‹ De la defénse des places fortesChapitre 32 sur 33 · DETAILS D'ARCHITECTURE MILITAIRE · texte numérisé non relu

DETAILS D'ARCHITECTURE MILITAIRE

Tracé de M. de Vauban.

Dans \es places fortifiées par M. le Jiiaréelial de Vauban \, le côté extérieur du polygone est ordinairement de 180 toises \ la perpendiculaire est du sixième , c'est-àdire , de 3o toises pour tous les polygones qui -ont plus de cinq coter; pour le pentagone ; elle n'en est qu'un septième , eï pour le carré , un huitième.

La face du bastion est de 5o torses, le flanc de 29 , la courtine de h 6 } et la ligne de défense de i 35 à peu près*

Tenaille,

La tenaille est séparée au flanc par un passage de 4 à 5 toises, et de la courtine, par un fossé de 5 à 6 toises.

-Fossés. ".

Les fossés du corps de place ont depuis 12 toises jusqu'à 20 , et même plus ,'lors* qu'ils sont pleins d'eau. Ceux des demilunes n'ont que iG à 12 loises.

Demi -lunes.

L'angle saillant de la demi -lune est éloigné de 3o à 35 toises du côté extérieur du polygone: ses faces sont alignées à 4

ou 5 toises des épaules du bastion, et sont terminées par la ligne de contrescarpe , ou bien elles ont des flancs de 10 à i5 toises.

Réduit de la demi-lune.

Ilyaçlans ces demi-lunes des réduits qui ont les faces de 8 , io ou 1 1 toises, parallèles a celles delà demi-lune et qui sont formées, ou par des poutrelles de chêne plantées debout et percées de créneaux , ou par un mur crénelé, ou enfin par un revêtement terrassé , avec commandement sur la demi-lune : dans tous les cas y on fait un petit fossé en avant.

Contrescarpe.

La contrescarpe est ordinairement revêtue et s'élève au moins de 6 à 8 piedsau-dessus de l'eau , quand il y en a dans les fossés ; et lorsqu'il n'y en a pas , elle a au moins i 5 à 1 8 pieds de hauteur.

Chemin - couvert.

La largeur du chemin couvert est ordinairement de 5 toises partout, devant les demi-lunes comme devant les bastions; sauf les places d armes saillantes et rentrantes : les traverses du chemin couvert

sont espacées à peu près de i5 eu i5 toises.

Palissades.

En temps de guerre on horde intérieurement le parapet du chemin couvert d'un rang de palissades , qui en surpassent la crête de 9, pouces: elle en est éloignée de 20 pouces au sommet, et de 1 seulement au has. On arme le front d attaque et la moitié de chacun des fronts collatéraux , d'un second rang de palissades parallèle au premier , et vers le milieu de la largeur du chemin couvert.

Parapet.

Pour mettre les parapets des ouvrages à l'épreuve du canon de 2/j. , on leur donne 1 8 pieds d'épaisseur au sommet 7 non compris hstaîuts extérieur et intérieur , lorsqu'ils sont en terre , et 8 pieds lorsqu'ils sont en maçonnerie.

Les parapetffont 4 pieds 3 pouces de hauteur intérieurement ; mais à cause du tassement des terres , on leur donne , en les construisant , 4 pieds et demi.

Banquette.

Au pied de ce parapet est unehanquette de 4 à 5 pieds de largeur ; et qui doit

être élevée de 3 pieds au moins au-dessus du terre-plein de l'ouvrage.

Recul du canon.

\jQ recul de la pièce de 2 4 est de io pieds, et elle occupe 1 4 pieds depuis la genouillère de la batterie ou pied du parapet, jusqu'à l'extrémité des Ûascrues.

Largeur du rempart.

Ainsi ? on ne peut pas donner moins de 4- toises au terre-plein du rempart des pièces détachées où Ton veut placer du canon de 24; mais au rempart du corps de place , il f ut 18 pieds de plus pour le passage de deux voitures.

