DES FOURS A CHAUX
Dans la pensée du jeune Lenormant, les membres de la commission n’ont pas entendu parler d’une foule de choses qu’il sait, lui, ad unguem. Ce sont des gens ignorants non-seulement en archéologie, en épigraphie , en histoire ecclésiastique, mais encore en toutes sortes de matières ; si bien que l'ingénieur et l'architecte qui en font partie ignorent jusqu'aux conditions nécessaires à la fabrication de la chaux. Pour avoir le droit de le leur dire, notre jeune homme a voulu se livrer sur cet art aux plus patientes études. Interrogeant donc tour à tour les traités de l’Académie des sciences et les chaufourniers de son pays, 1l est devenu compétent sur cette matière.
Il suppose alors que les deux fours servaient en même temps; que le premier avait un canal découvert aussi élevé que lui-même; que le second était une espèce de cave voütée, n'ayant d'ouverture que le canal par où on devait allumer le feu et mettre le bois, etc., etc.; puis il prouve avec un remarquable talent que ce système, sorti de son cerveau, n’a rien d’admissible.
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Nous sommes parfaitement de son avis. Aussi, en retour, il voudra bien nous permettre de compléter ses savantes études, en lui apprenant qu’outre les fours construits régulièrement et destinés à une longue exploitation, 1l y.a encore des fours provisoires établis pour répondre à des besoins temporaires.
Il suffit pour cela de creuser en terre et à flanc de coteau , si on le peut, une cavité ovoïde; on place au fond une quantité de bois que l'expérience indique, en formant au-dessous une voûte grossière avec les plus gros blocs de la pierre à cuire, et on remplit le four des menus morceaux. L’allumage du feu et le lirage de l’air s’opèrent par un canal plus ou moins long qui aboutit à la cuve du four. Quand le bois est brûlé, la chaux est cuite ; on vide le four par en haut, et on recommence la même opération.
On ne peut attendre une longue durée d’une pareille installation; maïs si le four'est hors de service avant que les besoins pour lesquels on l’a créé soient satisfaits, on en construit un autre à côté sans plus de dépense.
C’est ce qui a eu lieu à Saint-Eloi, où deux cavités circulaires, munies chacune de leur canal, ont été successivement creusées. On s’est contenté de soutenir les terres par quelques mauvaises maçonneries placées au bas de la cavité inférieure et du côté du versant. Les couches de cendre, les vitrifications, les morceaux de charbon de bois et la chaux, qu’on a trouvés dans ces cavités, ne permettent pas de douter qu’elles n’aient été deux fours à chaux de l’espèce que nous venons de décrire.
Mais quels matériaux alimentaient ces deux fours?
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