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CHAPITRE II

Anatomie pathologique.

La démence mélancolique est une aliénation mentale qui s'accompagne toujours de lésions organiques du cerveau. Ce fait, que met parfaitement en relief la seule syraptomatologie, ressort nettement des différentes obser- Yations avec autopsie que nous avons réunies.

Parfois les lésions cérébrables existent seules; souvent à ces lésions s'ajoutent des altérations d'autres organes. Occupons-nous d'abôrd des premières.

LÉSIONS ENCÉPHALIQUES.

Les altérations qui siègent du côté du cerveau sont de deux ordres : les unes sont constantes et intimement liées à l'évolution de la maladie, les autres peuvent manquer. Ces dernières consistent principalement en congestions plus ou moins intenses des vaisseaux et se rattachent évidemment en très grande partie aux accidents qui ont

. entraîné la mort.

Pour ne rien livrer au hasard dans l'étude des lésions encéphaliques de la démence mélancolique et pour fixer nettement les idées à cet égard, faisons appel à une des observations dont nous avons rapporté l'histoire.

M-Gous...(Obs.ix), on s'en souvient, est cette malade qui succomba assez rapidement à des troubles se ratta-

1 '|8 DÉMENCIÎ MÉLANCOLIQUlî.

chant h uno lésion de la base du cerveau. A l'autopsie, on rencontre une congestion intense dss vaisseaux delà duremère, les veines sont gorgées d'un sang noirâtre, la piemère est très congestionnée, et au-dessous d'elle, sur toute l'étendue du cerveau, mais principalement au niveau du confluent des sillons et de la scissure de Sylvius des deux côtés, existe une certaine quantité de liquide séro-sanguinolent qui se déplace facilement sous la pression du doigt et que le lavage fait disparaître.

A part la congestion des vaisseaux, la dure-mère est intacte sur tous les points du cerveau. La pie-mère a conservé son apparence normale sur presque toute la face convexe des circonvolutions, sauf au niveau des 2/5 antérieurs environ des lobes frontaux. En ces points, outre une congestion plus intense, existent quelques traînées blanchâtres, surtout marquées sur la seconde circonvolution frontale ; ces traînées, de peu d'importance, se rattachent, ainsi que le prouve leur texture, à un travail inflammatoire de date relativement récente. A la partie inférieure des hémisphères, la pie-mère conserve son apparence normale sur toute la surface des lobes occipitaux, sur la partie postérieure des lobes sphénoïdaux et à la partie antérieure des lobes frontaux. Cette membrane est manifestement altérée à la partie moyenne et postérieure de ces derniers lobes et à la partie antérieure des lobes sphénoïdaux ; dans ces derniers points, elle présente un aspect vitreux et des traînées opaques disséminées principalement le long des lobes olfactifs ; cette altération est très nette à la réunion du tiers moyen des lobes frontaux avec le ti^rs postérieur de ces mômes lobes. Des travées de tissu conjonctif font adhérer lapieraère qui recouvre la partie postérieure des lobes fron-

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taux avec celle qui tapisse la région antérieure des lobes sphénoïdaux; d'autres travées partant de la région antérieure des lobes sphénoïdaux vont rejoindre les nerfs optiques.

A la convexité du cerveau, la pie-mère se détache facilement sur toute l'étendue des circonvolutions, sauf au niveau des points où les lobes frontaux se recourbent pour devenir inférieurs, ei cela aussi bien h droite qu'à gauche, k cet endroit, la substance grise des hémisphères est ramollie, tandis qu'elle conserve sa consistance normale sur tout le reste de la surface des circonvolutions, et la pié-mère entraîne avec elle, en plusieurs points, unecertaine quantité de substance nerveuse sousjacente (Pl. III, A^- 2, 5, 6). A la base, la consistance du cerveau, normale au niveau des lobes occipitaux et de la partie postérieure des lobes sphénoïdaux, est diminuée sur toute l'étendue des lobes frontaux, à la partie antétérieure des lobes sphénoïdaux et le long des circonvolutions de l'hippocampe. Lorsqu'on cherche à détacher la pie-mère de la substance nerveuse, on constate entre cette membrane et le cerveau des adhérences disséminées sur les lobes frontaux (Pl. III, fig. 1, 1, 2,3,4, 6, 10, il, 12), occupant toute l'épaisseur du bord antérieur des lobes sphénoïdaux sur une plus grande largeur à gauche qu'à droite (PL III, /Îi7. Un^h, 13, 14), et se dissémmant de nouveau sur les circonvolutions de l'hippocampe, ou elles sont plus serrées à droite qu'à gauche (Pl. III, fig 1 n-'^S 15, 16). Si, le cerveau étant placé sur sa face convexe, on soulève la partie antérieure des lobes : sphénoïdaux qui recouvre les lobes frontaux, et si on écarte les lèvres de la scissure de Sylvius, on retrouve en ces points encore un ramollissement de la substance

nerveuse et des points d'adhérences entre elle et la piemère, plus marqués sur la lèvre inférieure de la scissure que sur la lèvre supérieure (PI. 111, fig. 2, n"" 1, 2, 3 ; fig. 3, n"' 1, 2, 3). Les nerfs de la base du cerveau sont ramollis, la protubérance et le bulbe tranchent par leur couleur pâle sur le reste du cerveau ; les noyaux, les ventricules, sont intacts ; le cervelet est sain.

L'autopsie de M™" Cous... nous montre du côté de l'encéphale les deux ordres de lésions dont nous parlions plus haut. D'une part, une congestion intense des vaisseaux des méninges qui donne même lieu à des suffusions sanguines; d'autre part, une lésion de la pulpe cérébrale caractérisée par du ramollissement auquel se rattache en certains points une inflammation de la pie-mère.

Étudions ces deux ordres de lésions encéphaliques en les envisageant d'une manière générale et commençons par la plus importante, le ramollissement cérébral.

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