DES ÉTATS INDIENS
Les États indiens, ayant un traité subsidiaire avec laCom-^ pagnie, sont au nombre de neuf. Elle a le droit de s'immiscer dans les affaires intérieures de ces divers États, et s'y fait représenter par un résident. Les princes de ces États sont dans l'obligation de solder un certain nombre de troupes commandées par des officiers européens, mais dont la Com* pagnie dispose à sa volonté.
Les autres Etats indiens, sous la protection anglaise, sont au nombre de onze. Ils ne sont pas tenus d'entretenir à leurs frais des troupes comme les États subsidiaires pour le service de la Compagnie. Lorsque , après une guerre heureuse , la Compagnie a fait une conquête, elle est dans l'usage de donner au souverain détrôné le cinquième du revenu de la conquête à prendre sur un des districts du royaume conquis. Voici le montant de quelques pensions connues : le nabab du Bengale reçoit une pension de 220,000 livres sterling; celui de Carnatik,de 174,000 livres sterling ; le rajah deDangor, 125,000 livres sterling; la famille mahratte de Pescheva Bardehi, 180,000 livres sterling ; la famille de Tippoo-Saib, 65,000 livres sterling; le roi de Delhi, avec la possession de son palais, jouit aussi d'une pension de 154,000 livr. sterl.
TRAITEMENT DES PRINCIPAUX SERVITEURS CIVILS DE LA COUPAGNIE, d'après le NEW-ALMANAGH DE MADRAS EN 1840.
Le gouverneur a 10,666 rupies par mois ( le rupie vaut 2 fr. 50 c. ); lorsqu'il est en même temps général en chef, il a 240,000 rupies de traitement par an, égal à 600,000 fr.
Les membres du comité ont chacun 5,555 rupies par mois (160,000 fr.) ; le premier secrétaire, 4,466 rupies ) le secrétaire du gouvernement, 5,500 rupies; le accountant (contrôleur), 4,014 rupies; les juges du Sudr-Court, 4,085 rupies; les juges des cours de province, de 5,200 à 5,500 rupies. Le premier membre des revenus de la province de Madras, 4,000 rupies; le second membre, 5,408 rupies.
Le grand juge, 5,000 rupies par mois; l'avocat général, 2,187 rupies ; les présidents de Mysore etTravancore, 2,800 rupies. L'évéque de Madras, 2, H8 rupies. Les receveurs principaux, au nombre de vingt, ont tous 5,000 rupies par mois.
ALLOCATIONS ACCORDÉES PAR LE GOUVERNEMENT DE l'iNDE
Aux cultes protestants et catholiques, ainsi qu'il a été constaté
au Parlement, le 6 août i853.
Pour i*Église épiscopale d'Angleterre, env. 43,000 personnes 811,450 nip. I) » d'Ecosse » 23,060 » 33,077 »
» » catholique » 300,000 » 10,162 » ^
ARMÉE DES INDES ANGLAISES EN 1840 [i).
Troupes européennes de la reine, effectif environ . . 30,000 hommes.
Troupes européennes de la Compagnie 6,000
Artillerie de la Compagnie composée en grande partie
d'Européens 6,000
Total. . . . 42,000
Troupes indiennes k la solde de la Compagnie , commandées par des officiers anglais ou des officiers indiens , mais qui ne peuvent avancer au delà du grade de capitaine 280,000
Forces auxiliaires des rajahs de Nizam et de Travancore, commandées également par des officiers anglais, mais aux frais de ces deux princes. . . 20,000
Total. . . . 342,000 hommes.
Le budget de la guerre dans Tlnde anglaise en 1842 a
(1) Army-List de Madrati, eu 1840.
dépassé 540 millions de francs. Les dépenses particulières à la guerre de la Chine ne sont point comprises dans ce chiffre; elles ont été payées en entier par l'Angleterre.
DÉTAILS SUR l'iNDE ANGLAISE EN 1845, TIRÉS DE l'oUVRAGE DE H. EDOUARD DE WARREN, ANCIEN OFFICIER DE l'aRMÉE BRITAN- NIQUE DANS l'inde, en i84i.
Par acte qui a reçu l'assentiment du parlement, en date du 28 août 1855, la Compagnie des Indes a renoncé au monopole du commerce avec la Chine, s'est interdit indéfiniment tout négoce et a été solennellement investie du gouvernement immédiat de l'empire hindou-britannique jusqu'au 50 avril 1854. Elle a renoncé à ses privilèges commerciaux qui l'avaient appauvrie loin de l'enrichir. Toutes les propriétés mobilières et immobilières, et même les forteresses, le tout évalué, le 22 avril 1854, à 21,000,000 de livres sterling, ont été transférées à la couronne à la charge par celle-ci de prendre à son compte la dette et toutes les obligations de la Compagnie.
La Compagnie des Indes avait été autorisée autrefois par le parlement à prélever sur les revenus de sa conquête un dividende annuel de 10 pour 100 équivalant à la rente du capital qui avait été originairement de 6,000,000 de livres sterling. L'état financier de l'Angleterre ne permettant pas de rembourser la Compagnie, et d'autre part le gouvernement ne voulant pas commettre une énorme injustice en ruinant une corporation qui , malgré ses fautes , avait placé sur le front de l'Angleterre sa plus belle couronne , il a été décidé que l'Inde asservie serait seule chargée de tout le fardeau.
L'exploitation des immenses ressources de l'Inde a été concédée à la Compagnie pour vingt ans au moins, et le dividende des actionnâmes devra être payé sur les revenus de la colonie par privilège avant toute autre dépense et garanti