Barbettes.

. On donne ar.x barbettes io toises au moins de face à l'angle flanqué des bastions , et y toises dans les autres ouvrages; on'leur donne. 4 toises de largeur et 2 pieds et demi au dessous du parapet. On y monte par une rampe de \ 2 pieds de largeur et longue de six fois la hauteur.

Hauteurs qui dominent la place.

Lorscpe les hauteurs d'où l'ennemi peut découvrir l'intérieur des ouvrages de la place, en sont éloignées de 4^o toise* ,

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on les regarde comme peu dangereuses , parce que les coups de canon tirés à cette distance sont mal assurés. C'est pourquoi on n'a pas coutume de s'en couvrir , ou de s'en défiler; il y a même des ingénieurs qui ne se défilent point des hauteurs éloignées de 3oo toises, parce que la portée dé but en blanc de la pièce de 24 n'est que d'environ 2 5o toises.

Revêtement de T escarpe.

Le revêtement d'escarpe au corps de place doit avoir 36 pieds de hauteur dans les fossés secs , plus , s'il est possible ," jamais moins de 3o. Dans les fossés où il y a au moins 6 pieds d'eau , on peut se contenter de 24 pieds d'escarpe.

Caponniere.

On donne ordinairement à la caponnière du milieu de la tenaille , 6 toises d'un parapet à l'autre.

Reliefs.

On place ordinairement le terre-plein du chemin couvert auprès de la contrescarpe , au niveau de la campagne , avec une pente de 6 pouces depuis la banquette pour l'écoulement des eaux. La

crête du glacis est élevée au-dessus de 8 ou 9 pieds.

Le cordon de l'escarpe s'établit à la hauteur de la crête du glacis , afin que les maçonneries ne soient point aperçues de la campagne -, la crête du parapet du corps de la place doit être de 8 pieds au moins plus haut.

Le terre-plein du rempart est au niveau du cordon d'escarpe , et le terrain naturel est au même niveau crue le cordon de la contrescape.

Plongée.

On donne au parapet i pieds de plongée, 6 pieds de talut extérieur , et 18 pouces seulement de talut intérieur.

Kent du boulet.

Le boulet doit passer à 3 pieds au-dessus des hommes qui sont en avant , pour ne pas les blesser par le vent seul.

C omrnandement.

L'ouvrage le plus rasant doit avoir au moins 5 pieds de commandement sur le chemin couvert.

La demi-lune a ordinairement 5 pieds 6 pouces de commandement sur son che- / •

min couvert , et celui-ci est de 1 8 pouces au-dessous de celui- du corps de place.

Pente du glacis.

On donne au glacis 3 pouces de pente pour chaque toise de longueur.

Epaisseur des revêtemens.

Les murs d'escarpe ont généralement 5 pieds d'épajsseur au sommet P et les murs de contrescarpe 3 > avec talut pour l'une comme pour l'autre , du cinquième de la hauteur , et des contreforts de 1 5 en 1 5 pieds ou de 18 en xS pieds.

Créneaux.

On donne aux créneaux 2 ou 3 pouces de largeur extérieurement, et ï 2 ou i 5 de hauteur. Leur ouverture s'élargit intérieurement.

Evaluation des travaux.

En supposant que l'on donne au corps de place environ 21 pieds de relief audessus du terrain naturel , et que ses fossés soient creusés de 22 pieds à peu près , il y a pour chaque front du système ordinaire de M. de Vauhan , un remuement de terre de 3o,ooo toises cubes , 5,43o toises cubes de maçonnerie , e'î

ïooo toises carrées de pierres de taille } et pour le front de fortification inoderne , il y a 30,000 toises cubes de remuement de terre, 6270 toises cubes de maçonnerie , et i3io toises carrées de pierres de taille. 11 y a de plus , pour l'un et l'autre it> à 17 mille toises carrées de gazomiage.

