‹ De la Démence Précoce consécutive au mal comitialChapitre 11 sur 23 · CHAPITRE Il · texte numérisé non relu

CHAPITRE Il

Démence précoce apparaissant chez des épileptiques ne présentant plus de cerises convulsives

Dans un premier chapitre, nous avons indiqué, d’une part, la fréquence des manifestations épileptiques dans le cours de la démence précoce et nous avons envisagé d'autre part une forme vraiment spéciale de la démence épileptique, puisque cette démence, qui apparait rapidement, qui évolue sans rapports évidents avec les manifestations convulsives revêt, par contre, des caractères que nous avons assignés à la démence précoce. Nous allons nous occuper maintenant de cas, encore peu étudiés, pour lesquels il s’agit bien d’épileptiques aboutissant à la démence, mais chez lesquels la démence, d’une part, est à type démentiel précoce et, d'autre part, s’installe et évolue alors que disparaissent les accès convulsifs. Ce sont des malades ayant été épileptiques et qui, en fin de compte, ne sont plus que des déments précoces.

Les observations de déments précoces, anciens épileptiques et chez qui les manifestations du mal comitial se sont effacées, au point de disparaître totale-

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ment, au moment où s’installait le syndrome démence précoce, sont rares. Le petit nombre des cas signalés doit tenir, non à leur rareté, mais au fait que, ou bien des antécédents convulsifs des malades étant connus, leur démence est dite épileptique, ou bien leurs antécédents étant méconnus, comme il arrive fréquemment pour les malades des services d’indigents, ces mêmes malades qui ne présentent plus de manifestations comitiales sont considérés comme de simples déments précoces et cela d'autant plus facilement que leur affaiblissement intellectuel les empêche de donner le moindre renseignement.

Au Congrès de médecine mentale de 1890, tenu à Rouen, Charpentier faisant des déments précoces épileptiques le second groupe de sa classification, rappelle les descriptions de Fabret et reconnaît que : « dans la démence précoce de nature épileptique, les vertiges et les attaques deviénnent moins fréquents ect même disparaissent ».

Que le sens donné au mot démence précoce par Falret et Charpentier puisse ne pas être comparable à ce que nous entendons aujourd’hui par ce terme, il n’en est pas moins évident que le groupe de malades que nous avons en vue dans ce chapitre avait parfaitement été indiqué par eux. Il est vrai que depuis peu d'auteurs se sont occupés de cette catégorie de malades. En 1997, dans da Revue de Psychiatrie; M. Marchand, dans un travail sur l’idiotie et la démence épileptique, fait remarquer qu’il arrive que la démence n’apparaisse qu’au moment où l’épilepsie cesse et reconnait l'intérêt tout particulier que présentent des cas semblables. M. Chaslin, en 1912, signale également un cas de démence précoce chez une ancienne épileptique qui ne présente plus de

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crises depuis plusieurs années et dans la discussion de l’observation, cet auteur fait remarquer les problèmes que soulève l'interprétation de celle-ci.

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