‹ De la dacryocystite chronique et de son traitementChapitre 13 sur 35 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

La dacryocystite chronique, dont on connaît la ténacité, et le peu de tendance à la guérison spontanée, doit être considérée comme une affection sérieuse. Sans parler de l'influence dépressive qu’elle exerce sur le moral de certains malades, de la gêne souvent considérable qu’elle cause pour le travail à la plupart de ceux qui en sont atteints, de la difformité choquante qu’elle entraîne dans certains cas, elle expose au phlegmon du sac, aux fistules lacrymales, si difficiles à guérir, à la carie de l’unguis. Elle est surtout un danger permanent pour la cornée. Les micro-organismes qui pullulent dans le sac, remontent sans cesse vers la conjonctive.

Que dans ces conditions, une ulcération cornéenne se produise et une kératite septique pourra se développer avec toutes ses conséquences : perforation de la cornée ; irido-cyclite, panophthalmie. Inutile d’insister sur la gravité de pareils accidents. Qu'il nous suffise de citer le cas du nommé Moulin, dont nous rapportons plus loin l’observation. Cet homme se présente le 5 avril dernier à la consultation de la clinique des Quinze-Vingts. Il est porteur d’une dacryocystite compliquée d’un ulcère infectieux de la cornée. On lui fait aussitôt l’opération de Sæmisch et on traite énergiquement l’affection lacry-

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male. Malgré tout, une irido-cyclite se déclare ; l'œil s’atrophie, devient extrêmement douloureux. Le 28 mai on à dû lui faire subir l'opération de Critchett.

Nous pourrions rapporter bien d’autres faits semblables observés par nous-même. En voici encore un, entre autres. Un paysan vient l’année dernière se faire opérer de la cataracte aux Quinze-Vingts. On ne s'aperçoit pas qu’il est atteint d’un catarrhe du sac lacrymal et on procède à l’opération. Vers le deuxième jour, le malade accuse des douleurs de tête violentes. On lève le pansement, et l’on constate que la chambre antérieure est pleine de pus. Le traitement antiseptique qu’on institue immédiatement ne donne aucun résultat. Le mal s’aggrave ; la suppuration gagne le vitré et la cornée se nécrose. La panophthalmie est constituée et on doit procéder à l’énucléation de l'œil.

Ces faits là suffirent à démontrer la nécessité de traiter la dacryocystite chonique, de la traiter vite et bien, et par conséquent de connaître les moyens les mieux appropriés pour arriver sûrement à ce but.

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