En supposant donc que la toise cube de terre en déblai et remblai coûte 3 francs, la toise cube de maçonnerie 5 1 francs , la toise carrée de pierres de taille 54 fr<> la toise carrée de gazon 3 fr. , la dépense du front de fortification de M. de Vauban sera d'environ i4o,ooo francs, et celle du front de fortification moderne sera de 160,000 francs à peu près: ainsi, ce dernier coûte à peu près un septième de plus que l'autre.

Suivant les évaluations de M. de Cormontaingne , il faut pour s'emparer d'une jplace construite suivant ses principes , 17 jours de tranchée ouverte pour le carré , 24 pour l'hexagone, 3o pour le décagone, et 4o pour la ligne droite.

Batteries.

On peut construire toute batterie en s4 heures , mais on en emploie ordinairement 36 pour ménager les hommes.

Brèche.^

Il ne faut que 36 heures pour faire une brèche praticable dans un ouvrage revêtu

de bonne maçonnerie.

Circonvallacion et contrevaïïation.

La lignes de circoiivallatïon s'établit à i5oo toises à peu près de la place qu'on veut assiéger. La ligne de contrevaïïation s'établit à 1 200 toises , et le camp s'établit entre ces deux lignes 7 pour être hors de la portée ordinaire du canon.

On emploie autant qu'on le peut , pour faire cet ouvrage , des paysans qu'on rassemble au nombre de i5 à 1 8 mille ?

auxquels on distribue le terrain à raison de 5 ou 6 pieds par homme ; on commande aussi 3 ou 4 ni Ule chariots.

Les lignes se font plu s* ou moins larges et profondes, suivant 1 importance cle la place et la force de l'ennemi. Le plus grand profil est de 18 pieds d'ouverture au ,, niveau du terrain , (î pieds au fond ,< 7 pieds et demi de profondeur , ce qui fait un solide de 2 toises et demie cubes par toise courante , ouvrage qu'un homme exécute facilement en 7 jours.

Le plus petit profil est de 1 pieds au^ fond et 5 pieds de profondeur au-dessous

du terrain naturel , ce qui fait par toise courante , une toise et un quart cube , et peut occuper un homme pendant deux jours.

On emploie ordinairement 8 à 10 jours pour le perfectionnement des lignes et les préparatifs nécessaires à l'ouverture de la tranchée.

Préparatifs pour la tranchée.

Pour l'ouverture de la tranchée il faut se pourvoir à l'avance d'une grande quantité de fascines , piquets ? fagots de harts et de sape , gabions, claies , blindes et sacs de terre.

Fascines.

La fascine a 6 pieds de longueur , 24 pouces de pourtour et 5 harts ; il en faut l5o mille ? dont moitié à peu près pour l'artillerie.

Piquets. Les piquets ont 3 pieds de longueur, 5 a 6 pouces de tour : il faut 3 piquets pour chaque fascine.

Fagots de harts.

Le fagot de harts a 4 pieds de long sur 2 pieds de tour : il en faut n mille pour l'artillerie.

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Fagots de sape.

Le fagot de sape a 2 pieds et demi de long et 8 à 9 pouces de diamètre , ayant au milieu un piquet de 3 pieds et demi de long : il en faut 1 o mille.

Gabions,

Le gabion a 2 pieds et demi de hauteur, 20 pouces de diamètre intérieur , 8 à 10 piquets , débordant le gabion de 3 pouces de chaque côté ; il en faut 1 5 mille» Il y a des gabions farcis qui sont plus gros.

Claies,

Les claies ont 5 pieds de longueur et 2 pieds et demi de largeur ; il en faut iobo.

Blindes*

Les blindes ont leurs montans de 8 ^îeds et demi de long, 3 à 4 pouces rie diamètre , 6 pieds de passage entre les traverses, avec une pointe de 1 5 pouces à chaque extrémité. Les traverses ont 4 pieds d'intervalle entre les montans et 3 ou 4 pouces de diamètre. Les blindes se font de bois rond ou carré.

