OBSERVATION XXV
Femme, 25 ans, célibataire.
Suivant un certificat du médecin, cette femme aurait donné des signes d'aliénation mentale dès l'âge de 12 ans. Elle a été traitée une première fois à l'Asile.
Agitation, incobérence dans la parole, dans les mouvements. Celte malade se jette, en poussant des cris inarticulés, sur les autres malades, sur les religieuses, sur le médecin. On est forcé de la faire manger. Des symptômes d'entérite amènent le marasme et la mort.
Autopsie. — Encéphale : 1.360.
Èpaississement des membranes avec opacité légère au niveau des scissures de Sylvius. Pâleur de la surface cérébrale. Décoloration de la couche corticale. Fermeté des deux substances. Les lobes antérieurs sont courts et étroits. Les régions temporales sont volumineuses, et le cerveau offre itn élargissement très prononcé dans celte partie.
observation xxvr. ,
Femme, 66 ans, mariée; marchande.
Causes. — Revers de fortune. — Hypertrophie du cœur. Malade depuis trois semaines. Tentative de suicide. A l'entrée, agitation, insomnie. Elle dit qu'on lui veut du mal, qu'on veut la
faire mourir, lui voler tout ce qu'elle possède. Refus des alimeuts.
Après une durée de plusieurs mois, l'agitation se calme, l'intclligcuce s'affaiblit. La malade travaille un peu. Les idées fausses persistent faiblement.
Pendant toute la durée de son séjour, symptôm^es de maladies du cœur, catarrhes fréquents.
La malade succombe par suite des progrès de la maladie du cœur et d'un engorgement du poumon.
Autopsie. — Encéphale : 1.095.
Sinus gorgés de sang. Sérosité trouble dans la cavité arachnoïdienne. Léger épaississeraent des membranes cérébrales. Infiltration légère de la pie-mère. Ecchymoses sous-aracbnoïdiennes, avec jnjection pointillée de la surface corticale dans divers points des lobes antérieurs. Substance corticale pâle.
Lobes antérieurs étroits. Circonvolutions petites.
L'ensemble clinique des observations que nous empruntons à Parchappe nous paraît ramener celles-ci clans le cadre de la démence mélancolique, et l'autopsie nous révèle des lésions de môme nature que les lésions qui existent chez nos malades.
Si maintenant nous examinons ces faits au point de vue de la localisation des idées de tristesse, nous voyons que deux d'entre eux viennent confirmer cette localisation : ce sont les Observations xxiv, xxv. Dans l'une (Obs. xxv), \\QX\%[Q\xnépaississement des membranes avec opacité légère au niveau des scissures de Sylvius] dans l'autre (Obs. xxrv), à côté d'un ramollissement partiel de quelques circonvolutions des parties latérales moyennes des hémisphères, on constate une mollesse de la couche corticale des lobes moyens à leur partie inférieure . Quant au troisième fait (Obs. xxvi), les altéiations siègent surtout au niveau des lobes antérieurs, et par conséquent ce fait ne prête pas son appui à cette localisation.
A côté dos laits précédents doit cncoro prendre place, croyons-nous, une observation de M. Voisin, que ce médecin considère coùime un cas de folie simple se transformant en paralysie générale. Dans ce cas, autant qu'on peut en juger par une narration forcément incomplète, on trouve, dès le début, ce mélange d'affaiblissement intellectuel et de délire mélancolique qu'on rencontre chez nos malades, et l'autopsie révèle des altérations de même nature que chez ceux-ci.
Quoi qu'il en soit de la place exacte que cette observation occupe dans le cadre nosologique, je tiens à la signaler parce qu'elle doit être portée au passif de la localisation des idées de tristesse. En effet, bien que le bulbe, la protubérance, les nerfs crâniens, soient ramollis, l'altération est surtout marquée au niveau des lobes antérieurs ; mais il est plus simple de rapporter ce fait tout au long, le lecteur sera ainsi à même de juger de sa valeur.