‹ De la démocratie chez les prédicateurs de la LigueChapitre 2 sur 22 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

(le Texposition, l'étendue des recherches, Thabileté de la mise en œuvre httéraire.

Le choix du sujet révélait d'ailleurs à lui seul la sagacité historique de Tauteur, car, sous un titre modeste et en apparence restreint, la Démocratie de la Ligue offie dans une analyse consciencieuse et forte le tableau de toutes les doctrines politiques qui se sont produites dans la France du xvi^ siècle. Le mouvement révolutionnaire de 1356, après avoir fait éclater quelques-unes des théories que devait consacrer 89, s'était arrêté brusquement de lui-même sans rien laisser après lui que la renommée d'Etienne Marcel; le pouvoir royal, appuyé sur la tradition catholique, avait continué de se développer sans obstacle , lorsque le xvi^ siècle , par la Réforme et par la Ligue, vint mettre en question les principes sur lesquels vivait la société française. Il y eut là, dans la tradition monarchique, un point d*arrét qui fut marqué par une série de luttes et de guerres civiles et par l'avénemenl d'idées qui devaient, comme celles de 1356, se reproduire encore dans les temps modernes. L'histoire de ces idées a été résumée tout entière dans le livre de Charles Labitte. Ce livre a porté la lumière sur des faits que désormais l'histoire ne peut laisser dans l'ombre; les faits pourront être quelquefois jugés diversement et non à faux, ajouterons-nous, si l'on veut, mais la lumière, nous nous croyons autorisé à le dire, a été répandue et restera. Des individualités d'une vigueur en quelque sorte typique dans la déclamation révdutionnaire ont été révélées, et la Ligue, étudiée dans ses boute-feux, c'est le mot que le xvi* siècle appliquait aux prédicateurs, s'agite devant nous avec les figures désormais vivantes de ses personnages les plus célèbres.

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Tuill un côu^ ini|n>rutiil de iioliij hisUiiro |>i>lihq(ie éLiil iniH au jour. ( Jiurh^s LthilUj a|>|)olail pour la |>rv(iiière fom sur lus événcinuub de la Liguo le léiiioiKiiaKe des iirnnonnuires, (;*e8l«à-dire du ccux-lù inruie» ({ui y avaient joué l'un dos i)riiici|)aux rôles, car |>endaril (|uelques annétti la oik^ireavail tenu lieu en Franee de presse el de Uibune. On avait, depuis l^iehelieu, oublié cotlo intervenlion; à peine i*indiquait-<)n dans tes récils leB plus détaillés de^ troubles du xvi° siècle; mais depuis le livre (|ue nous réimprimons aujourd'hui, il n*a plus été permis de négliger ces voix du sentiment public, ces organes de la passion religieuse ou politi(|ue qui dominent les guerres civiles sous les derniers Valois et le premier Bourbon.

Bien que Tétude fût plutôt politique que littéraire, on la sentait sortie d'une })lume habituée aux appréciations délicates.

Aux mérites substantiels du livre, de Tavis des mêmes juges de 1841, l'auteur avait ajouté toutes les qualités qu'il tenait de ses études littéraires, qu'il devait à ses goûts d'art, à ses Ihiesses de critique exercé, c'est-à-dire le style vif, dégagé des lourdeurs pédantes, la promptitude du mot, la netteté, le tour spirituel, ennemi des vulgarités convenues, la langue de l'homme vivant familièrement avec Varron, avec Lucile, avec les poètes latins les plus sévères et les plus gais, Lucrèce, Plante et Térence, avec Dante, avec Gabriel Naudé, c'est-à-dire avec la meilleure société de tous les temps.

Tous ces mérites multiples, il ne nous appartiendrait pas peut-être de les signaler, si nous ne les trouvions dans les articles contemporains de l'auteur ou écrits peu après sa mort.

€ Ce livre, disait M. Patin, touchant, non sans hardiesse

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et sans 5 propos, a des questions rrchanffées par l'esprit de parti, renouvelant d'une manière pi([uante, par une érudition peu commune, les solutions définitives, ce semble, qu'elles avaient reçues du bon sens et du patriotisme de nos pères, méritait le succès qu'il obtint et que s'empressa de constater et d'expliquernotre journal. » — Le Journal des Savants^ avril 1847.