Sacs à terre.

Les sacs à terre sont d'une toile forte ;

on leur donne i pieds de longueur sur 7 à 8 pouces de diamètre.

On ouvre ordinairement la tranchée à 35o toises de la place: la première parallèle s'établit à 3oo toises , la seconde à i 5o toises, et la troisième aux pieds du glacis y à 3o toises environ du chemin couvert. Entre la seconde et la troisième parallèle on fait les demi-places d'armes.

Tranchées,

Les tranchées ont toujours 3 pieds de profondeur au-dessous du terrain, à moins qu'on ne trouve l'eau.

La première parallèle ou place d'armes a 9 pieds dans le fond , sans compter les banquettes ; on ne fait point feu de cette première parallèle. On peut j mettre 5 hommes de hauteur. Lorsque la garnison est faible , on ne donne que y à 8pieds de largeur.

La seconde parallèle se fait comme la première. , C'est à celle-ci qu'on place ordinairement les batteries à ricochet.

On ne met plus de troupes dans les zigzags dès que les parallèles peuvent recevoir la garde des tranchées.

Tous les travaux en avant de la seconde parallèle se font à la sape.

On donne à la troisième parallèle et aux demi places d armes, un ou deux pieds de largeur de plus qu'à la première et à la seconde. Dans cette troisième parallèle , on met 5 hommes de hauteur dans toute son étendue.

Sapes.

On distingue les sapes en sape volante > sape pleine et double sape. La sape volante s'emploie la nuit, et se trace à la fascine pu au gabion. La sape pleine se fait le jour et lorsque le danger est plus grand; elle s'exécute par quatre hommes , dont le premier creuse un pied et demi de largeur sur autant de profondeur , avec talut, laissant une berme d'un pied près le gabion. Le second élargit la tranchée de six pouces et l'approfondit d'autant ; le troisième et le quatrième, chacun d'autant; de sorte que la tranchée se trouve avoir 3 pieds de profondeur sur 3 pieds delargeur en haut, et 2 et demi au fond. Après ce travail , ces hommes sont relevés par quatre autres qui se tenaient derrière eux pour leur pousser les gabions et fascines ; et les premiers prennent la place de ceuxci. On élargit ensuite cette tranchée jusqu'à ce qu'elle ait 7 à 8 pieds dans les zig-

zags y et 10 à 12 pieds dans les places d'armes. On voit quelquefois jusqu'à 8 ou 9 têtes de sape semblables 7 qui font chacune 80 toises de longueur par 24 heures.

La double sape s'exécute de même en mettant 8 hommes à la tête , dont 4 pour la droite et autant pour la gauche. Les gabions de droite et de gauche sont alors éloignés de 1 2 pieds au moins.

Les cavaliers de tranchée s'établissent a 1 4 ou 1 5 toises des saillans du chemincouvert pour en enfiler les branches 7 et doivent prendre sur elles un commandement de 3 ou 4 pieds.

Le couronnement du chemin-couvert se fait à 3 toises de la crête du glacis, et de 1 2 pieds de largeur au fond.

Batteries,

Les principales choses à remarquer dans une batterie ordinaire , sont , l'épaulement , les embrasures, les merlons, la plate-forme et le heurtoir.

L'épaulement doit avoir 1 8 pieds d'épaisseur ; on peut ne lui en donner que 12 quand' les feux de la place contre laquelle on établit la batterie sont bien éteints ; la hauteur de cet épaulement doit être de 7 à 8 pieds.

La distance des pièces de canon est de 18 pieds de milieu en milieu. Les embrasures se font à 3 pieds au-dessus du sol de la batterie ; c'est ce qu'on nomme hauteur de la genouillère. Les joues de l'embrasure sont ses deux faces intérieures. On couvre la partie supérieure par de gros rouleaux de fascines qui traversent l'embrasure. Cette embrasure va en s'évasant en-dehors ; elle a 2 ou 3 pieds d'ouverture à la gorge y et 8 ou 9 pieds au plus large. La partie de î'épaulement, comprise entre deux embrasures, est le merlon.

