CONCEPTION ET PLAN DU SUJET
Le titre de Démence mélancolique, que nous donnons à ce travail, s'applique à un groupe de faits jusqu'à présent laissés dans l'ombre, et qui cependant nous paraissent constituer une unité, un type morbide. Dégager ce type, l'étudier, tel est le but que nous nous proposons et vers lequel nous a conduit l'observation clinique.
Parmi les malades que j'observais dans le service hospitalier auquel je suis attaché comme Médecin-adjoint, il en était quelques-uns, regardés comme des lypémaniaques ou comme des persécutés, chez lesquels certains symptômes me frappaient et me ramenaient constamment vers ridée de Texistence d'une lésion organique du cerveau. C'était la constatation d'un affaiblissement radical de l'intelligence dont souvent je retrouvais les traces dès les premières périodes de la maladie, et qui par conséquent n'était pas consécutif au délire ; c'était la physionomie des malades, à laquelle, entre autres particularités, la congestion passive qui arborisait les pommettes et certains troubles paralytiques localisés, quoique généralement très-peu marqués, fugaces même au début, imprimaient une modalité qu'on ne retrouve pas dans les aliénations mentales par troubles fonctionnels.