niveau conserve habituellement sa coloration normale; quelquefois, cependant, elle présente un reflét bleuâtre, d’où le nom de varice du sac qu'on à donné en pareil cas à la tumeur lacrymale.
On cite des observations de tumeur lacrymale ayant atteint les dimensions d’un œuf de pigeon. Mais ces faits là sont rares. En général, son volume ne dépasse guère celui d’un petit pois.
Si les canalicules lacrymaux et le canal nasal, viennent à perdre leur perméabilité, la pression ne vide plus la tumeur. On a alors affaire à un kyste auquel on a donné le nom de mucocèle.