SE CURE
OBSERVATION II (douteuse).
Cullingworth. (Transact Society obst, London, 1879-80.)
Chez une femme de 36 ans, admise le 11 mars 1879 à ‘l'hôpital Sainte-Marie, à Manchester, on trouve deux tumeurs solides, bosselées, dans le bassin ; l’une occupe le côté droit et s'étend un peu vers la gauche, arrivant près de l'utérus et re- -montant un peu dans la cavité abdominale, assez mobile. L'autre est plus grosse, elle est placée derrière l'utérus et remplit le cul-de-sac de Douglas. Les deux tumeurs communiquent en partie leurs mouvements à l'utérus et lui sont reliées chacune par un pédicule. Pas d’adhérences, pas d'ascite. Etat général bon.
La malade à constaté l'apparition d’une tumeur abdominale, il y a cinq ans, après la naissance de son cinquième enfant.
Au moment de son admission à l’hôpital, elle a une métrorragie abondante qui dure jusqu’au milieu de juin, c'est-à-dire près de trois mois. Puis les menstrues redeviennent régulières. Mais la malade décline rapidement , une ascite abondante apparaît, puis une pleurésie gauche, puis une pleurésie double.
Le 10 septembre, dyspnée intense et mort dans le collapsus.
Autopsie. :
La cavité pleurale gauche est pleine de liquide et le poumon est fortement congestionné. A droite, le lobe inférieur est uni au diaphragme par des adhérences récentes. Tout le poumon est congestionné, œdémateux. Dans la cavité abdominale, on trouve une grande quantité de liquide Le péritoine est épaissi. Chaque ovaire est transformé en une tumeur solide, reliée à l'utérus par un ligament large. Pas d'adhérences. La tumeur de droite présente un kyste séreux entouré d’une capsule. Les tumeurs sont fermes et bosselées ; leur surface est lisse. Il n°y a pas trace de tissu ovarien.
— là —
‘À la coupe, le tissu ne crie pas sous le scalpel : la surface de section est ferme, dure. homogène et présente plusieurs petits orifices. ouverture de petits kystes à contenu séreux. De nombreuses bandes, partant de la capsule fibreuse, divisent la tumeur en lobes, présentant en plusieurs endroits une disposition concentrique.
Au microscope la tumeur est formée de fibres fines. avec des éléments cellulaires et des kystes microscopiques. Les éléments cellulaires, disposés en travées verticales ou transversales ou en cercles concentriques ont le caractère d'éléments conjonctiis. Des rangées de ces cellules forment des espaces remplis de masses de cellules rondes, munies d'un noyau arrondi ou ovale et séparées par peu de substance intercellulaire. Les fibres se disposent encore en une sorte de membrane limitante, non recouverte d’endothélium entourée de vastes espaces qui ne renferment qu’un contenu liquide. <
La tumeur est un fibrome (?) Les kystes sont dus sans doute à la dégénérescence kystique de la tumeur primitive.
OBSERVATION III (douteuse).
Bulletin el Mémoire de la Société de Chirurgie.
Paris, 1881. (Docteur Nicaise.)
Femme, âgée de 54 ans, journalière, réglée à 14 ans.
Règles abondantes, régulières, mais parfois douloureuses ; elles ont cessé à 46 ans, il y a huit ans. Elle a eu trois enfants, le dernier il y a vingt-cinq ans.
En 1868, elle s’aperçut par hasard qu’elle portait dans le ventre une tumeur dure, mobile, du volume d’une pomme, située à peu près au-dessus du pubis et ne détèrminant pas de douleurs. Jusqu'en 1879 elle ne s’inquiéta pas de sa tumeur qui paraissait même avoir disparu.
Il y a deux ans, la malade éprouva quelques coliques et retrouva sa tumeur plus volumineuse qu’autrefois, mais celle-ci ne la gênait nullement et lui permit de travailler jusqu’en janvier 1881...