Chaque pièce de canon est portée sur une plate-forme de 18 à 20 pieds de longueur , composée de forts madriers portés sur des gîtes. En avant est le heurtoir ? qui est une pièce de bois mise en travers, contre laquelle viennent s'appuyer les roues de l'affût. Le plancher dé la batterie est un peu en pente du derrière au-devant pour diminuer le recul.

A quelque distance on pratique de petits endroits couverts qu'on nomme magasins de la batterie, pour mettre à l'abri les poudres nécessaires au service courant.

En avant de l'épaulement du côte de la

place ? à 3 ou 4 pieds , on fait un fossé de 1 6 pieds de largeur sur 6 pieds de profondeur.

Lorsque l'espace manque pour les batteries de brèche , on n'espace les pièces de canon que de i5 pieds de milieu en milieu , et l'on ne donne que i toises d'épaisseur à 1 cpaulement. Les mortiers se placent à 1 5 pieds les uns des autres de milieu en milieu , et à 12 pieds de l'épaulement.

Descente du fossé.

La descente du fossé se fait en galerie couverte composée de fascines soutenues par de fortes blindes , plantées verticalement à 5 ou 6 pieds Tune de l'autre , recouvertes en travers par des blindes pareilles ; ce qui procure un passage de 6 pieds de hauteur sur autant de largeur.

Blindages»

On fait des blindages horizontaux et des blindages inclinés pour se garantir de la bombe.

Les murs de bâtimens qui soutiennent les blindages horizontaux doivent être trèssolides et avoir au moins 3o à j6 pouces d'épaisseur. On forme sur ces murs un

DES PLACES FORTES. 2l3

premier rang de poutres jointives de 12 pouces d'équarrissage , qu'on recroise par un second rang semblable > le dessous est étançonné de manière à ce que chaque poutre n'ait pas plus de io à j a pieds de porte'e ; et le tout est recouvert de pièces de bois moins fortes qui reeroisent encore les premières, et par-dessus on met une couche de terre de 5 à 6 pieds d'épaisseur pour le moins.

Les blindages inclinés doivent être appuyés contre des murs fort solides; il suffit d'un rang de poutres jointives d'un pied d'épaisseur. Lorsqu'on s'en sert pour masquer des portes ou fenêtres des magasins à poudre ou autres bâtimens, on recouvre ce blindages d'un fascinage et de terre de 3 pieds au moins d'épaisseur*

Communication,

Dans les coinmencerr;eus du siège ?

lorsque les fossés sont pleins d'eau , on communique du corps de place aux ouvrages extérieurs par des ponts de charpente construits pour cet objet. Maisc mme ils sont bientôt détruits par les bombes ou le canon , on y supplée par des-bateaux ou des radeaux. Les bateaux ont 16 à 20 pieds de long 7 sur quatre de largeur ,

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et deux de profondeur , de manière qu'ils peuvent contenir 3o ou 4ohommes armés, Les radeaux sont des pièces de bois liées •ensemble et recouvertes d'un plancher.

Abattis,

On arrête ou on retarde la marcbe de l'ennemi par le moyen d'abattis, de trous de loup y de chevaux de prise > de pallis- $adés y de chausse-trapes.

Les abattis sont des arbres de médiocre grosseur , dont on ôte les menues branches et dont on aiguise les au'res qui sont tournées du côté de l'ennemi. On arrête fortement ces arbres de l'autre côté par des piquets croisés et bien enfoncés.

Trous de loup.

