‹ De la démence mélancolique [electronic resource]Chapitre 30 sur 79 · CÉRÉBRAUX · texte numérisé non relu

CÉRÉBRAUX

Toutes nos observations nous montrent dans la démence mélancolique l'existence du ramollissement de la substance grise des hémisphères cérébraux. C'est là une lésion constante et qui peut être regardée comme la caractéristique anatomique de l'aliénation mentale dont nous poursuivons atuellement l'histoire. On comprend donc facilement que nous attachions une grande importance à l'étude de cette altération, qui soulève plusieurs questions dont les plus intéressantes nous paraissent être les suivantes :

1° Quelle est la nature de ce ramollissement?

ANATOMIR TATHOLOOIQUE. 151

2° Quels sontles rapports qui existent entre le ramollissement et l'évolution de la maladie ?

3° Quel est le siège qu'il occupe à la surface du cerveau?

Nature du ramollissement. — Chez M™" Cous..., dont nous venons de résumer l'histoire anatomique pour ce qui concerne le cerveau, on constate, en même temps que le ramollissement de la substance grise périphérique, une inflammation de la pie-mère, laquelle ne peut se séparer du cerveau sans entraîner avec elle une certaine quantité de tissu nerveux. Dans ce cas, l'inflammation joue évidemment un rôle. Ce rôle de l'inflammation, nous le voyons s'affirmer encore davantage dans d'autres faits. ChezM'"e Gib..., (Obs.iii), l'hexagone deWillis, sur toute son étendue et dans toute sa profondeur, est rempli par une masse de substance conjonctive, produit évident d'un travail inflammatoire dont les irradiations se retrouvent d'une manière très nette à la partie antérieure des lobes sphénoïdaux, le long des circonvolutions de l'hippocampe, dans l'intérieur de la scissure de Sylvius et au pourtour de la protubérance. Dans ce cas, la naturo inflammatoire du ramollissement cérébral ne peut être mise en doute : nous sommes en présence d'une périencéphalite chronique. Le cerveau de Sim... présente aussi à l'autopsie des lésions de la périphérie du cerveau se rattachant, comme dans le cas précédent, à l'inflammation ; il en est

évidemment ainsi chez Gr (Obs. vi), chez Nie...

(Obs. vu), chez M.. (Obs. viii), chez Aug.. (Obs. xxi)etc.; et lorsque la maladie se termine par la démence paralytique, c'est encore ce ramoUissement inflammatoire qui existe dans la grande majorité des cas.

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En un mot, dans les faits que nous venons de rappeler, le ramollissement est le résultat d'un travail inflammatoire, et, pour me servir du terme consacré, il est le résultat d'une périencéphalite chronique ; il se confond ainsi absolument, à part la dissémination, avec celui qu'on regarde comme caractérisant la paralysie générale.

Ce ramollissement reconnaît-il toujours pour cause une inflammation ? C'est là une question que m'obligent à me poser certains faits dans lesquels la dégénérescence me paraît devoir être seule incriminée. Voici un de ces faits.

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