III
Maïs le moyen principal que la nature emploie pour varier ses produits est le croisement des variétés entre elles; et le croisement, dans la vie végétale comme dans . la vie änimale, est presque toujours un moyen d’amélioration. La nature en fait souvent tous les frais; mais là, comme dans beaucoup d’autres circonstances, l’homme peut l'aider et agrandir ses résultats: cette opération a beaucoup exercé les naturalistes.
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Kolrœæuter est le premier, depuis Linnée, qui aît fait des recherches longues et suivies, sur les croisemens et les hybrides. Ses recherches sont nombreuses , faites avec conscience et intelligence ; Gœrtner, Schiede et d’autres naturalistes ont continué ses travaux en Aillemagne. | |
En Angleterre, après les premières découvertes de Van-Mons en Belgique, Knight, aux recherches par semis, a ajouté celles par le croisement des variétés congénères entr’elles ; il a créé des variétés nouvelles, de poires , de pommes, de pêches, de légumes, de froment, de fleurs, et ses travaux ont appuyé ceux des naturalistes qui l'ont précédé, et qui ont établi que des espèces voisines pouvaient se marier et produire des variétés nouvelles, permanentes, soit espèces botaniques, fécondes ou infécondes, et participant plus ou moins des deux espèces premières: William Herbert a étendu et multiplié les expériences sur le croisement et a confirmé les résultats de Knight. |
En France , Duchêne, sur la fin du dernier siècle, a étudié les croisemens dans quelques familles de plantes. M. Sägeret, en marchant dans la même carrière, a donné naissance à une foule de variétés nouvelles. Son travail sur les cucurbitacées , les crucifères, offre le plus grand intérêt; plusieurs de ses fruits ‘sont curieux, de bonne qualité, et la poire Sageret doit être précieusement conservée.
Dans le commencement du siècle, d’autres pomologues marchant sur leurs traces, ont commencé des semis qui ont donné des résultats remarquables ; la Société de l'Ain a concouru à cette œuvre par des travaux De déjà ont produit de bonnes variétés.
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Mais cette carrière de recherches, d'amélioration et de progrès, a été suivie surtout pour. des espèces de pur agrément; on a multiplié par centaines les variétés de rosiers, d’œillets, de renoncules, etc., et les recher- .ches ont été presque nulles pour arriver à améliorer les variétés de plantes de première nécessité, celles qui fournissent à:la nourriture de l'homme, à ses vêtemens, aux arts de luxe et aux usages de toute espèce qui font l’aisance de la vie. Taie
Nos vignes ne sont peuplées que d’anciennes variétés, souvent médiocres, dont quelques-unes s’affaiblissent ou ne conviennent pas au climat où on les cultive, pendant que les sémis, dans chaque contrée, pourraient nous fournir des variétés qui conviendraient spécialement pour la qualité et le produit, qui amélioreraient les vins comme les eaux-de-vie. |
L'homme est donc encore ici appelé à améliorer : en propageant les meilleures variétés forestières , en en.faisant naître de nouvelles par ses semis, il peut doubler la production du sol français et, par conséquent, mettre trois millions d'hectares à la disposition de populations nouvelles et laborieuses. |
C’est donc à l’étude de toutes les plantes en culture, de celles non cultivées, qui pourraient l'être avec fruit; c’est à choisir dans tous les semis, dans toutes les récoltes, les variétés les meilleures et les plus productives, que nous appelons les hommes amis de leur pays, et qui cherchent à préparer un avenir meilleur pour les
générations qui les suivront.