DÉTAILS SUR LES MTÎSES
Nouons générales sur les mines.
Il y a des mines offensives et des mines défensives (rue l'on nomme aussi contremines.
Les choses qu'il faut principalement considérer dans une mine, sont, le fourneau , les galeries et rameaux, le bourrage , la ligne d'explosion ou de moindre résistance , la charge , la communication du feu à la charge > et la forme de T entonnoir-.
Il y a des mines simples, doubles, triples, etc. Alors il faut compasser exactement les feux pour que tous les fourneaux sautent à la fois \ il y a aussi des mines à plusieurs étages , pour faire sauter le même terrain plusieurs fois de suite.
Les uns , d'après M. de Yauban , regardent l'entonnoir comme un cône tronqué ; d'autres , d'après M. de Valliàre , comme un. paraboloïde. Peu importe ; mais il faut savoir que , dès qu'il y a explosion , plus la charge est forte , moins la ligue de moindre résistance est grande relativement au diamètre extérieur de l'entonnoir , c'est-à-dire , que pour les petites charges , l'entonnoir est allongé dans le sens de la ligne d'explosion , et (rue pour les grandes, au contraire , il est plus évasé. Les mines qu'on emploie le plus ordinairement sont celles où la ligne de moindre résistance est à peu près égale au rayon du cercle extérieur de l' enton noir.
Dans le cas ordinaire dont nous venons de parler , le volume de l'entonnoir est toujours à peu près la moitié du produit de son cercle supérieur par la ligne de moindre résistance, comme si c'était un paraboloïde , et les formes de ces entonnoirs peuvent être considérées comme des figures semblables, dont les volumes par conséquent sont eu raison du cube de la ligne d'explosion. Ainsi il suffit dune épreuve pour chaque espèce de terre ,
pour pouvoir établir le calcul dans tous les cas possibles.
Charges des fourneaux.
La table suivante fait connaître la charge qui convient aux fourneaux, suivant la nature des terres.
TABLE DES CHARGES DU FOURNEAU , POUR PRODUR.E DES ENTONNOIRS DONT LE .RAYON SL PARLEUR SOIT ÉGAL A L'AXE D'EXPLOSION.
Charges pour une ligne d'explosion de 1 o pieds,
livres.
Terres communes mêlées de gravier. 102.
Sable fort ou tuf. i36.
'Argile forte ou terre grasse ....... i45.
Sable mouvant l53.
Yieiile maçonnerie 161.
Pierre de taille ou rocaille 177.
Charges pour une ligne d' explosion d'un mètre,
hectogra.
Terres mêlées de sable 1 2,5.
Terre commune ; 1 5,o.
Sable fort ou tuf 20,0.
Terre argileuse ou grasse 2i72.
\7ieille maçonnerie 24>o„
Roc a5,o.
DES PLACES FORTES. ig3
Charges pour faire sauter un mètre • cube,
hectogra.
Terres mêlées de sable . . 7.
Terre commune 8.
Sable fort ou tuf 10,6.
Terre argileuse ou grasse 1 1,2*
Vieille "maçonnerie 1 2,6.
Roc , . . i3,5.
Mines surchargées.
Plus on charge la mine , plus l'entonnoir s'évase relativement à Taxe d'explosion j comme nous l'avons dit ci - dessus. Les expériences de Bélidor ont prouvé qu'on pouvait pousser ainsi la chose jusqu'à rendre le rayon de l'entonnoir sextuple de la ligne d'explosion ., mais non au-delà. Ces mines surchargées ont été nommées globes de compression. Par leur moyen y l'assiégeant crève de trèsloin les galeries des contremines ; mais l'assiégé ne pourrait les employer sans détruire ses propres défenses, et consommer Une trop grande quantité de poudre. On pense que la plus grande charge d'un globe de compression est dix à douze fois la charge ordinaire ; passé ce terme , l'effet n'augmente plus. L'invention des globes
de compression oblige l'assiégé à disposer ses rameaux de mine défensives de manière à ne pas prêter le flanc , mais à présenter des pointes de tous côtés : autrement ils seraient facilement crevés , et l'ensemble du système serait bouleversé.
Tel est le principe fondamental de la distribution des galeries et rameaux de mine.
Explosion de la poudre à T air libre,
Bélidor a encore prouvé > par d'autres expériences > que des barils de poudre , rangés à une certaine distance les uns des autres le long d'une galerie ? l'ouvrent et en font une espèce de tranchée.
11 paraît , par suite et d'après des expériences directes > qu'on peut sans inconvénient, et que même il peut y avoir avantage à laisser quelque intervalle entre la caisse qui contient les poudres dans le fourneau et les parois de ce fourneau , mais qu'il y a une limite au-delà de laquelle l'effet s'opère dans le sens inverse.
Bourrage,
M. Mouzé , qui a fait de belles et nombreuses expériences sur l'emploi des mines, a démontré que la surcharge du fourneau peut suppléer en partie et même entière- -
DES TLACES FORTES. IQj
ment au bourrage. On bourre ordinaire- l ment le rameau qui conduit au fourneau sur une longueur à peu près égale au double de la ligue de moindre résistance ; mais comme on n'a pas souvent le temps d'exécuter cette opération , il était important de savoir ce qu'il convenait de faire alors : or M. Mouzé a prouvé qu'en augmentant la charge d'un quart , c'està-dire , en la faisant les cinq quarts de la charge ordinaire , on pouvait réduire le bourrage aux deux tiers; qu'en faisant cette charge , les trois deuxièmes de la charge ordinaire , on pouvait réduire le bourrage au tiers; et qu'enfin , en doublant la charge ordinaire , on pouvait supprimer entièrement le bourrage.
Galeries et rameaux.
On distingue dans les mines quatre es-
pèces
de galeries :
io. Les grandes , qui ont 20
décim. de haut sur 12 de Iarge>
2°. Les demi-galeries de 14 • • sur 10. 3°. Les grands rameaux de io . sur 8* 4°. Les rameaux ordinair, de $. sur 7,
Les galeries se construisent en maçonnerie ou en bois : on donne ordinairement
iq6 de la défense
aux pieds-droits des galeries en maçonnerie 7 décimètres d'épaisseur.
Communication de la flamme,
La communication avec les poudres pour y mettre le feu , se fait par un saucisson de 7 à 8 lignes de diamètre y dont un des bouts se fixe au centre des poudres, et qu'on enferme dans un auget. On porte le feu au saucisson par divers moyens / dont aucun n'est exempt d'inconvéniens.
Les principaux sont ceux qu'on nomme le moine , la planchette et la souris.
Circulation de l'air.
L'expérience prouve qu'à la distance de vingt toises à peu près de leur débouché , les galeries de mine ne sont plus habitables , à moins qu'on ne parvienne à y établir un courant d'air.
Fougaces,
Les fougaces .peuvent être chargées avec une ou plusieurs bombes. Lorsqu'il y en a plusieurs , on les réunit dans une même caisse.
Une comminge peut contenir 4° livres de poudre , et forme seule une fougace dont la ligne de moindre résistance est dune toise.