Les trous de loup ou puits sont des excavations qui ont la figure cône renversé ; le diamètre intérieur est de 3 pieds ; celui du dessus est d'une toise, et la profondeur est de 5 pieds. Les terres qui en sortent sont rangées en talut sur les bords. Au milieu de chaque puits on enfonce un piquet très-pointu par le haut , et élevé d'environ 4 ph'ds et demi au dessus du fond. On dispose ces puits sur deu;, ou trois rangées en quinconce-, espacées d un

piquet à l'autre de 10 pieds. Ils sont utiles, principalement contre la cavalerie.

Chevaux de frise*

Les chevaux de frise sent des pièces de Lois de 6 à 9 toises de longueur sur 6 à 7 pouces de diamètre , qu'on taille à 8 pans, sur -chacun desquels on plante 10 ou 12 lances de 4 pieds et dçmi de longueur , aiguisées ou armées de pointes de fer. Ces lances sont de bois dur; mais la pièce principale est de bois blanc , pour qu'elle soit plus portative ; aux deux bouts on met ordinairement un anneau ou une chaîne pour l'attacher où on le place.

Palissades,

Les palissades sont des pieux de 8 à 10 pieds de longueur sur 18 pouces de tour, aiguisés à la partie supérieure. On les plante soit verticalement, soit horizontalement ; et dans ce dernier cas , elles portent le nom de fraises. On enfonce les palissades de 3 pieds y on les espace de 8 à 10 pouces de milieu en milieu , et on les unit avec un linteau horizontal , auquel on les cheville ou cloue à la hauteur de 4 pieds. Les fraises s'attachent sur un coussinet , et on les incline un peu en avant.

Chausse - t râpes.

Les chausse-trapes sont de gros clous à 4 pointes disposées de manière qu'en les jetant au hasard , il y en a toujours une qui reste en haut.

Fusiliers rangés derrière en parapet.

Pour garnir un parapet de fusiliers , on compte oirdjnairénient , pour lepremier rang , autant 'd'hommes qu'il y a de fois 3 pieds ; et autant pour le second.

Galeries crénelées.

Les galeries crénelées , pour être commodes , doivent avoir 8 pieds de- largeur sur autant de hauteur. On peut cependant, au besoin , les faire à 6 pieds en tous sens.

Pas des hommes.

Le pas ordinaire de l'homme est de 2L pieds et demi ou 2 5 pas pour 10 toises. Il est communément en marche de 76 par minute : le pas accéléré est de 100 , et le pas de course de 200.

Pas du cheval.

Le pas ordinaire du cheval est de 60 toises par minute f le trot de 100, et le galop de 160.

On estime que chaque temps du cheval

au pas est de a pieds 8 pouces , au trot 3 pieds 8 pouces , et au galop 1 1 pieds.

Travail des hommes et des chevaux.

On estime qu'un cheval peut faire sept fois autant de travail qu'un homme.

Dans une terre très-meuble (pi s'enlève à la pelle sans piocher, un homme à la tâche peut enlever par jour jusqu'à a toises cubes de terre et la charger sur des brouettes ; mais s'il est nécessaire de la piocher, il faudra un homme de plus, et même deux ou trois , si elle est trèsdure et rocailleuse.

Dans une terre qui s'enlève facilement au louchet , un homme peut enlever par jour une toise cube.

Un homme qui mène une brouette , peut transporter 2 toises cubes de terre par jour à i 5 toises de distShce en plaine ? ou à io toises en rampe.

Lorsque les hommes travaillent à la journée, ils ne font guère que la moitié de ce cru'ils font à la tâche ; et lorsqu'ils travaillent par corvée , ils ne font guère que le quart.

Ce dernier Mémoire s'est un peu plus étendu que je ne me Fêtais d'abord proposé. Les renseignemens généraux

2l8 DELA DEFENSE

qu'il renferme suffisent pour les travaux courans qui s'exécutent toujours à la hâte dans le cours de la défense d'une place. Quant aux travaux permnnens de la fortification y qui demandent plus de soins, comme on a tout le temps d'y réfléchir , on peut alors rechercher dans les traités -composés spécialement pour cet objet , les développement qui ne sont pas de nature à entrer dans celui- ci;

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