‹ De la defénse des places fortesChapitre 30 sur 33 · DÉTAILS D'ARTILLERIE · texte numérisé non relu

DÉTAILS D'ARTILLERIE

Poudre à canon.

La poudre à canon est un mélange de salpêtre , de soufre et de charbon. Il y entre trois quarts de salpêtre , un huitième -de soufre et un huitième de charbon.

Ij6 DE LA DEFENSE

airain.

Le bronze ou l'airain le plus propre à la fabrication des bouches à feu, est composé d'une partie d'étain sur neuf parties de cuivre.

Bouches à feu.

Les bouches à feu ordinaires sont les canons , les mortiers , les obusiers et les pierriers.

On les distingue en artillerie de siège et artillerie de campagne.

Canons de siège et de place.

Les canons de siège et de place sont des calibres de il\ , 16 , 12, 8 et 4 livres de balles ; ceux qu'on emploie pour la guerre de campagne, sont des calibres de 12,

On charge ordinairement le canon au tiers du poids du boulet ; mais lorsqu'on tire à ricochet,- on -charge beaucoup moins, comme au cinquième, au sixième.

La pièce de canon de 24 a de longueur à peu près 10 pieds 10 pouces, et la pièce de 16 a 10 pieds 4 pouces.

La pièce de 24 pèse 5700 livres, et celle de 16 pèse 43oo livres.

Le calibre de la pièce de 24 est de 5 pouces y lignes 8 points , et celui de la

pièce de 16 est de 4 pouces 1 1 lignes 2 points. Le diamètre des boulets est plus petit de 1 ligne et demie , pour ce qu'on appelle le vent du boulet.

La portée d'une pièce de a4 pointe'e sous l'angle de 4^° > et chargée de 8 livres de poudre , est d'environ 2i5o toises , et celle d'une pièce de 16, chargée de 5 livres et demie de poudre, est de 2080 toises.

Il faut huit hommes pour servir une pièce montée sur affût de siège , des calibres de 24 et de 16 -, savoir, deux canoniers , deux premiers servans , deux seconds servans et deux troisièmes servans.

Pour servir les mêmes pièces montées sur affûts de place , il ne faut que cinq hommes ; savoir, un canonier, deux premiers servans et deux seconds servans.

Il faut également cinq hommes pour le canon monté sur affût de côte.

Pour les pièces de 12, 8 et 4; montées sur affûts de siège, il faut six hommes, savoir , deux canoniers , deux premiers servans et deux seconds servans.

Pièces ir régulier es.

Outre les canons des calibres réguliers

IjS EE LA DÉFENSE

ordinaires dont on vient de parler , il y a encore des fauconneaux de 2 à 4 livres de balle , des canons d'une livre de halle, dits à la Rostaing, des espingards ou pierriers de vaisseaux , de 3 livres de halles , qui se chargent par la culasse , enfin les arnusettes inventées par le maréchal de Saxe , qui portent une halle de plomb de 24 onces à 1 5oo toises^

Canons de bataille.

Les canons de bataille sont plus courts et plus légers que les canons de siège et de place des mêmes calibres ; l'âme des premiers a il\. calibres et celle des autres 16 seulement. Dans les pièces de bataille ou de campagne , il entre seulement i5o livres pesant de bronze pour chaque livre du poids du boulet , tandis que , dans les pièces de siège et de place , il en entre de 260 à 280 y c'est-à-dire > presque le double.

Le service des pièces de campagne exige plus de monde que celui des pièces de siège et de place.

Pour une pièce de campagne de 4; & faut huit hommes , savoir , deux canonmers et six servans ; pour une pièce de 8 -, il faut treize hommes ; et pour une pièce de 12, il faut quinze hommes.

Cartouches.

Les cartouches à balles sont des boîtes de fer blanc ojui contiennent un certain nombre de balles de fer ordinairement battu.

Il y a de grosses et de petites balles. Les cartouches pour les pièces de 12 , de 8 et de 4 ^ sont de 4 ! grosses balles, ou bien elles sont de i i a^petites balles pour les pièces de l'a'et de 8; et quant aux pièces de 4 ? c'est seulement 63 petites balles mises sans ordre. Le diamètre moyen des balles est d'un pouce.

Ces balles sont soutenues au fond des boîtes par un culot de fer battu , et pardessus il y a un couvercle de tôle retenu à la même boîte.

La plus grande distance , pour faire usage des cartouches à grosses balles , est de 4°o toises pour la pièce de i-a , de 35o pour celle de 8 , et de 3oo pour celle de 4« Lorsque ce sont des petites balles, la portée est seulement de 35o toises pour la pièce de 12, de 3oopour celle de 8 , et de 2 5o pour celle de 4«

Mortiers.

Il y a des mortiers de 12 pouces de 10 pouces et demi et de 8 pouces un quart.

La charge des mortiers à chambre pleine est de 3 livres 3 quarts pour le mortier de 12 pouces, ainsi que pour celui de 10 , et de 1 livre et demie pour celui de 8 pouces. Dans la chambre du mortier de 10 pouces à grandes portées , on peut mettre 7 livres de poudre.

La charge suffisante dans l'intérieur de la bombe de 12 pouces, pour la faire éclater , est de 5 livres de poudre , de

3 livres pour celle de 10 , et de une livre et demie pour celle de 8.

Si Ton voulait remplir entièrement la bombe de 12 elle contiendrait 1 y livres de poudre, celle de 10 en contiendrait 10 livres , et celle de 8 > en contiendrait

4 livres et une once.