À partir de ce moment, la malade ressentit dans le ventre des douleurs très fortes, allant quelquefois jusqu'à amener la perte de connaissance ; elle s’affaibiit, maigrit, cependant elle travailla encore un peu jusqu'en mars 1881. À partir de ce moment la malade ressentit dans le ventre des douleurs très fortes, allant quelquefois jusqu’à amener la perte de connaissance.
Elle s’affaiblit, maigrit, cependant elle travailla encore un peu jusqu'en mars. Alors le ventre augmenla de volume, de l’œdème survint aux membres inférieurs, la marche fut impossible. |
La malade entra à l'hôpital Laënnec dans le service de M. Legroux, remplacé alors par M. Homolle: vers le 10 mai on lui fit une ponction qui évacua 15 litres de liquide citrin, transparent, fluide.
A la suite de cette ponction, elle eut des douleurs dans le ventre. des nausées, tellement que lorsque je la vis avec mon collègue. nous dûmes remettre à plus tard l'examen.
Au bout de quelques jours, les douleurs avaient disparu, l’ascite s'était en partie reproduite.
Nous pûmes constater l'existence d’une tumeur très dure, mobile, ballottant dans la cavité abdominale, dans le sens transversal et le sens vertical.
L'utérus était petit, mobile, le col sain ; la tumeur paraissait indépendante de lui. Mais il était difficile de dire s’il s'agissait d’une tumeur de l'ovaire ou d’une tumeur fibreuse adhérente par un pédicule à la surface de l'utérus. Il y avait à remarquer le petit volume de l’utérus, l'absence de métrorragies et la ménopause remontant à huit ans.
Malgré l’état de faiblesse de la malade, je pensai qu'il y avait lieu d'intervenir et d’enlever cette tumeur mobile.
PRE Ve ee
Le 8 juillet, je procédai à l'opération avecle concours de mes collègues. MM. Lucas-Championnière, Berger et Bouilly. Après avoir incisé la peau et l'aponévrose, de l’ombilic au pubis, je fis une ouverture au péritoine pour laisser écouler le liquide de l’ascite, puis j'agrandis l'incision faite au péritoine.
La tumeur sortit assez facilement par l'ouverture pratiquée, c'était une tumeur de l'ovaire gauche. Le pédicule était long, aplati, large de deux doigts ; je passai à sa partie moyenne un fort cordonnet de soie de Chine plié en deux, et je fis deux nœuds, en entrecroisant les fils suivant le précepte de M. Terrier. Le pédicule fut abandonné dans le ventre; puis.je plaça; sur la paroi abdominale onze points de suture, avec des fils d'argent.
Pansement de Lister. La malade n'eut pas de fièvre, la termpérature ne dépassa pas 38° 5 ; quelques douleurs dans le ventre le soir de l’opération.
Le 10, l’etat est excellent ; la malade commence à manger.
Le 11, j'enlève la moitié des points de suture ; les autres sont enlevés le 13, c’est-à-dire aujourd’hui.
Ja malade parait en voie de guérison.
La tumeur, du poids dè 1.700 grammes, présente quelques: petits kystes situés près du pédicule ; mais la plus grande partie de la masse est constituée par une tumeur fibreuse, homogène, plus dure, présentant au centre ainsi qu’en certains points de sa surface un commencement de dégénérescence sarcomateuse.
D'après l'examen microscopique, ce serait un fibro-sarcome avec prédominance de l’élément fibreux.
OBsERVATION [IV (douteuse)
M. le docteur Bouilly, chirurgien des hôpitaux. (Congrès français de chirurgie, 1897.)
Tumeurs solides des ovaires.
Il s’agit d'une malade opérée en juin 1897, et qui était atteinte
de deux tumeurs solides des ovaires, d'apparence fibromateuse, et histologiquement classées par M. Pichevin dans les fibro-sarcomes. Les conditions de guérison paraissaient excellentes ; il n'y avait pas trace d’ascite, l’ablation semblait aussi : complète que possible. La guérison opératoire fut en effet facile. Mais deux mois après, le petit bassin était rempli de tumeurs récidivantes, et actuellement la malade est mourante, six mois à peine après l'intervention.