TRADUIT DU GENTLEMAN’S MAGAZINE
De temps en temps, les annalistes des événements contemporains ont à enregistrer, pour l'avertissement et l’instruction des hommes, quelque fraude ou imposture extraordinaire qui reste ainsi un témoignage humiliant de la fausseté humaine et de la crédulité humaine. Quelquefois nous lisons lé récit d’une série de fourberies qu’un habile imposteur a conçues pour attenter aux droits d'autrui. Quelquefois encore la pénétration des savants est mise à l'épreuve par l'apparition de quelque remarquable manuscrit, œuvre d’un faussaire, ou bien l’on découvre une contrefacon moderne dans un poëme dont la forme a été habilement empruntée aux siècles passés.
L'archéologiè également a son livre noir des crimes célèbres, et en fait, plus que tous les hommes, le vrai antiquaire a raison de s’écrier avec Autolycus : « À coup sûr, Monsieur, il y a des traîtres autour de nous : il importe donc d’être sur nos gardes. »
C'est pour la première fois, dans l'automne de 1854, que le monde archéologique entendit une rumeur sur quelques remarquables découvertes faites en Normandie par M. Charles Lenormant, l’éminent professeur de Paris, lesquelles, on s’y attendait, devaient jeter une vive clarté sur la page obscure de l’histoire des premiers Mérovingiens. On ne resta pas longtemps en suspens. L'Institut de France tint une séance solennelle le 25 octobre 1854 pour recevoir le compte rendu des découvertes du savant professeur, compte rendu qu'il avait préparé à l'invitation de, ses éminents