Le mortier de 12 pèse environ 2060 livres; celui de 10 pour les grandes portées, 2106 liv. celui de 10 pour les portées moyennes , 1620 J. et celui de 8 pèse 600 livres. L'éprouvette pèse 2 5o livres à peu près.

La charge du mortier de 12, dit à la Gomer , à chambre pleine , est de 1 3 livres; celle du mortier de 10 est de 6 livres et demie ; et celle du mortier de 8, de 2 livres.

La plus grande amplitude des bombes

est de 1200 toises pour les mortiers de 12 pouces, de 1400 pour ceux de 10 à grande portée, de 1 xoo pour les mortiers de 10 à portée moyenne, et de 58o pour le mortier de 8.

Dans les places maritimes on a des mortiers de galiotes , que l'on charge de 20 à 3o livres de poudre , et qui portent la bombe de 1 a pouces à 24oo toises.

Autrefois on employait de grosses bombes appelées Comminges , du poids de 5oo livres : on s'en sert encore pour faire des fougaces.

Pour servir un mortier de 12 pouces ou de 10 , il faut cinq hommes , savoir , un bombardier , deux premiers servans et deux seconds sers ans.

On peut employer les mortiers eu guise de pierriers.

Il y a de petits mortiers pour jeter la grenade plus loin qu'avec la main , qu'un homme seul manœuvre et dont il tire aussi vite qu'avec un fusil ; mais ils sont peu connus eu France , quoiqu'ils pussent être-utiles pour la défense des places (1).

£1) Ces petits mortiers sont attribués, à Cohëoin. Dans le second Mémoire additionnel, noijs en

On emploie aussi les mortiers pour tirer les bombes à ricochets , pour cela on les place sur des affûts de canon ; oii les charge avec 8 , 12 , ' 16 , 1l\. onces de poudre > et on les pointe à 8 y 10 ou I2T degrés ; les bombes font alors trois ou quatre bonds , et vont jusqu'à 300 toises. Le service en est très-prompt.

A défaut de mortiers , on peut tirer les bombes de 8 y 10, 12 pouces, avec assez de justesse, en employant des canons de 12, 16 , 2/}., que l'on pointe sous les^ngles de 4° > 45 , 5o degrés , en enterrant la culasse , qu'on appuie par une pièce de bois, et soutenant la volée par d'autres. Les bombes se placent alors à la bouche du canon, où ou les attache faiblement avec une corde.

Il y a des obusiers de 8 pouces 3 lignes et de 6 pouces 1 ligne 6 points : les obus ont 2 lignes de moins de diamètre pour le venu

Obusiers.

On pointe les obusiers à 6 >. 10, ï5

avons proposé de beaucoup plus légers encore, et qu'on peut tirer même parles créneaux d'une galerie blindée ou voûtée.

DES PLACES FORTES. l85

degrés pour avoir des ricochets ; a 3o°, les obus ne ricochent plus.

En campagne , on emploie ordinairement l'obusier de 6 pouces ; on le charge avec i 7 onces de poudre pour tirer l'obus, et avec 22 onces pour tirer à cartouche. On met 12 onces de poudre dans l'obus, (pi par ce moven pèse , avec sa fusée, 24 livres.

La charge de l'obusier de 8 pouces à chambre pleine, est de 8 onces; et l'on met une livre de poudre dans l'obus.

L'obusier de 8 pouces, poiiué à /\.5Q , porte l'obus à 1600 toises , et l'obusier de 6 pouces , h. 1200 toises.

L'obusier de 6 pouces porte l'obus, du premier bond, à 400 toises, et du dernier , à 600 toises.

On peut tirer les obusiers de 6 pouces avec des cartouches à balles, qui portent bien à 200 toises*, la boîte renferme 61 balles de fer , ordinairement battu > de 1 7 lignes de diamètre.

L'obusier de 8 pouces pèse io5o livres, et celui de 6 pouces 5oo livres.

Il faut cinq hommes pour le service de l'obusier de 8 pouces, savoir, un canonnier et quatre servans.

Pour l'obusier de 6 pouces en cam-

pagne ; il faut treize hommes y dout deux bombardiers et onze servans.

Pierrters»

Les pierriers servent à lancer de grosses pierres à 60 ou go toises de distance , et pèsent à peu près iood livres.

La chambre est en cône tronqué renversé ; elle contient 1 livres et demie de poudre. Sur cette poudre on met un plateau de bois , et sur le plateau i un panier rempli de pierres qui a i5 pouces de diamètre, ainsi que la bouche du pierrier.

Ce panier contient un pied et demi cube de pierres, et un tombereau en amène à chaque voyage pour quinze coups,

Il faut cinq hommes pour le service d'un pierrier , savoir , un bombardier et quatre servans.

Grenades.

La grenade ordinaire , ou grenade à la main > est du diamètre d'environ trois pouces et pèse 2 livres. Les soldats peuvent la jeter jusqu'à i4 ou 1 5 toises 11 y a aussi de ces grenades à main qui pèsenl trois livres; mais les autres paraissent préférables, comme plus légères.

DES PLACES FOUTES,

Il y a d'autres grenades ou boulets creux qu'on nomme grenades de rempart, parce qu'on les fait rouler du haut des remparts dans les fossés. Elles pèsenL.8 , 1 1 et i fi livres.

Portée moyenne des armes à feu.

Les distances convenables pour que les armes à feu de divers calibres produisent un effet sur lequel on puisse compter ?. sont comprises dans la table suivante.

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