« Le travail est complet, avait dit plus brièvement M. Ch. Louandre, la biographie, l'histoire politique, la bibliographie et l'histoire littéraire s'y prêtent une mutuelle lumière. » — Revue des Deux-Mondes^ 15 juillet

Cette étude, écrivait M. de Sainte-Beuve, a été élevée « aux proportions d'un ouvrage dont il sera tenu compte « dorénavant par les historiens, d — Revue des Deux- Mondes^ l^^ 7nai 1846.

« Ce volume, disait M. Philarètes Chasles, deviendra nécessaire à tous les historiens qui s'occuperont dorénavant de cet étrange phénomène de nos annales, delà Ligue. Les recherches les plus minutieuses, les plus particulières y sont exposées avec une extrême sagacité. » — Journal des Débats^ 4 octobre 1842.

Et encore : « Le livre de M. Labitte, borné en apparence, est vaste dans ses rapports et par l'extrême variété des points de vue qu'il découvre, v — îbid. (1)

(i) Nous donnerons ici impartialemonl l'indicalion des principaux articles écnls pour ou conln^ le livre de la Démocratie de la Ligue :

Hevue des Deux-Mondes, du 15 juillet 1841, Charles Louandre.

Journal des Savants, .fOÛi 1841, Patin.

Bibliothèque universelle de Genève, août 1841, F. Roget.

Le Droit du 13 novembre ^841, Ch. de Sainl-Gresse.

Le Semeur du 24 novembre 1841, Lulherolh.

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La Dnnncrnlic de la IJ(jue n ^nrdfi sa plucc îiu pn^ micr nng (l<'s oiivrngi's Inslorifjiics de noire temps. Klle a Mé sniïs cesse reelierc liée pnr les lecteurs qu'ottirenlles études conscMeneienses; eonsiiltée souvent pour des Ira- \;uix dans l('S(|Ucls il est fneilt» de reconnaître la trace des eniprunls (pii lui ont rir f.iiis, rllc ;i ins|)iré des recherches analoji:ues, (»l (»ll(» est (Irv(M)uc Tune des sources les plus autoiisées de Phistoire des règnes de llmri III et de Henri IV.

Aujoui'd'hui, (Ml tirant ce livre d'un sommeil de vinj^t- (|ualr(* ans, nous ne venons pas seulement rendre hommage à l'écrivain qui s'est éteint si jeune, riche des plus belles espérances et les mains pleines de travaux, nous venons aussi aeipiitter envers Charles Labiltc un pieux devoir et lui donner, au nom de son père, de sa mère, de son trère, un nouveau témoignage du souvenir inaltérable et des regrets profonds de notre famille. Ceux qui Tout connu et qui ont gardé la mémoire de sa nature aimable et sympathicpie, de son intelligence sérieuse et vive dans les questions les plus ardues, de cette intelligence délicate, alerte et souriante qui s'échappait avec tant de grâce à travers les littératures de tous les temps et de tous les

Le Constitutionnel du \\ d(^combre 1841, Amérlée Renfle.

Le Journal de VInstrurtion publiq^ie du 8 janvier 1842, A. Dufaï.

Le Moniteur du 9 juillet 1842, Louis Coulure.

Le Theolisches literaturblatt des 19 et 21 septembre 1842.

Les Débats du 4 ociobre 1»42, Philarètes Chasles.

Le Natiojial du 15 octobre 1842, A. Durand.

LUnirers religieux, sept articles, du 2 au 12 janvier 1844, Léon Aubineau.

Après la mort de l'auteur, MM. de Sainte-Beuve et Patin écri\irent chacun une appréciation d'ensemble sur l'œuvre de Charles Labitte, le premier dans la Revue des Dpux-Mondes du l'*" mai 1846, le second dans le Journal des Savants, cahier d'avril 1847.

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pays, s'associeront aux sentiments qui ont inspiré celle publication, et lus amis des études historiques, nous en avons lu certitude, l'accueilleront également avec faveur, puis(|u'ell6 rend au public un livre justement estimé, toujours recherché et qui était devenu presque introuvable.

F. Labitte.

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