CHAPITRE PREMIER
Des différents rapports de la démence précoce avec l’épilepsie
De nombreux auteurs ont remarqué que lPépilepsie pouvait se manifester au cours de l’évolution des divers états mentaux et tous sont d'accord sur la coexistence possible de l’épilepsie et des psychoses.
Particulièrement l’apparition de manifestations comitiales dans le développement des états démentiels précoces a été l’objet déjà de plusieurs travaux. Kahlbaum, en 1874, dans son étude sur la catatonie indique que : « dans cette affection, outre les symiptômes psychiques, peuvent survenir encore, au nom-— bre des signes essentiels, des phénomènes d'ordre moteur ayant le caractère général des convulsions ». Mile L. Moravitz, étudiant les formes associées de catatonie et d’épilepsie, en reconnaît, non seulement la fréquence ,;mais indique, de plus, combien il est difficile de faire la part qui revient dans l'affection, soit à la psychose, soit à la néorose, et de préciser quels sont leurs rapports. Kræpelin signale l'existence de manifestations épileptiques dans la démence pré-
spi ctrnéale si salt
LIT ET Eee EE
CPR ES
coce ; Q il s’agit, dit-il, de défaillances ou de contractions épileptiques ». Trômner décrit des attaques ‘convulsives dans da catatonie, M. Masoin, dans une communication au congrès de Bruxelles de 1903, rapporte plusieurs observations de démence précoce compliquée d’épilepsie, dont deux surtout sont fort nettes: la IV°, où la démence précoce ayant débuté à 24 ans, le premier accès épileptique se manifeste à 50 ans; la V', où la démence précoce est apparue à 21 ans, et l’épilepsie à 23 ans. Signalons encore une présentation de malade à la Société de Neurologie, par Ballet, 11 mai 1906; il s’agit d’un dément précoce présentant des attaques épileptiformes. M. Trepsat, dans sa thèse, rapporte l'observation d’un dément précoce, dont le premier symptôme fut une attaque clonico-tonique avec perte de connaissance. L'observation XVIIL de la thèse de Chenäis est celle d’une démence catatonique, dont le début fut marqué par un ictus clonico-tonique. Mile Pascal donne l'observation d’une malade, démente précoce qui, d’une part, avait présenté quelques légères crises convulsives avant l’apparition ‘des premiers phénomènes délirants et qui, d'autre part, fit un ictus épileptiforme pendant la convalescence d’une grippe gastro-intestinale. Dans le même travail l’auteur communique une observation de M. Courbon, celle d’un dément catatonique, dont la maladie débuta par plusieurs ietus épileptiformes.
Il est donc bien établi que des accès convulsifs peuvent survenir au cours de la démence précoce, mais il faut savoir que les accès ne revêtent pas tou- ! jours les caractères cliniques des crises comitiales: ce sont souvent, comme le font remarquer Séglas et Chaslin, des attaques dont le caractère est mal déter-
cs. D ect
miné et très vague, se sont des attaques épileptiformes. ; M. Marchand, par contre, a publié, dans une étude sur l’épilepsie chez les déments précoces, les observations de trois sujets atteints de démence précoce ayant présenté des ictus dont la nature comitiale ne peut faire de doute.
Dans l’observation I, il s’agit d’un dément précoce dont la maladie débute à 19 ans, et qui présente une crise d’épilepsie à 21 ans.
L'observation IT est celle d’une démence précoce débutant à 22 ans à la suite d’une fièvre typhoïde. Deux accès épileptiques se manifestent au cours de la fièvre typhoïde et un troisième à 23 ans.
Quant à l'observation II, celle d’une démence précoce débutant à 11 ans par un accès épileptique, intéressante en plus à un autre point de vue, nous la reproduisons in-extenso dans notre travail.
Pour compléter cette mise au point de la question de l’association de l’épilepsie et de la démence précoce, nous donnons ci-après l’observation d’une malade de 62 ans, démente précoce depuis l’âge de. 28 ans, qui présente une première sHoute épileptique à 36 ans.