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chroniques fabriquées par lui-même, qu’il transmettait à MM. Bonnin et Chassant, comme résultat de ses découvertes.
En 1845 , Rouillon lançait dans le public le pros pectus d’un ouvrage qui na jamais vu le jour et qu'il intitulait : Le Glaneur, ou Recueil de notes et mélanges concernant l'histoire communale du département de l'Eure. C'était disait-1l, le fruit de vingt ans de travaux et de recherches faites non-seulement en Normandie, mais jusque dans les chartriers de l'Angleterre (1).
Tel est l’homme que nous pensons être l’auteur d’une partie au moins des inscriptions de Saint-Eloi, et voici les motifs particuliers que nous avons de le penser.
Rouillon aimait à se vanter; à l’entendre, il découvrait toujours des monuments précieux et qui devaient changer les idées reçues. Serquigny, Gisaï, saint Taurin, étaient l’objet de ses thèmes favoris (2). Il avait fait, disait-il, aux environs de Bernay, des découvertes importantes et trouvé des inscriptions sur un Serquinius qu'il assurait être lé fondateur de Serquigny; il possédait une mine d'inscriptions qui confondrait ses adversaires f3). Selon lui, saint Taurin n'aurait pas été flagellé à Gisai-la-Coudre, mais dans une localité beaucoup plus voisine de Bernay (4). Un jour même, vers le mois de février 1846,
(1) Nous possédons ce prospectus, imprimé à Evreux, chez Thinet et Costerousse. Nous avons même vu le premier volume manuscrit du Glaneur ; il est rempli de faussetés.
(2) Lettres de MM. Bonnin, Chassant, Chapelain et Marche. (3) Mêmes lettres que ci- dessus.
(4) Lettres de MM. de Ruville et Bonnin.
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LT qu'il s'était présenté, sous ses prétextes habituels, au presbytère d'Illiers-l'Evêque, trouvant le curé l occupé à traduire la légende de saint Taurin, 1l lui | déclara que le saint fondateur de l’église d’'Evreux avait été flagellé, non pas à Gisai-la-Coudre, comme on le croyait généralement, mais à Fontaine-la-Soret, (: et qu’il en donnerait un jour des preuves incontesta- | bles (1). Enfin, le 22 octobre 1844, M. Gattier, ancien préfet de la Manche et alors maire de Serquigny, déclarait à un envoyé de M. Bonnin que Rouillon venait de quitter Serquigny, où il avait séjourné plusieurs jours (2). |
Onze ans après, M. Charles Lenormant a trouvé, croyons-nous, l’œuvre du mystificateur, cette mine d'inscriptions et ces preuves incontestables de la flagellation de saint Taurin à Fontaine-la-Soret , localité voisine de Bernay (3). Nos lecteurs connaissent maintenant les faits , ils jugeront si les conséquences que nous en tirons sont trop hasardées.